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Borloo, nouveau «rebelle», rêve d'un centre unifié

Lundi 15 Novembre 2010 à 16:25 | Lu 9277 fois I 54 commentaire(s)

Vanessa Schneider - Marianne

Jean-Louis Borloo retrouve ses troupes ce soir. Il est, certes, humilié mais il veut faire savoir qu'il lui reste des cartouches. Notamment en s'affirmant potentiel candidat du centre pour 2012. L'affaire est-elle entendue pour autant?


En refusant de rester au gouvernement, Jean-Louis Borloo entend jouer sa propre partition : s’imposer comme le leader d’un centre en mal d’existence. Il l’a annoncé avant même la nomination officielle du nouveau gouvernement : il veut « reprendre sa liberté de proposition et de parole ». Dans ses rêves les plus fous, il se voit (ou plutôt ses amis le voient) en porte-drapeau de cette sensibilité pour la présidentielle de 2012. Mais ira-t-il jusqu’au bout ? Rien n’est moins sûr. Le bonhomme, est un velléitaire qui a beaucoup changé de camp et de stratégie depuis son entrée en politique. Elu sous la bannière Génération écologie, il a ensuite rejoint l’UDF de François Bayrou avant de le trahir corps et âmes pour se vendre au plus offrant : Nicolas Sarkozy. En se prononçant très tard sur son soutien au candidat UMP, il a en 2007, fait monter les enchères et obtenu un des plus beaux postes du gouvernement, celui de l’Economie et des Finances. En renonçant hier aux Affaires Etrangères et à un grand ministère de l’Ecologie, il s’affiche en rebelle, une posture nouvelle pour cet homme réputé peu courageux politiquement. Depuis 2007, il a avalé pas mal de couleuvres y compris sur ses thèmes de prédilection. Il s’est ainsi tu sur l’enterrement du bonus malus automobile et cet été, celui qui aujourd’hui se souvient avoir des « valeurs » n’a pas bronché lors des   expulsions de Roms.

Mais sait-on ce qu’est capable de faire un homme humilié ? Borloo a eu la faiblesse de croire que les attentions de Sarkozy à son égard vaudraient nomination à Matignon. Pourtant, il aurait du être échaudé. Son nom pour le poste avait déjà circulé en 2005 pour le remplacement de Jean-Pierre Raffarin et le fauteuil de Premier Ministre lui avait été soufflé par Dominique de Villepin. Borloo a certainement une revanche à prendre. Il pourrait, pour une fois, sortir les crocs.
Mais la tâche ne sera pas aisée. D’autres avant lui se sont cassés les dents sur le mythe du grand centre unifié. François Bayrou le premier qui s’est fait dépouillé de ses troupes par l’UMP au moment de 2002. Le terrain du centre est miné et sacrément encombré. Par Bayrou d’abord qui a, pour les électeurs, le mérite d’avoir préempté le créneau depuis deux présidentielles déjà. Par Hervé Morin ensuite que Borloo déteste cordialement (et c’est réciproque), ce patron du Nouveau centre qui n’a même pas été convié à la réunion des centristes ce soir autour de l’ancien ministre de l’Ecologie. Par Europe Ecologie enfin, qui, dans une moindre mesure certes, attire aussi dans son giron des électeurs centristes. Parmi ses atouts, Borloo dispose d’une très bonne côte de popularité et il a gagné le respect de la famille centriste à travers son action gouvernementale. Reste que pour s’imposer en chef au milieu de ces formations déjà constituées, il va devoir forcer sa nature : accepter de prendre des coups et de monter en première ligne.








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