Borloo, l'environnement et la Chine: la théorie de la relativité
Mardi 4 Mai 2010 à 11:39 | Lu 7719 fois I 7 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Invité sur France Inter pour évoquer l'examen à l'assemblée du projet de loi Grenelle 2, Jean-Louis Borloo a nié que le projet avait été vidé de sa substance, utilisant même l'exemple chinois pour démontrer l'engagement du pays en matière d'environnement.
Invité sur France Inter pour évoquer le projet de loi Grenelle 2 sur l’environnement, Jean-Louis Borloo a choisi de s’appuyer sur l’exemple chinois pour tenter de démontrer que la loi n’avait pas été vidée de sa substance : « la Chine a choisi la stratégie de l’économie verte, c’est même sa stratégie de développement », affirme le ministre. Preuve qu’en matière d’environnement, tout est relatif.
Les Chinois eux-mêmes font un constat désabusé sur l’état du pays. Il y a un an Zhang Lijun, le ministre de l’Environnement, expliquait que les problèmes de la Chine en la matière étaient toujours aussi graves, « faute d'efforts suffisants des gouvernements locaux. La situation générale de la pollution de l'environnement ne nous permet pas d'être optimistes ».
Selon l’OCDE, si la Chine est la seconde puissance économique, elle est devenue aussi la première puissance polluante. Une pollution qui lui coûte officiellement 64 milliards de dollars soit 3 % de son PIB. Dix-sept des 20 plus grandes villes les plus polluées se trouvent en Chine, un tiers des cours d’eau sont « gravement » souillés, la pollution de l’air causerait 460 000 décès prématurés chaque année. Un rapide coup d’œil sur la récente actualité chinoise suffit à dresser l’état des lieux environnemental du pays.
Les Chinois eux-mêmes font un constat désabusé sur l’état du pays. Il y a un an Zhang Lijun, le ministre de l’Environnement, expliquait que les problèmes de la Chine en la matière étaient toujours aussi graves, « faute d'efforts suffisants des gouvernements locaux. La situation générale de la pollution de l'environnement ne nous permet pas d'être optimistes ».
Selon l’OCDE, si la Chine est la seconde puissance économique, elle est devenue aussi la première puissance polluante. Une pollution qui lui coûte officiellement 64 milliards de dollars soit 3 % de son PIB. Dix-sept des 20 plus grandes villes les plus polluées se trouvent en Chine, un tiers des cours d’eau sont « gravement » souillés, la pollution de l’air causerait 460 000 décès prématurés chaque année. Un rapide coup d’œil sur la récente actualité chinoise suffit à dresser l’état des lieux environnemental du pays.
Chine-France: Une approche cosmétique de l'environnement
Fin mars le site Aujourdhui la Chine rapportait par exemple une pollution dangereuse dans le nord de la Chine: « "Très mauvais", "dangereux". Quelque soit l'indice de référence utilisé, la pollution à Pékin atteint un niveau hors normes. Depuis samedi dernier, le ciel de la capitale est recouvert d'une brume jaunâtre. Au total, 16 provinces ont été touchées par des tempêtes de sable, dans une zone sur laquelle vivent 270 millions de personnes » écrit le correspondant du site.
Dans le même temps, le blog Pollution in China relevait de son côté un niveau de 380% par rapport à celui considéré comme maximum en France, avant de retomber lundi 22 mars à 205%, une concentration de particules considérée « très mauvaise » sur l'échelle utilisée dans l'Hexagone mais présentée comme « modérément polluée » sur l'index chinois. Là encore, tout est une question de point de vue.
Il n’empêche que le déséquilibre écologique atteint de tels sommets qu’il menace la poursuite de la croissance économique du pays, ne serait-ce que par des atteintes à la santé de la main-d’œuvre abondante et bon marché, clé du succès économique de la Chine. Ici ou là, le le gouvernement a favorisé le lancement de programmes d’éco-développement, apporté un soutien mesuré à des ONG environnementales, et assuré la promotion d’une « Chine verte », notamment lors des J.O.
Mais l’instauration d’un véritable programme d’éco-développement à l’échelle du pays aura inévitablement une répercussion sur les prix pour les pays développés. D’où des initiatives largement qualifiées, pour l'instant, de « cosmétiques » par les observateurs.
« Cosmétique » : voilà au moins un critère d’appréciation qui mérite la comparaison avec le Grenelle.
Dans le même temps, le blog Pollution in China relevait de son côté un niveau de 380% par rapport à celui considéré comme maximum en France, avant de retomber lundi 22 mars à 205%, une concentration de particules considérée « très mauvaise » sur l'échelle utilisée dans l'Hexagone mais présentée comme « modérément polluée » sur l'index chinois. Là encore, tout est une question de point de vue.
Il n’empêche que le déséquilibre écologique atteint de tels sommets qu’il menace la poursuite de la croissance économique du pays, ne serait-ce que par des atteintes à la santé de la main-d’œuvre abondante et bon marché, clé du succès économique de la Chine. Ici ou là, le le gouvernement a favorisé le lancement de programmes d’éco-développement, apporté un soutien mesuré à des ONG environnementales, et assuré la promotion d’une « Chine verte », notamment lors des J.O.
Mais l’instauration d’un véritable programme d’éco-développement à l’échelle du pays aura inévitablement une répercussion sur les prix pour les pays développés. D’où des initiatives largement qualifiées, pour l'instant, de « cosmétiques » par les observateurs.
« Cosmétique » : voilà au moins un critère d’appréciation qui mérite la comparaison avec le Grenelle.
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