Borloo, l'appel du néant
Mardi 4 Octobre 2011 à 15:01 | Lu 6862 fois I 7 commentaire(s)
SuperNo - Blogueur associé
Superno s'insurge du tapage médiatique autour du dégonflage de Borloo, qui a renoncer à se porter candidat pour la présidentielle, désormais rappelé par ses anciens camarades de l'UMP à chanter les louanges de Sarkozy. « Coup de théâtre, qu'ils disent. C'est pas du théâtre, tout juste une berceuse » raille notre blogueur associé, tandis que Bayrou annonce la sienne, de candidature...
On l’a échappé belle… Vous vous rendez compte, on a failli avoir un candidat à la présidentielle atteint d’anosognosie !
En effet depuis que Sarkozy a renoncé (il n’est pas si con, quand il veut, Sarkozy…) à le nommer premier ministre, Borloo n’a manifestement plus toute sa tête. Il a oublié qu’il avait soutenu mordicus Sarkozy pendant 4 ans, ce Sarkozy qui l’avait puni en le nommant à l’environnement (Attention : lien âgé de plus de 4 ans ! ) ; il a oublié qu’il avait signé en loucedé les contrats qui permettaient à des multinationales parmi les plus douteuses de massacrer à jamais notre sous-sol pour exploiter le gaz de shit ; et pour finir, il avait même oublié d’avertir ses amis qu’il allait annoncer son renoncement sur TF1.
Depuis lors, ce non-événement sature l’espace médiatique. Le décalage entre les milliers de commentaires et le manque total d’intérêt du sujet est abyssal. « Coup de théâtre », qu’ils disent. C’est pas du théâtre, tout juste une berceuse. Et franchement, Borloo président, vous y avez cru ?
Et chacun de s’interroger sur les motivations de ce dégonflage. De l’avis général, il s’agit d’un mélange de la peur légitime d’une branlée (tout aussi légitime) et d’amicales pressions du clan sarkozyste. Le Canard de mercredi nous en dira sans doute plus, mais en fait on s’en fout complètement : cet épisode est une nouvelle illustration de la manière dont les zobservateurs peuvent perdre du temps à commenter doctement des tempêtes dans le verre d’eau de la politique française…
Pendant ce temps, le pétrole et les matières premières disparaissent, 1 milliard de personnes ont faim, et les banksters asservissent le monde, mais ça, c’est trop compliqué, ça n’intéresse personne… On préfère envisager la politique sous l’angle de la télé-réalité… Jean-Louis a eu peur de Nicolas, Hervé va-il se déclarer ? Trop tard, François lui passe devant… Empêchera-t-il Nicolas de rester devant Marine ? etc… etc…
Même Copé, le peu de cheveux qu’il lui reste encore mouillés par ses ronds dans la piscine de Takieddine, se réjouit et fait mine de souhaiter revoir Borloo chanter les louanges de Sarkozy… On a vraiment une classe politique en dessous de tout.
Le « community manager » de Borloo, c’est-à-dire le gars qui était chargé d’animer son site internet et de faire connaître au monde entier l’aura de son champion (quand on y pense, il y a tout de même des boulots assez cocasses), a aussitôt déclaré sur Twitter s’être senti « cocufié ».
C’est pourtant simple : si on ne veut pas finir cocu, on ne se marie pas avec DSK, et on ne s’allie pas avec un « centriste ».
En effet depuis que Sarkozy a renoncé (il n’est pas si con, quand il veut, Sarkozy…) à le nommer premier ministre, Borloo n’a manifestement plus toute sa tête. Il a oublié qu’il avait soutenu mordicus Sarkozy pendant 4 ans, ce Sarkozy qui l’avait puni en le nommant à l’environnement (Attention : lien âgé de plus de 4 ans ! ) ; il a oublié qu’il avait signé en loucedé les contrats qui permettaient à des multinationales parmi les plus douteuses de massacrer à jamais notre sous-sol pour exploiter le gaz de shit ; et pour finir, il avait même oublié d’avertir ses amis qu’il allait annoncer son renoncement sur TF1.
Depuis lors, ce non-événement sature l’espace médiatique. Le décalage entre les milliers de commentaires et le manque total d’intérêt du sujet est abyssal. « Coup de théâtre », qu’ils disent. C’est pas du théâtre, tout juste une berceuse. Et franchement, Borloo président, vous y avez cru ?
Et chacun de s’interroger sur les motivations de ce dégonflage. De l’avis général, il s’agit d’un mélange de la peur légitime d’une branlée (tout aussi légitime) et d’amicales pressions du clan sarkozyste. Le Canard de mercredi nous en dira sans doute plus, mais en fait on s’en fout complètement : cet épisode est une nouvelle illustration de la manière dont les zobservateurs peuvent perdre du temps à commenter doctement des tempêtes dans le verre d’eau de la politique française…
Pendant ce temps, le pétrole et les matières premières disparaissent, 1 milliard de personnes ont faim, et les banksters asservissent le monde, mais ça, c’est trop compliqué, ça n’intéresse personne… On préfère envisager la politique sous l’angle de la télé-réalité… Jean-Louis a eu peur de Nicolas, Hervé va-il se déclarer ? Trop tard, François lui passe devant… Empêchera-t-il Nicolas de rester devant Marine ? etc… etc…
Même Copé, le peu de cheveux qu’il lui reste encore mouillés par ses ronds dans la piscine de Takieddine, se réjouit et fait mine de souhaiter revoir Borloo chanter les louanges de Sarkozy… On a vraiment une classe politique en dessous de tout.
Le « community manager » de Borloo, c’est-à-dire le gars qui était chargé d’animer son site internet et de faire connaître au monde entier l’aura de son champion (quand on y pense, il y a tout de même des boulots assez cocasses), a aussitôt déclaré sur Twitter s’être senti « cocufié ».
C’est pourtant simple : si on ne veut pas finir cocu, on ne se marie pas avec DSK, et on ne s’allie pas avec un « centriste ».
Bayrou, Has been avant d'avoir été
Le renoncement de Borloo laisse tout de même sur le carreau des pointures de la politique : en gros, tous ceux qui se sont fait jeter par Sarkozy, après pour nombre d’entre eux, avoir trahi Bayrou. Du solide, assurément : Dominique Paillé (celui qui voyait Sarkozy en prix Nobel de la paix, c’est dire la vision et l’envergure du gars)… Rama Yade, dont les commentaires sportifs à l’humour involontaire seront sans doute les seuls actes qui passeront à la postérité, et dont on se demande quelle mouche a bien pu piquer Sarkozy pour lui confier un poste, même un secrétariat d’État inutile. La couleur de sa peau, évidemment… Yves Jego, qui en plus n’est ni drôle, ni noir… Hervé de Charette, 73 ans et des idées de 173 ans… Quel dommage, toutes ces compétences qui demeureront inemployées…
Franchement, il croyait aller où avec son attelage de branquignols ?
Le plus drôle, c’est que ça ne va même pas servir de leçon à ses rivaux. Morin, dont Jean-Christophe Lagarde avait fort pertinemment dit « Pour traverser le désert, vous choisissez un chameau, pas une chèvre » (Brigitte Bardot va sûrement se porter partie civile) s’y voit déjà. Les sondages, qui sont bien bons avec lui, le créditent d’environ 1%…
Mais là où la consternation me gagne, c’est lorsque j’apprends, pas plus tard qu’il y a quelques minutes, que Bayrou prend la place toute chaude de Borloo, et vient de se déclarer. Il s’y croit déjà, et sait que les mêmes journalistes dont je parlais plus haut vont faire mine pour quelques mois de le prendre au sérieux.
Il paraît que Bayrou ne serait pas aussi con qu’il en a l’air. Pour paraphraser Coluche, je dirais que c’est possible… Mais un doute me gagne.
Comment peut-il ne pas comprendre – incompréhension qu’il partage d’ailleurs avec son acolyte Mme Royal – que son heure est passée ? Qu’on a déjà beaucoup trop parlé de lui, de ses soi-disant envies de changement alors qu’il ne veut surtout rien changer au canevas traditionnel de la vieille droite plan-plan… Qu’il a eu sa chance et sa petite gloriole personnelle en 2007, mais que maintenant c’est fini… Has been avant d’avoir été. Alors évidemment, Rama Yade et quelques autres vont lui proposer leurs services, il va faire ses 8-9%, et tous vont se retrouver sur le carreau et retourner à leur juste place (le néant) sitôt l’élection terminée. Les « socialistes », forts de leur triomphe de 2012, n’auront évidemment pas besoin de lui.
Bon, les figurants sont en place et on ronfle déjà. Ça va être long, les sept mois qui restent. Et c’est rien à côté des cinq ans qui vont suivre…
Retrouvez SuperNo sur son blog.
Franchement, il croyait aller où avec son attelage de branquignols ?
Le plus drôle, c’est que ça ne va même pas servir de leçon à ses rivaux. Morin, dont Jean-Christophe Lagarde avait fort pertinemment dit « Pour traverser le désert, vous choisissez un chameau, pas une chèvre » (Brigitte Bardot va sûrement se porter partie civile) s’y voit déjà. Les sondages, qui sont bien bons avec lui, le créditent d’environ 1%…
Mais là où la consternation me gagne, c’est lorsque j’apprends, pas plus tard qu’il y a quelques minutes, que Bayrou prend la place toute chaude de Borloo, et vient de se déclarer. Il s’y croit déjà, et sait que les mêmes journalistes dont je parlais plus haut vont faire mine pour quelques mois de le prendre au sérieux.
Il paraît que Bayrou ne serait pas aussi con qu’il en a l’air. Pour paraphraser Coluche, je dirais que c’est possible… Mais un doute me gagne.
Comment peut-il ne pas comprendre – incompréhension qu’il partage d’ailleurs avec son acolyte Mme Royal – que son heure est passée ? Qu’on a déjà beaucoup trop parlé de lui, de ses soi-disant envies de changement alors qu’il ne veut surtout rien changer au canevas traditionnel de la vieille droite plan-plan… Qu’il a eu sa chance et sa petite gloriole personnelle en 2007, mais que maintenant c’est fini… Has been avant d’avoir été. Alors évidemment, Rama Yade et quelques autres vont lui proposer leurs services, il va faire ses 8-9%, et tous vont se retrouver sur le carreau et retourner à leur juste place (le néant) sitôt l’élection terminée. Les « socialistes », forts de leur triomphe de 2012, n’auront évidemment pas besoin de lui.
Bon, les figurants sont en place et on ronfle déjà. Ça va être long, les sept mois qui restent. Et c’est rien à côté des cinq ans qui vont suivre…
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