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Borloo, comme son copain Hulot, ne participera pas à la présidentielle

Dimanche 2 Octobre 2011 à 20:57 | Lu 11558 fois I 24 commentaire(s)

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur

Invité du 20h de TF1, Jean-Louis Borloo a -enfin- annoncé qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle. Les troupes borlooïstes avaient promis une accélération du calendrier. Effectivement, personne ne s'attendait à un renoncement aussi prématuré.


(Louison)
(Louison)
Après des mois d'attente insoutenable et d'intenses tergiversations, Jean-Louis Borloo s'est enfin adressé aux Français. Non pas dans son fief de Valenciennes, comme prévu, non, le leader du Parti radical a choisi le 20h de TF1, et pour cause : le candidat putatif à la présidentielle n'est plus candidat à rien. Le scénario de cette non-candidature, écrit à l'avance par un Jean-Louis Borloo fluctuant mais sans doute lucide sur sa « fragilité » selon les mots de Martine Aubry, aura été réalisé sans accroc par son auteur. 

Scène 1 : Jean-Louis Borloo a un projet. « J'ai pris du recul et je me suis mis à travailler sur les différents sujets qui intéressent les Français, […] ce projet est prêt, je m'y suis préparé méthodiquement pendant 9 mois. »
Scène 2 : Jean-Louis Borloo est un homme responsable. « Nous sommes dans une crise économique et sociale d'une extrême gravité […] Les temps sont suffisamment troublés pour ne pas ajouter de la confusion à la confusion. »
Scène 3 : patatra, Borloo n'est plus candidat ! « A cette heure-ci, quelle est la réalité ? Cette dynamique des centres n'est pas suffisante pour être présent au deuxième tour de l'élection présidentielle. »
 
Les pressions exercées par son entourage depuis plusieurs semaines n'auront donc pas suffi à convaincre le patron des Radicaux de se lancer dans une course à la présidentielle qui n'avait jamais cessé de l'effrayer. « Une campagne demande une ascèse de moine, observait un élu UMP la semaine précédent cette annonce. Jean-Louis Borloo n'ira pas pour la simple et bonne raison qu'il n'est pas prêt à faire ces concessions, se lever à 7h tous les jours, manger sainement, etc. » 

Alors, soulagé Borloo ? Pas vraiment. Son oeil droit a cligné frénétiquement tout au long de son intervention comme si cette décision, sa décision, ne le satisfaisait qu'à moitié. Le chef valoisien laisse derrière lui ses troupes, composées, certes, de quelques ambitieux rudement chassés du Château comme Rama Yade, mais aussi de fidèles, comme Laurent Hénart, qui n'a pas hésité à mettre en péril son siège de député pour soutenir un projet auquel il croyait avec force et conviction. Dans ces conditions, difficile d'imaginer Borloo rester à la tête du Parti radical. Difficile également de l'imaginer fédérer les centristes sociaux en vue de la présidentielle. 

Surtout que le non-candidat a beau laisser entendre que son ralliement prochain à l'UMP n'a rien d'automatique, son refus  de présenter sa candidature a bien pour objectif d'éviter de ne pas diviser davantage la majorité à l'approche de l'échéance présidentielle. 

Côté UMP, on se frotte les mains. Sur Twitter, les messages des cadres et élus UMP fusent.  Valérie Rosso-Debord salue sa « responsabilité », Christian Estrosi, son « intelligence » et l'exhorte d'ores et déjà à « retrouver sa place » dans le parti majoritaire. 

Seul Hervé Morin, pour l'instant, se fait discret. Pourtant, le retrait de son rival centriste ouvre de fait un boulevard au patron du Nouveau centre. Reste à savoir si Morin, toujours crédité de 1 à 2% dans les sondages, va oser l'emprunter.


Tags : borloo, candidat, tf1






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