Marianne2 2012

Borloo cherche une cabine téléphonique pour ressusciter l’UDF!

Jeudi 25 Mars 2010 à 11:01 | Lu 9775 fois I 29 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Après la cuisante défaite de la droite aux régionales et maintenant que Sarkozy a remisé la défense de l’environnement au rang du «ça commence à bien faire maintenant», Jean-Louis Borloo cherche un espace pour exister. Le président du Parti radical valoisien se verrait bien faire revivre l’UDF! Rien que ça!


Une carte du ciel, voilà ce dont il faut se munir pour lire le champ politique à droite depuis les calamiteuses régionales. Marianne2 avait identifié quatre droites  : les droites Copé, Villepin, Fillon et Le Pen fille. Il faut désormais compter dans cette galaxie en formation sur une cinquième planète, une planète microscopique et gazeuse, la planète des radicaux valoisiens qui se verraient bien ressusciter… l’UDF !

« En réalité, analysait ce matin sur Europe 1 Jean-Louis Borloo, je crois que l’UMP est victime de la disparition — au moins provisoire — de François Bayrou. En réalité, il y a toujours eu une droite plutôt bonapartiste, centralisatrice, assez classique et il y avait l’UDF. L’UDF, c’était le regroupement des radicaux, les démocrates-chrétiens, les sociaux démocrates et d’une certaine manière les écologistes aujourd’hui. Et c’est cette disparition qui pose un problème aujourd’hui à la majorité présidentielle. Je pense que d’une manière ou d’une autre, il faut regrouper ces centristes, ces sociaux-démocrates (qui ne sont pas forcément d’accord pour une alliance très à gauche avec les communistes), les écologistes évidemment. Il faut d’une manière ou d’une autre qu’il y ait un projet de société partagé, qu’il y ait une vision commune, qu’il y ait même une organisation peut-être. En tout cas, le débat me semble être posé ».

Le « débat » est peut-être « posé », mais l’espace qu’a devant lui le président du Parti radical valoisien est à peine plus grand qu’une chambre de bonne mansardée. D’une part, si le MoDem est quasi en état de mort clinique, rien ne dit que François Bayrou, lui, ne pourrait pas connaître une rémission personnelle. Mais surtout, Jean-Louis Borloo arrive un peu après la bataille. Du côté des écologistes notamment. La mayonnaise que tente actuellement de faire monter Daniel Cohn-Bendit semble prendre. Europe écologie dans sa nouvelle version ratisse large, très large, jusqu’à Antoine Waechter et l’ensemble de l’Alliance des écologistes (une formation née sur les ruines de Génération écologie et du Mouvement des écologistes indépendant).

À droite, le ciel n’est pas plus dégagé pour Jean-Louis Borloo. Il y a le groupusculaire Nouveau centre, mais il y a surtout Dominique de Villepin. Ce matin même, Galouzeau lance en grande pompe médiatique (et sur fond de guerre larvée avec François Fillon) sa propre formation politique. À l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Jean-Louis Borloo réserve d’ailleurs une pique à peine dissimulée : « Ce n’est pas un problème d’écurie. Moi j’ai été ministre de Dominique de Villepin, j’ai même été ministre au moment du CPE donc je connais bien ! » Le fourbe : rappeler aujourd’hui un des plus cuisants échecs de Dominique de Villepin alors que ce dernier veut justement se poser, en opposition à Sarkozy, comme le tenant d’une droite à la fibre sociale.

Et de poursuivre : « Ce n’est pas un problème de personne. La question est de savoir si les sensibilités politiques, c’est-à-dire les gens qui ont un regard sur la société, qui considèrent que les ressources humaines du pays sont plus importantes que des mesures qui viennent d’en haut, qui considèrent que la concertation est un mode de management supérieur à la décision imposée, qui considèrent que la décentralisation est un acte majeur, qui sont européens, qui sont écologistes, est-ce qu’ils sont capables, est-ce que nous sommes capables de bâtir un projet de société ? Il s’agit de familles politiques très ancrées dans l’histoire politique de notre pays ». En effet, mais pour l’heure, la famille de Jean-Louis Borloo, elle, tient dans une cabine téléphonique !









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