Borloo-Morin : s’il le faut, tirez à pile ou face !
Dimanche 11 Septembre 2011 à 05:01 | Lu 6098 fois I 0 commentaire(s)
Journaliste chez Marianne, notamment en charge des médias En savoir plus sur cet auteur
On n’attendait aucun grand bouleversement à l’université de l’Alliance républicaine écologique et sociale (ARES) qui a débuté, samedi 10 septembre, à la Grande-Motte. Comme prévu, pas d’annonce officielle de candidature de Jean-Louis Borloo ni d’Hervé Morin, mais un joyeux foutraque qui, une fois de plus, ne fait pas avancer l’Alliance.
Jean-Louis Borloo et Hervé Morin à la grande Motte pour l'université de rentrée de l'ARES.
Certes, la photo était belle. Presque aussi belle que le baiser échangé entre François Hollande et Martine Aubry à la Rochelle. A l’heure du déjeuner, les deux hommes sont en effet arrivés, côte à côte et d’un pas coordonné, presque bras dessus bras dessous, comme pour dire « regardez comme tout va bien ici, c’est l’Alliance ». Mais quoi d'autre ?
En fin d’après midi, Hervé Morin a fait part dans son discours d’une « détermination sans faille » qui pourrait le pousser jusqu’à l’élection présidentielle et qu’il s’agirait alors d’une « décision individuelle ». Juste avant de se tourner vers un -peu détendu- Jean-Louis Borloo, assis à la tribune, et lâcher « même si dans notre cas ce serait mieux qu’on en parle avant ensemble ». Même son de cloche quelques minutes plus tard pour le président du Parti radical.
Ils ne cessent de marteler, chacun dans leur discours, qu’« il n’y a aucun désaccord entre (eux) » et que « l’Alliance et la famille centriste passent avant tout ». Sans se prononcer sur la candidature de l'un ou de l'autre, les deux hommes ne la font pas avancer pour autant. Qu’a en effet apporté ce « double-discours » (d’abord Morin puis Borloo) si ce n’est qu’il a servi à maintenir le flou artistique autour de la question du centre dans la présidentielle. S’ils souhaitent vraiment peser dans la balance et ne plus être ce « centre strapontin » selon les mots du Président du Nouveau centre, ne serait-il pas temps de choisir ?
Le centre vu par Louison
C’est en tout cas ce que certains militants –parmi les 2000 présents- n’hésitaient pas à se demander hier, lassés : « Ils se disent unis, ils paraissent opposés » soufflera l’un d’eux. Un constat illustré par les deux groupes de jeunes militants centristes scandant face à la tribune pour les uns « Borloo président » pour les autres « Morin président » sur le mode à qui criera le plus fort.
D’autant que, s’il y a eu à un moment donné une once d’osmose entre les des deux hommes, elle s’est envolée à plusieurs reprises dans la journée quand, en dehors des tables rondes officielles proches et élus n'ont pas hésité à faire part de leurs différents points de vue. Pas d’accord de calendrier d'abord. Au Nouveau Centre certains évoquent novembre et leur congrès, quand chez Borloo on n’abandonne pas l’idée post-primaire socialiste. Et avec tout ça les principaux intéressés ne tranchent pas : « Entre le 10 septembre et l’automne ». Pas d’accord non plus sur la légitimité des candidats. Pour Dominique Paillé « Hervé Morin est une candidature de témoignage, il se trompe et plus dure sera la chute ». Pas même d’accord sur la nécessité d’un candidat centriste pour le ministre de la fonction publique François Sauvadet qui se met à douter d'une telle stratégie.
Ajoutez à cela des absents comme Hervé de Charette et vous obtiendrez un mouvement qui se divise. Face à tant de renvoi de balles et d’immobilisme, on se met à regretter une primaire centriste comme a pu le faire récemment Hervé Morin en nous confiant regretter cette décision « éminemment moderne ». Mais pourquoi n’ont-ils pas fait comme leurs rivaux socialistes ? Les choses auraient été un peu plus nettes. A l'heure actuelle, on se demande bien ce qui amènera les deux centristes à se décider. Certes, Jean-Louis Borloo fait preuve d'une conviction qu'on ne lui connaissait pas mais son co-équipier rival ne semble pas près de vouloir abandonner.
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