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Borloo – Jouanno, écologie qui rit, écologie qui pleure

Mardi 20 Avril 2010 à 11:01 | Lu 8306 fois I 14 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Bien sûr que ce gouvernement veut partager le travail. La preuve. À Borloo, revient le rôle d’annoncer les bonnes nouvelles et, à Jouanno, son adjointe, celui de porter les mauvaises!


(Photomontage : MEDEF / adopt a negotiator – Flickr – cc)
(Photomontage : MEDEF / adopt a negotiator – Flickr – cc)
Le bon et le méchant flic, c’est au cinéma. Mais chez les membres du gouvernement, le partage des rôles existe aussi. La preuve, ce matin, sur les radios. À Jean-Louis Borloo, le rôle du ministre des Bonnes nouvelles, le costume du ministre à l’Ecologie qui rit. À Chantal Jouanno son adjointe, celui de la secrétaire d’Etat aux Mauvaises nouvelles, à l’Ecologie qui pleure.

Invité de RTL , Jean-Louis Borloo a en effet eu le privilège de commenter le premier la réouverture de certains corridors dans l’espace aérien français et de défendre, « déterminé », la gestion de crise du gouvernement que lui a imposé le réveil du volcan islandais dont le nom n’est prononçable que par des apnéistes chevronnés. Point de questions qui fâchent pour l’ami Borloo. Surtout pas.

Pour les questions qui fâchent, c’est sur France Inter qu’il fallait être quelques minutes plus tard. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie était l’invité de sa matinale. À elle, donc, de répondre aux questions des auditeurs-voyageurs-en-colère-car-pris-en-otage-par-ce-foutu-volcan-sans-recevoir-d’aides-consulaires. À elle, aussi, de devoir commenter le refus de la Commission européenne d’une taxe carbone aux frontières de l’Union. À elle, enfin, de devoir expliquer le report à fin 2012, minimum, de la taxe poids lourd.

Cela commence à en faire des renoncements ! « On a l’obligation de faire face ! On a l’obligation, de toute façon, de poursuivre ! », lâche Chantal Jouanno dans un grand éclat de rire qui en dit plus que tous les discours. Mais la ministre revient immédiatement dans les clous et se raccroche aux branches du Grenelle II dont le texte, explique-t-elle, commencera à être étudié par les parlementaires début mai. Il n’empêche : elle qui avait dit tout haut son mécontentement à voir enterrer la taxe carbone n'a-t-elle pas envie de mettre en pratique la maxime de Jean-Pierre Chevènement, « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne » ? « C’est une vision un tout petit peu caricaturale. On peut avoir des convictions et continuer à agir ». Assurément, elle a décidé de ne plus l’ouvrir… Il ne reste qu’à renommer son portefeuille : Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie qui pleure... en silence !








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