Marianne2 2012

Bonus et stocks : Copé prend Sarkozy de vitesse

Mardi 24 Mars 2009 à 09:53 | Lu 8255 fois I 60 commentaire(s)

Sylvain Lapoix

Invité de RTL, Copé s'est autosaisi du dossier des stock-options : assurant qu'on «se rapprochait d'une loi», il a promis de finir un boulot «affiné» de législation sur les salaires patronaux dans les deux mois. Une occasion de plus de se distinguer d'un Président dont la dimension blingh-bling rend peu crédible ses rodomontades contre le capitalisme fou.


(photo : World Economic Forum - FlickR - CC - www.flickr.com/photos/worldeconomicforum)
(photo : World Economic Forum - FlickR - CC - www.flickr.com/photos/worldeconomicforum)

l veut être l'homme qui marquera le quinquennat de sa loi sur les stock-options. Xavier Bertrand ? Il affirme ce matin dans les Echos que l'UMP est prête à «aller loin sur ce dossier». Nicolas Sarkozy ? Il reprendra ce soir son refrain contre les patrons voyous à Saint Quentin. Mais celui qui a trouvé le bon média et le bon timing, c'est Jean-François Copé ! Invité de la matinale de RTL mardi 24 mars, le président du groupe UMP a sorti le sabre pour s'autoproclamer maréchal de la lutte contre les excès d'actions gratuites, parachutes dorés et autres parts variables dont abusent les patrons : « chaque jour qui passe nous rapproche de la perspective de fabrication d'une loi », a-t-il prévenu. Chaque jour ? Christine Lagarde n'a pourtant évoqué que ce week-end la possibilité d'une loi. Mais Copé est un homme pressé. Très pressé de tirer profit de la polémique tant qu'elle est encore tiède.

Oublier l'histoire... pour y rentrer le plus vite possible !
Car avant que le plan de stock-options prévu par la Société générale ne rouvre le débat sur les salaires excessifs des patrons la semaine dernière, il y avait déjà eu EADS, il y a deux ans, entre autres... ou bien tout simplement la campagne présidentielle durant laquelle le candidat Sarkozy avait évoqué la question, comme le rappelait l'animateur Jean-Michel Aphatie à son invité : « on va peut-être pas faire dans l'histoire de France ! », répond Copé. Aux oubliettes le Président et son programme antédiluvien. Copé est un homme pressé.

Efficace le président du groupe UMP ? « Quand on veut aller vite, il nous faut deux mois pour faire une loi », promet-il comme un garagiste prodige. « Avant la fin juin ? S'avance Aphatie.
- On peut aller très vite. »

Et ne croyez pas qu'il va vous juste vérifier le niveau d'huile de la loi et mettre un coup de polish : « je veux qu'on travaille de manière affinée », renchérit-il. Une manière de rassurer ses troupes, qui s'étaient récemment agacées de ne pas avoir de débat en commission sur la réforme du juge d'instruction et à qui il en avait promis un. Sans eux, il n'existe pas mais avec leur soutien, il peut griller la politesse à tout le monde. Y compris à Sarkozy.

Sur Thierry Morin, la prudence s'impose
Il doit aller vite, très vite. Mais pas trop : simplement surfer sur l'indignation latente de l'actualité en évitant de s'engager sur une nouvelle polémique. Le parachute doré de 3 millions d'euros de l'ancien-PDG de Valeo ? « Il y a un contrat, il faut regarder le contenu de ce contrat, se calme Copé. J'ai appris à ne pas suréagir à ce que j'entendais dans la presse. » Un homme pressé, certes, mais pas téméraire non plus.








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