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Bonus des traders : la Lagarde du 15 août bat en brèche la Lagarde du 7 août !

Lundi 17 Août 2009 à 18:01 | Lu 12215 fois I 66 commentaire(s)

Sylvain Lapoix - Marianne

En l'espace d'une semaine, la ministre de l'Economie est passée d'une posture libérale inflexible sur les salaires des traders à celle d'une régulationiste convaincue. Le virage ? L'Angleterre a décidé de légiférer. Un beau symbole de l'indépendance de Bercy !


Qu'a-t-on fait à Christine Lagarde ? Elle qui criait au «bricolage» le 7 août, quand le PS évoquait un projet de loi sur les bonus des traders, évoquait lundi 17 août sur France inter la rédaction d'un «mode d'emploi collectif sur les rémunérations» pour éviter que les établissements bancaires ne reprennent leurs «mauvaises habitudes». La ministre de l'Economie aurait-elle vu la Vierge à l'occasion du week-end de l'Assomption ? Pas vraiment. A moins qu'on considère qu'Alistair Darling, ministre des Finances britanniques, soit une incarnation moderne de la figure mariale...

Si l'Angleterre le fait, c'est possible !

Il faut reconnaître une sorte de cohérence à Christine Lagarde : quand elle refusait toute règlementation des rémunérations dans la finance, son premier argument était la nécessité de légiférer au niveau mondial : «Ce n’est pas la peine de bricoler à l’intérieur de ses frontières si, à Londres, à Singapour, ou à New York, le jeu reste ouvert.»

Et bien, justement, ce week-end, Londres a vraiment bougé : jugeant que le système de bonus récompensant les résultats à court terme avait eu des «conséquences catastrophiques», le ministre des Finances a évoqué la piste d'une modification de la loi pour «resserrer les choses». «Nous pouvons le faire», a-t-il déclaré. «Yes we can», dit l'Angleterre, «nous aussi», répond Paris ! L'indépendance sarkozyenne dans toute sa superbe !

Sauver la face... au prix du ridicule !

Vu comme ça, la conversion de Christine Lagarde au contrôle des rémunérations semble emprunte d'une humilité assez rafraîchissante... or, lundi 17 août sur France inter, la ministre de l'Economie n'a pas du tout présenté les choses de cette manière. «La France, à l'initiative du président de la République a été pionnière pour mettre cette question des rémunérations sur la table du G20, a osé la ministre avant d'ajouter que, la France était très seule pour commencer [les] discussions» sur les rémunérations et les paradis fiscaux.

Chargée de «préparer» avec les banquiers, l'entrevue sur les rémunérations convoquée par Nicolas Sarkozy le 25 août, Christine Lagarde doit désormais rattraper le couac qui a suivi l'annonce du milliard réservé par BNP pour les bonus de sa branche Corporate and Investment Banking. Croyant bien faire en se précipitant dans les médias pour dénoncer l'initiative des socialistes de proposer de légiférer sur les bonus, elle tente de se raccrocher au wagon du Président, qui a prôné la fermeté et envisage de réguler la question au niveau national.

Néanmoins, comme elle l'avait fait pour le retour modeste de la croissance, Lagarde marche sur des œufs : les mots «lois» et «règlementations» n'ont pas franchi le seuil de ses lèvres. Espère-t-elle un nouveau code de déontologie, comme celui qu'avait livré le Medef sur le salaire des patrons ? En tout cas, cette fois-ci, la ministre laisse la primeur au Président pour éviter un nouveau couac. On ne sait jamais que l'opposition se soit réveillée entre temps !









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