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Bonus, stocks-options : il faut oser le salaire maximum!

Philippe Cohen | Mardi 31 Mars 2009 à 11:50 | Lu 5469 fois

Le débat public sur la rémunération des hauts dirigeants ne tarit pas. Ce matin Xavier Bertrand, Brice Hortefeux et Alain Juppé en ont parlé sur les trois radios les plus populaires. Sans aborder la seule question qui vaille : le salaire maximum.



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Décidément, les dirigeants de la droite s’inquiètent de la tournure prise par le débat public sur les rémunérations des dirigeants.
Xavier Bertrand a joué les délégués CGT sur RTL ce matin   en promenant au bout d’une pique la tête de turc Daniel Bouton, ex-patron de la Société Générale, dont on apprend qu’il percevra un million d’euros de retraite. Il a aussi  défendu le partage des profits en rappelant que les salariés y apportaient une contribution au moins aussi importante que celle des actionnaires.
Brice Hortefeux renvoie, lui, la balle sur le MEDEF : « les propositions du MEDEF n’étaient pas suffisantes » a-t-il dit sur Europe 1 .
Enfin Alain Juppé a évoqué sur France Inter l’hypothèse de la suppression des stock-options. Ce serait en effet une mesure de bons sens : les stock-options - surtout au moment où les cours sont aussi bas qu'aujourd'hui - sont l'une des bulles du capitalisme financier, qui diffusent auprès des salariés l'idée de capital virtuel, donc de richesse virtuelle.

30 à 40 fois le salaire minimum, c'est raisonnable!
Tous ces responsables ont compris quelque chose aux temps de crise, qui soulignent en rouge vif l'importance des inégalités dans nos sociétés et l'indécence de certains membres des élites à vouloir «continuer comme avant».
Mais les solutions proposées sont inadaptées :
- le décret du gouvernement ne concerne que les sociétés «aidées». Mais en France, comme l'a souligné Malakine, toutes les sociétés ou presque sont aidées, notamment sous la forme de dégrèvements de charges;
- les mesures proposées sont présentées comme transitoires, limitées dans le tempos jusqu'à 2010; ainsi être payé plusieurs dizaines de millions d'euros par an serait légitime, sauf en temps de crise ? Quel aveu!

En réalité, ce matin, la vérité est sortie de la bouche d'un auteur de France Inter, technicien chez Sun Microystem : il a calculé que, payé 3000 euros par mois, il gagnait 350 fois moins que son PDG!
Il faut arrêter de tourner autour du pot : en réalité, les salaires des dirigeants d'entreprise ne sont pas seulement choquants en temps de crise mais en permanence. Gagner plus de 50 000 ou 100 000 euros par mois n'a aucun sens ni pour le bénéficiaire, en incapacité de dépenser de telles sommes même s'il existent des cafetières à plusieurs milliers d'euros. Ils témoignent surtout d'un véritable dérèglement social : au dessus d'un certain niveau de rémunération, les hommes s'extirpent d'une société.

Le problème n'est pas nouveau. Au début des années 1990, bien avant les folies du capitalisme financier, Ségolène Royal avait proposé de limiter à 50 000 F le salaire maximal! La proposition parait presque surréaliste aujourd'hui!
Plus loin dans le temps, Henry Ford, l'homme qui avait compris qu'il valait mieux fabriquer des 2 CV que des Bugatti, avait pensé que le salaire du PDG ne devait pas excéder 40 fois celui de l'employé le plus mal payé de son entreprise. Cette proposition était considéré comme une condition de fonctionnement quasi anthropologique du système capitaliste.
De son côté, George Orwell pensait que ce rapport devait être de un à dix.
Plus près de nous, le blogueur Seb Musset penche pour le chiffre de trente, qui parait très raisonnable :




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