Bilan de Carolis : Boyon veut-il tuer le CSA ?
Mercredi 16 Juin 2010 à 15:35 | Lu 5355 fois I 12 commentaire(s)
Philippe Cohen et Régis Soubrouillard
A quelques semaines de la nomination du nouveau président de France Télévision, on apprenait hier qu'un rapport officiel du CSA dressait un bilan globalement positif de la présidence Carolis. Le très sage président du CSA, Michel Boyon s'est empressé de calmer les esprits, rétablissant la « Vérité » : il ne s'agit que d'un document de travail qui pointe aussi les faiblesses du bilan Carolis.
Michel Boyon, le patron du CSA, vient de faire un pas décisif vers le prix - disputé - de la carpette médiatique. Hier, on apprenait par l'AFP qu'un rapport officiel sur son bilan à France Télévision tressait des louanges à l'action menée depuis cinq ans par Patrick de Carolis à la tête de France Télévision. Son bilan, insiste le document, d'une centaine de pages, a été à la fois conforme à ses engagements et très positif d'un point de vue culturel : « le volume de diffusion des émissions culturelles et de fiction a fortement augmenté, en particulier aux heures de fortes audiences. (...)» La dépêche de l'AFP indique aussi que « le CSA a aussi salué la programmation régulière de documentaires en première partie de soirée sur France 2 et France 3. »
Oui mais voilà, chacun sait que Patrick de Carolis, malgré un baroud d'honneur combattif (le président de France Télé s'est déclaré officiellement candidat à un deuxième mandat), est condamné par le Président qui a, peu subtilement, subtilisé au CSA, la faculté de désigner le chef de la télévision publique. Le Président du CSA a donc réagi à la fuite de l'AFP par un communiqué en langue de plomb indiquant que « le document en question n'était qu'un document de travail émanant de ses services. Ce document n'a jamais été débattu ni adopté en séance plénière. S'il est globalement positif, le CSA pointe également dans ce document quelques faiblesses dans le bilan de Patrick de Carolis : la baisse des audiences sur la durée de son mandat (une baisse également enregistrée également par les grandes chaînes privées), la situation de France 4, qui n'a pas réussi à remplir son objectif de rajeunir les audiences du groupe… »
Ce communiqué a révolté plusieurs Sages.« Boyon a tellement la trouille qu'il a ruiné la crédibilité de l'institution en faisant pareille déclaration. », dit l'un d'entre eux. La mission d'évaluation est au coeur de l'activité du CSA. Si l'institution, après avoir perdu son pouvoir de nomination des patrons de l'audiovisuel public, doit se conformer aux jugements du président pour son travail d'évaluation, autant la dissoudre tout de suite.
D'autant que le bilan de cet organisme, pensé indépendant mais qui ne l'est manifestement pas, est calamiteux. Des sages cumulards et souvent absents, des relations tendues avec France Télévisions, des ratés sur le calcul des temps de parole des politiques, dans son livre « le holp up de Sarkozy », le journaliste du Point Emmanuel Berretta livrait une charge sévère contre Michel Boyon et sa gestion du CSA. « Plus rien ne fonctionne sainement » écrit le journaliste qui va jusqu’à remettre l’existence même de l’institution compte tenu de son asservissement à l’exécutif.
Même les patrons de chaîne s’amusent des dérives du bidule. Le patron de M6 possèderait chez lui un classeur où il conserve les courriers que le CSA lui a adressés en 22 ans et « quand il veut se détendre, il consulte cette littérature ». Aussi irrésistible que des blagues Carambar.
Michel Boyon est un ancien giscardien, également ancien directeur de Cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, nommé en 2007 par Jacques Chirac, en bon gendarme de l’audiovisuel, il a, depuis, avalé toutes les couleuvres que lui offrait le président Sarkozy. S'il démissionnait du CSA, le Président lui retrouvera sûrement un autre job. Les chasses de l'Elysée peut-être ?
Oui mais voilà, chacun sait que Patrick de Carolis, malgré un baroud d'honneur combattif (le président de France Télé s'est déclaré officiellement candidat à un deuxième mandat), est condamné par le Président qui a, peu subtilement, subtilisé au CSA, la faculté de désigner le chef de la télévision publique. Le Président du CSA a donc réagi à la fuite de l'AFP par un communiqué en langue de plomb indiquant que « le document en question n'était qu'un document de travail émanant de ses services. Ce document n'a jamais été débattu ni adopté en séance plénière. S'il est globalement positif, le CSA pointe également dans ce document quelques faiblesses dans le bilan de Patrick de Carolis : la baisse des audiences sur la durée de son mandat (une baisse également enregistrée également par les grandes chaînes privées), la situation de France 4, qui n'a pas réussi à remplir son objectif de rajeunir les audiences du groupe… »
Ce communiqué a révolté plusieurs Sages.« Boyon a tellement la trouille qu'il a ruiné la crédibilité de l'institution en faisant pareille déclaration. », dit l'un d'entre eux. La mission d'évaluation est au coeur de l'activité du CSA. Si l'institution, après avoir perdu son pouvoir de nomination des patrons de l'audiovisuel public, doit se conformer aux jugements du président pour son travail d'évaluation, autant la dissoudre tout de suite.
D'autant que le bilan de cet organisme, pensé indépendant mais qui ne l'est manifestement pas, est calamiteux. Des sages cumulards et souvent absents, des relations tendues avec France Télévisions, des ratés sur le calcul des temps de parole des politiques, dans son livre « le holp up de Sarkozy », le journaliste du Point Emmanuel Berretta livrait une charge sévère contre Michel Boyon et sa gestion du CSA. « Plus rien ne fonctionne sainement » écrit le journaliste qui va jusqu’à remettre l’existence même de l’institution compte tenu de son asservissement à l’exécutif.
Même les patrons de chaîne s’amusent des dérives du bidule. Le patron de M6 possèderait chez lui un classeur où il conserve les courriers que le CSA lui a adressés en 22 ans et « quand il veut se détendre, il consulte cette littérature ». Aussi irrésistible que des blagues Carambar.
Michel Boyon est un ancien giscardien, également ancien directeur de Cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, nommé en 2007 par Jacques Chirac, en bon gendarme de l’audiovisuel, il a, depuis, avalé toutes les couleuvres que lui offrait le président Sarkozy. S'il démissionnait du CSA, le Président lui retrouvera sûrement un autre job. Les chasses de l'Elysée peut-être ?
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