Les Allemands favorables au protectionnisme.


Rédigé par Bertrand Rothé le Jeudi 15 Septembre 2011 à 22:03 | 2 commentaire(s)

Grace aux hétérodoxes, les Sapir, Lordon, Ruffin, Gréau, Todd, Murer, Giraud et quelques autres, le protectionnisme est redevenu un sujet de débat. On peut enfin en parler. C'est une première victoire, il faut continuer pour protéger les plus faibles. Les économistes de garde ont tout de suite réagi : l’idée est intéressante et généreuse mais elle est utopique : les Allemands refuseront.


(Wikimedia - Wettach)
(Wikimedia - Wettach)

Comme très souvent, avec les économistes de garde, cet argument est faux. Les Allemands aimeraient faire une pause dans cette mondialisation forcée que nous impose les multinationales. Merci aux membres du « Manifeste pour le débat sur le libre échange »  de clouer le bec à ce nouveau TINA1  qui nous empêche de réfléchir.  





Au contraire il y a une alternative à la mondialisation. Le protectionnisme n’est pas une utopie c’est une solution. D’après l’étude  réalisée par l’IFOP, 61 % des Allemands, 60 % des Italiens, et 67 % des Espagnoles souhaitent une augmentation des taxes douanières. Français quant à eux, y sont favorables à 65 %. Espérons qu’ils iront voter pour Arnaud Montebourg aux primaires.  
Les Allemands favorables au protectionnisme.

Dans le même ordre, ils souhaitent très majoritairement le faire aux frontières de l’Europe. 67 % de teutons, 73 % des macaronis, 68 % des ibères et 80 % des gaulois sont d’accord de défendre leurs savoirs faire et l’activité des entreprises sur cette zone. Pour les partisans de l’Europe voilà une belle raison de se réjouir. Au moment où leur rêve fout le camp, que les Allemands rechignent à porter la main à leur porte monnaie, c’est peut-être le moyen de le dynamiser par un nouveau projet commun : réindustrialiser l’Europe. C’est pas beau ça ? Ca pourrait faire le titre d'un vrai programme socialiste : travailler à défendre les ouvriers abandonnés depuis 1983, abandonner le tout marché.  


Les Allemands favorables au protectionnisme.

Comme ce sont des gens sensés, les citoyens européens savent que cette augmentation des taxes augmentera les prix. Puisque dans le même ordre, ils ne sont que 32, 42, 39 et 29 % à penser que cela aura « des conséquences positives sur les prix des produits de consommation ».   

Evidemment, demain les économistes de garde trouveront un nouvel argument pour défendre le capital. Ils vont nous reprocher de partager les mêmes idées que Marine Le Pen. On leur répondra qu’il y a quelques mois, il partageait les mêmes valeurs économiques que Jean Marie et qu’à ce moment on ne les traitait pourtant pas de fascistes.    


1- There Is No Alternative, en français il n’y a pas d’alternative  





A propos de l'auteur

Bertrand Rothé

Bertrand Rothé
Bertrand Rothé, certifié en cuisine, a des aptitudes professionnelles en économie, puis que la faculté l’a Agrégé. Il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise.

Il vient de publier au Seuil avec Gérard Mordillat "Il n'y a pas d'alternative ; Trente ans de propagande économique" au Seuil. Son précédent ouvrage, "Lebrac, trois mois de prison" (Seuil, 2009) a reçu le prix Jean-Baptiste Botul.