Le lundi 20 juin 2011, au début de la semaine, HEC vient de s'offrir une page entière dans Libération. Belle accroche : « Comment réussir à HEC en commençant par un zéro ? ». Fond bleu sombre, typos banches à patins. La grande classe. Business oblige. Les Hautes Etudes Commerciales expliquent aux lecteurs du journal que « Zéro euro, Grâce à la Fondation HEC, ce sera la note que recevront les élèves boursiers d'Etat pour leurs frais de scolarité à HEC ». Génial ! HEC aide les boursiers.
Sauf que comme d’habitude la communication est là pour cacher les failles du système. Les deux écoles de commerce les plus sélectives, HEC et l’ESSEC ne prennent que 12,3 % de boursiers alors que les autres en intègrent un peu plus de 20 %[1]. Dormez en paix petits fils de premiers ministres, fils de députés et de grands patrons, les deux châteaux résistent aux assauts de la plèbe.
Mais en ces temps difficiles pour les élites, il fallait à tout prix cacher ces chiffres par une communication adaptée. C’est fait. Mais pourquoi maintenant ? A Jouy-en-Josas, traditionnellement on se moque des intérêts de la collectivité. Dans cette grande maison on enseigne sans scrupule l’évasion fiscale sous le doux nom « d’optimisation fiscale » et la finance. Nos commerciaux craignent-ils que la gauche de droite[2] soit obligée de forcer un peu la main aux grandes écoles et ne se contente pas du « Soyez volontariste » de Valérie Pécresse ? Pressée par une opinion publique de plus en plus irritée par les prébendes, le PS forcera, peut-être, les écoles d'élite à prendre les 30 % de boursiers. Peut-être ? Il risque d’être difficile de résister, HEC vient de perdre un allier de poids, DSK ne sera plus au PS pour défendre son école.