Le gendre de Chirac en héros masqué du libéralisme


Rédigé par Bertrand Rothé le Lundi 24 Octobre 2011 à 23:10 | 15 commentaire(s)

Le gendre de Jacques Chirac nous adresse ses réflexions dans une chronique masquée du Monde. Vous pouvez vous passer de la lire quand vous aurez lu cet article.


Encore et souvent. Le Monde des idées est ouvert aux hommes masqués. Une chronique d’un avocat contre le populisme. Mais qui est cet avocat ? Et quelle est l'originalité de sa pensée ?

Qui est Frédéric Salat-Baroux ?

Grâce à Google, on découvre que l’avocat, puisque c’est ainsi que le présente Le Monde, est le Partner (chez ces gens là on ne parle pas français, c’est ringard, ça date d’avant la mondialisation) d’un cabinet d'avocats d'affaires qui emploie 1 200 juristes dans ses 20 bureaux à travers le monde. En deux mots un homme au service de la mondialisation et du capital. 
 
Deuxième point de détail, ce monsieur est le gendre de Jacques Chirac. Une paille, par respect de la vie privée, Le Monde ne nous en informe pas. La règle peut être discutée. Car si on ne choisit pas ses parents, on choisit en revanche ses beaux parents. Le mariage forcé est condamné en France. 
 
Dernière chose et non des moindres, monsieur Salat-Baroux est un pantoufleur. Aprés s’être tapé la cloche aux frais de la République, à l’Elysée, plutôt que de regagner le Conseil d’Etat où beau papa a eu la gentillesse de le nommer quelques jours avant l’achèvement de son quinquennat pour lui assurer un avenir professionnel, il a préféré les revenus plus confortables du privé. Ceinture et bretelles pour notre homme. 
 
Voilà un homme dont on ne peut pas dire qu’il aime le risque. Mais c’est la norme.

Un copier collé du discours de la classe prédatrice

Google peut valider l’originalité de la pensée de cet homme d’idées. Voilà un marqueur impartial. Le premier chapitre s’insurge contre la « vague populiste ». Interrogé sur l'association « vague populiste » le moteur de recherche nous sort 334 000 résultats en 0,23 secondes. Ca fera un de plus. Autres sources, d’après le site du Monde, le mot « populiste » a été utilisé dans 398 éléments publiés depuis un an. Si on comprend bien, dans le journal de référence, plus d’un article par jour utilise le mot. Pas très original le gendre.  
 
Dans le deuxième chapitre, notre génie, emploie le nous collectif pour ne pas utiliser le mot de classe dominante ou prédatrice. En effet, comment comprendre le « nous » à propos de la mondialisation dans la phrase : « Ivres de notre sentiment de puissance, nous pensions nous assurer ainsi des profits maximum et les prix les plus bas ». En effet pour les prix les plus bas, le nous pourrait englober l’ensemble de la nation, mais les « profits maximum » n’intéressent que 
la classe sociale de notre auteur.  
 
Pour le reste un ensemble de banalités que notre ami doit entendre dans les dîners mondains.

Evidemment notre avocat d’affaires regrette l’absence de fédéralisme européen. Le moteur du site internet du PS et celui de l’UMP risquent de montrer l’absence d’originalité de cette envolée lyrique. Par respect pour l’auteur nous n’en abuserons pas. 
 
« La campagne présidentielle qui s'ouvre ne doit conduire à flatter ce populisme qui a désormais trouvé avec l'anti-mondialisation son corpus idéologique ». Quelle originalité ! Cela ressemble à du Alain Minc, à moins que ce soit du Jacques Attali. Non ! Vous trouverez cela dans une chronique d’Alain Duhamel, ou de Serge July. On ne sait plus. Mais si ça me revient. C’est sûrement du Serge July. Oui ça doit être lui. 
 
Notre homme ne se mouille pas. Il ne faut pas insulter l'avenir. Il propose de « remettre en cause des tabous de droite comme de gauche ». Suivi d'une charge contre « l'impasse des 35 heures »… Puis un hommage à Nicolas Sarkozy. Belle maman apréciera ! Il va falloir « travailler plus pour cotiser plus »
 
Et comme toujours ça se termine par le mot « effort ». Des efforts pour qui ? On ne le saura pas, mais on s’en doute un peu.




A propos de l'auteur

Bertrand Rothé

Bertrand Rothé
Bertrand Rothé, certifié en cuisine, a des aptitudes professionnelles en économie, puis que la faculté l’a Agrégé. Il enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise.

Il vient de publier au Seuil avec Gérard Mordillat "Il n'y a pas d'alternative ; Trente ans de propagande économique" au Seuil. Son précédent ouvrage, "Lebrac, trois mois de prison" (Seuil, 2009) a reçu le prix Jean-Baptiste Botul.