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Bertrand: profil bas, ambition au vestiaire

Vendredi 26 Novembre 2010 à 12:01 | Lu 10991 fois I 24 commentaire(s)

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur

Invité sur Europe1, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé a fait preuve d'une grande prudence, refusant de donner les objectifs chiffrés de sa politique en matière d'emploi. La fuite des adhérents de l'UMP aurait-elle laissé des séquelles chez l'ancien Secrétaire général du parti qui avait pourtant promis d'atteindre les 500 000 adhérents ?


(Xavier Bertrand - Dailymotion - Capture d'écran - Europe1)
(Xavier Bertrand - Dailymotion - Capture d'écran - Europe1)
On a connu Xavier Bertrand plus audacieux. Invité ce vendredi 26 novembre au micro de Jean-Pierre Elkabbach, le nouveau ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé a rechigné à s'engager, numériquement parlant, sur la baisse du chômage qui constitue pourtant l'un des objectifs clés de cette seconde partie du quinquennat. L'ex-secrétaire général de l'UMP aurait-il tiré les leçons de son empressement à annoncer, sitôt nommé à la tête du Parti en janvier 2009, sa volonté de doubler le nombre d'adhérents d'ici 2012 ? Car son voeu pieux s'est soldé par un échec cuisant. Non seulement l'UMP ne compte pas les 500 000 adhérents promis par Bertrand mais elle a, en plus, assisté impuissante à la fuite de 63 000 membres.

De quoi vacciner le ministre de la Santé contre ses penchants prophétiques. Après avoir frôlé la catastrophe en évoquant son « obligation de résultats » et en donnant rendez-vous à Jean-Pierre Elkabbach : « Vous me réinviterez d'ici un an et demi et vous verrez si c'est un voeu pieux ou si c'est une obligation de résultats à laquelle j'ai répondue... », Bertrand a semblé se souvenir que ce genre d'engagement lui avait joué des tours par le passé. Mieux vaux donc rester prudent... et rappeler qu'il n'est pas seul aux commandes, histoire de pouvoir rejeter la faute sur les autres le moment du bilan venu. «...Pas tout seul avec aussi l'ensemble des acteurs de Pôle emploi, des entrepreneurs, l'ensemble des partenaires sociaux.» Comme Fillon qui n'a eu de cesse de rappeler lors de son discours de politique générale qu'il revenait aux partenaires sociaux de « proposer et de définir les modalités et les outils » pour « relancer nos politiques de l'emploi », Bertrand a soigneusement éviter de mouiller sa chemise en en appelant aussi aux partenaires sociaux. Si le chômage ne baisse pas d'ici 2012, les partenaires sociaux seront donc les premiers responsables et Bertrand, encore aigri d'avoir été éjecté de la tête du parti au profit de Copé, n'aura pas à payer une fois de plus les pots cassés. C'est plutôt bien joué. 

« Vous m'avez invité en tant que ministre, je ne suis pas prévisionniste, a-t-il insisté. Moi je suis ministre et je dois faire le mieux possible. L'idée aujourd'hui n'est pas de donner des objectifs mais de faire le mieux possible et faire reculer le chômage. Il y a bien sûr un contexte économique et mon objectif est de le faire baisser. » Pas d'objectifs donc, le message est clair. Mais Bertrand a beau refuser de promettre monts et merveilles en matière d'emploi, ses précautions n'empêcheront pas les électeurs d'attendre au tournant le parti majoritaire et son représentant en 2012.










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