Berlusconi: le roi est nu, mais la gauche n'y est pas pour grand chose
Mardi 14 Juin 2011 à 18:01 | Lu 5840 fois I 0 commentaire(s)
Alain Leauthier - Marianne
Maltraité par la presse internationale et désavoué dans son propre pays par un référendum qui posait notamment la question de son immunité devant la justice, Silvio Berlusconi est en mauvaise posture. Même si l'opposition n'est peut-être pas assez forte pour reprendre l'avantage, le Cavaliere risque la prison.
(Silvio Berlusconi - The Economist)
« L’ homme qui a niqué tout un pays ». La Une du très distingué The Economist fera date. Ce n’est pas la première fois que l’hebdomadaire anglais s’en prend rudement à Silvio Berlusconi- puisque c’est de lui qu’il s’agit - mais rarement le président du Conseil italien aura été aussi éreinté. Quatorze pages d’enquêtes et de reportages pour dénoncer « le désastre national » qu’incarne son règne, le second en terme de durée après celui de Mussolini. La nouveauté c’est que les arguments avancés par le journal semblent désormais partagés par une nombre croissant d’Italiens. En témoigne le « no grazie » des électeurs transalpins aux trois sujets qui leur étaient soumis lors du référendum du week-end dernier : le retour au nucléaire, la privatisation de la gestion de l’eau et la forme d’immunité judiciaire dont Berlusconi bénéficie. Ce dernier point surtout préoccupait particulièrement le président du Conseil qui doit faire face à trois procès relatifs à ses frasques sexuelles ou ses délits financiers. Contrairement à ses espérances, ses compatriotes n’ont pas confirmé une loi lui permettant de ne pas se présenter en justice en raison de ses obligations ministérielles. Pour autant, « Berlu » n’a pas l’intention de démissionner. Pas tout de suite en tout cas. Comme l’explique le quotidien de centre gauche La Repubblica, si « la flûte enchantée est brisée », si les yeux des Italiens se dessillent après une longue illusion collective étalée sur presque deux décennies, la relève politique institutionnelle reste faible.
Voilà des années que la véritable opposition à Silvio Berlusconi se construit en marge des partis traditionnels de gauche, le mouvement des « Girotondi » hier, celui des « Indignés » et des femmes aujourd’hui. Lors des récentes élections municipales, le Parti démocrate a certes tiré les marrons du feu en s’adjugeant la mairie de Milan, jusqu’alors fief berlusconiste mais à Naples c’est un magistrat atypique qui l’a emporté. Membre de l’ « Italie des Valeurs », la formation d’Antonio di Pietro, autre magistrat et vedette de l’opération Mani Pulite (mains propres), Luigi de Magistris a comme particularité de s’être attaqué à l’ancien président du conseil de centre gauche Romano Prodi au cours d’une procédure aujourd’hui annulée pour vice de forme. Il Foglio, le quotidien de l’intelligentsia de droite, voit dans ces diverses expressions une sorte de « caravane des baba-cool » qui pourrait tirer le centre gauche vers la victoire. Ou pas.
Il y a peu, Guiliano Ferrara, le directeur du Foglio, conjurait Berlusconi de revenir à l’essence du « berlusconisme » soit, à ses yeux, une sorte de révolution néoconservatrice permettant de se libérer conjointement de la double dictature du marché et de la pensée unique. Si le Cavaliere ne s’est jamais senti à même d’accomplir ce « dépassement de la politique », aujourd’hui il songe surtout à sauver les meubles pour ne pas aller en prison. Le roi (du Bunga Bunga) est nu.
Voilà des années que la véritable opposition à Silvio Berlusconi se construit en marge des partis traditionnels de gauche, le mouvement des « Girotondi » hier, celui des « Indignés » et des femmes aujourd’hui. Lors des récentes élections municipales, le Parti démocrate a certes tiré les marrons du feu en s’adjugeant la mairie de Milan, jusqu’alors fief berlusconiste mais à Naples c’est un magistrat atypique qui l’a emporté. Membre de l’ « Italie des Valeurs », la formation d’Antonio di Pietro, autre magistrat et vedette de l’opération Mani Pulite (mains propres), Luigi de Magistris a comme particularité de s’être attaqué à l’ancien président du conseil de centre gauche Romano Prodi au cours d’une procédure aujourd’hui annulée pour vice de forme. Il Foglio, le quotidien de l’intelligentsia de droite, voit dans ces diverses expressions une sorte de « caravane des baba-cool » qui pourrait tirer le centre gauche vers la victoire. Ou pas.
Il y a peu, Guiliano Ferrara, le directeur du Foglio, conjurait Berlusconi de revenir à l’essence du « berlusconisme » soit, à ses yeux, une sorte de révolution néoconservatrice permettant de se libérer conjointement de la double dictature du marché et de la pensée unique. Si le Cavaliere ne s’est jamais senti à même d’accomplir ce « dépassement de la politique », aujourd’hui il songe surtout à sauver les meubles pour ne pas aller en prison. Le roi (du Bunga Bunga) est nu.
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