Belgique: Kramer contre Kramer, c'est pas pour demain
Jeudi 9 Septembre 2010 à 05:01 | Lu 9972 fois I 18 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Des rattachistes aux farouches partisans de la scission, en passant par les nationalistes flamands, et même ldes internautes favorables à un état Bruxellois, ou encore des croyants inébranlables en la continuité d'un état belge, la blogosphère exprime toutes les tendances de la crise politique qui se joue actuellement en Belgique.
Donnée pour morte, en phase terminale, la Belgique s’effrite et la blogosphère du royaume bouillonne. Si le tabou de la scission paraît de plus en plus fragile, le divorce n'est pas encore consommé et l’avenir incertain du pays pousse les blogueurs à éclairer leurs lecteurs sur les raisons de la possible catastrophe à venir.
Le blog la crise belge expliquée aux Nuls français tente de faire entendre quelque chose au drame qui se noue aux pas très éclairés français. Le tout avec force pédagogie. C’est bien le moins, tant il est vrai que la France pourrait bien avoir à jouer un rôle éminent dans la partition belge :
« Imaginez que de l’autre côté du périphérique parisien l’on parle flamand, et qu’à Boulogne-Billancourt, qui compterait 80% de Francophones, il soit interdit à ces derniers de parler français au conseil municipal, sous peine de poursuites. Imaginez que les Francophones de Boulogne n’aient le droit d’aller dans une école francophone de Boulogne, qu’en maternelle et en primaire. Que ces écoles soient gérées par le gouvernement des Flamands, et qu’il soit interdit au maire, sous peine de suspension, de s’adresser à un instituteur francophone en… français (sauf hors du cercle professionnel) ». Un texte, extrait, en fait, d’un article de Libération paru en 2007 qui montre à quel point le ver de la scission était déjà dans le fruit de l’état belge.
Le blog la crise belge expliquée aux Nuls français tente de faire entendre quelque chose au drame qui se noue aux pas très éclairés français. Le tout avec force pédagogie. C’est bien le moins, tant il est vrai que la France pourrait bien avoir à jouer un rôle éminent dans la partition belge :
« Imaginez que de l’autre côté du périphérique parisien l’on parle flamand, et qu’à Boulogne-Billancourt, qui compterait 80% de Francophones, il soit interdit à ces derniers de parler français au conseil municipal, sous peine de poursuites. Imaginez que les Francophones de Boulogne n’aient le droit d’aller dans une école francophone de Boulogne, qu’en maternelle et en primaire. Que ces écoles soient gérées par le gouvernement des Flamands, et qu’il soit interdit au maire, sous peine de suspension, de s’adresser à un instituteur francophone en… français (sauf hors du cercle professionnel) ». Un texte, extrait, en fait, d’un article de Libération paru en 2007 qui montre à quel point le ver de la scission était déjà dans le fruit de l’état belge.
Plan B: Entre rattachistes et Petite Belgique...
Etat fédéral, de construction artificielle, la Belgique souffre d'une fragilité chronique. Auteur de Belgique, le roman d'un pays, l'écrivain Patrick Roegiers se lamente sur la déliquescence de l’état belge : « Plus grand monde ne croit à la Belgique. C’est un torchon tricolore qui pendouille sur un balcon, serti de crasse et de rinçures. Mais tout le monde chante dans ce pays. Le Vlaams Belang au Parlement, en toute impunité. Leterme chante La Marseillaise. Le roi chante l’hallali. Et les Belges, qui sont d’incorrigibles flemmards, ne vont pas tarder à déchanter tous ensemble. Le mal est là. Et il est fait. Réveillez-vous. Ouvrez les yeux » exhorte-t-il ses -encore- compatriotes sur le blog de la revue La règle du jeu.
Nombre de blogueurs sont, eux, résignés au chaos sinon décidés à aller au clash.
Juriste et maître de conférence à l’université de Liège, Jean Sébastien Jamart estime que depuis que Elio di Rupo (président du PS belge) a jeté l’éponge, « le PS semble ne plus craindre la scission de la Belgique et se prépare à un plan B, sans doute une petite Belgique constituée de Bruxelles et la Wallonie ».
Un Plan B « Petite Belgique » qui rencontre un certain écho sur le web, même si les rattachistes n’hésitent plus à faire leur coming-out. Pour René Thirion, partisan du retour de la Wallonie à la France comme région à part entière, « la seule question à se poser est comment arriver à la scission attendue et au juste partage des biens ayant appartenu à la communauté belge que les Flamands depuis des années ont accaparés lors de l’épisode fédéraliste ».
Nombre de blogueurs sont, eux, résignés au chaos sinon décidés à aller au clash.
Juriste et maître de conférence à l’université de Liège, Jean Sébastien Jamart estime que depuis que Elio di Rupo (président du PS belge) a jeté l’éponge, « le PS semble ne plus craindre la scission de la Belgique et se prépare à un plan B, sans doute une petite Belgique constituée de Bruxelles et la Wallonie ».
Un Plan B « Petite Belgique » qui rencontre un certain écho sur le web, même si les rattachistes n’hésitent plus à faire leur coming-out. Pour René Thirion, partisan du retour de la Wallonie à la France comme région à part entière, « la seule question à se poser est comment arriver à la scission attendue et au juste partage des biens ayant appartenu à la communauté belge que les Flamands depuis des années ont accaparés lors de l’épisode fédéraliste ».
Bruxelles: le dernier recours ?
Partage des biens, garde des enfants, c'est la comédie du divorce.
Belgique de merde, c'est le nom du blog, entend bien obtenir la garde de Bruxelles, la Belle. Et il appelle les Bruxellois à une curieuse rébellion. : « Mais bon sang, Bruxelles est une ville francophone ! Mais bon sang, Bruxelles est une région à part entière, disposant de sa propre identité, ni wallonne, ni flamande. Demandez donc aux Bruxellois ce qu’ils en pensent ! La région de Bruxelles est une région suffisamment autonome culturellement, économiquement et politiquement pour survivre à la séparation de la Belgique De par son statut de capitale de l’Union européenne, en tant que siège des principales institutions européennes et de l’OTAN, il me semblerait normal d’en faire une région indépendante, une forme de Brussels DC similaire à la Washington DC ! ».
De son côté, l’écrivaine Kristien Hemmerechts est convaincue que le cœur des Flamands bat encore pour la capitale : « Les Flamands de Bruxelles ont choisi d’y vivre parce c’est le seul endroit en Belgique où l’on hume l’air d’une ville mondiale. Ils aiment y entendre parler une vingtaine de langues. Incontestablement, il y a des Flamands qui se passionnent pour leur capitale, même des Flamands qui n’y demeurent pas » écrit-elle sur le blog Vu de Flandre du magazine Le Vif-L’express. « (…)dans le cœur de beaucoup de Flamands ne vit pas seulement un Flamand, mais aussi un Bruxellois. Et peut-être aussi un Belge ». C'est là que le scénario de la scission perd de sa crédibilité. La seule évocation de l'hypothèse d'un rattachement de Bruxelles à la Wallonie fait frémir les Flamands. Les liens du divorce seraient ils indissolubles ?
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