Bayrou dérape, Cohn Bendit jubile, et l'Europe dans tout ça?Philippe Cohen | Jeudi 4 Juin 2009 à 19:24 | Lu 16666 fois
Grosse baston entre Bayrou et Cohn-Bendit ce soir sur France 2. Triste épilogue d'une campagne qui ne volait déjà pas très haut...
(Capture d'écran - Site de François Bayrou - Site de Daniel Cöhn Bendit)
La campagne européenne va-t-elle finit dans le caniveau achevant de dégoûter les électeurs de voter ? C’est ce qu’on peut se demander en prenant connaissance du buzz qui accompagne l’émission de France 2, enregistrée cet après-midi en vue d’une diffusion ce soir. Manifestement selon les premiers articles du Parisien et du Journal du Dimanche, François Bayrou a été visiblement excédé par les propos et le ton de Daniel Cohn-Bendit : «Mon pote, tu es trop minable, tu ne seras jamais président de la République». Auparavant, François Bayrou lui reprochait d'être allé déjeuner trois fois à l'Elysée, preuve selon lui de sa «connivence» avec Nicolas Sarkozy. Réplique de Cohn-Bendit : «C'est ignoble de ta part». C'est à ce moment-là que le patron du Modem a dérapé, évoquant une autre ignominie à propos d'un affaire ancienne concernant un ouvrage de Daniel Cohn-Bendit publié en 1975, le Grand Bazar. Dans ce livre, Cohn-Bendit, évoquant son expérience d'éducateur dans un jardin d'enfants, relatait l'ambiguïté sexuelle des relations entre adultes et enfants. En 2001, l'Express avait publié un extrait du livre qu'il convient, bien sûr, remettre dans le contexte post-soixantuitard : «Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m'avez-vous choisi, moi, et pas les autres gosses?" Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même» Un bon coup pour les Verts ou le PS ? Dans la polémique qui avait suivi - qu'un concurrent d'extrême gauche avait déjà tenté sans succès de lancer quelques années auparavant - Daniel Cohn-Bendit avait expliqué que «ces lignes étaient aujourd'hui inaudibles, mal écrites. » Manifestement, François Bayrou croit de son côté, qu'il s'agissait d'une faute grave et non d'une simple maladresse. Daniel Cohn-Bendit ne pensait sans doute pas que ce passage du livre susciterait une nouvelle polémique à trois jours du scrutin européen. François Bayrou, sans doute sous pression depuis hier à cause de sondages médiocres (mais, selon lui, manipulés), a commis une bévue qui peut lui coûter cher. Il devrait s'excuser de s'être emporté de cette façon. Les responsables d'Europe-Ecologie seraient élégants de ne pas victimiser leur chef en utilisant la polémique jusqu'à dimanche. Enfin, Martine Aubry ne devrait pas se réjouir de cette baston susceptible d'affaiblir ses deux concurrents. Mais on peut douter que cette triste affaire trouve un semblable dénouement.
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