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Bayrou, allié ou ennemi du PS?Sylvain Lapoix | Vendredi 17 Avril 2009 à 09:49 | Lu 12254 fois
Après les avances de Hollande à Bayrou, Harlem Désir pondère les ardeurs de l'ancien Premier secrétaire : s'ils ont beaucoup en commun, c'est le Modem qui doit faire le premier pas... Serait-ce le premier tango entre le PS et le centre ?
Harlem Désir au meeting de l'Européen le 16.04.2009 (photo : Stéphanie Claverie pour Marianne2.fr)
Le PS ne sait plus où donner de l'alliance. Après la main tendue par François Hollande à François Bayrou, Harlem Désir a tenté ce matin sur RTL de calmer la chamade qui agite le cœur du parti : «sur un certain nombre de point, il a marqué des convergences avec la gauche, expliquait la tête de liste Île-de-France du PS aux européennes. Si François Bayrou estime que le plus grave danger pour le pays, c'est la politique menée par Nicolas Sarkozy et bien il peut appeler à soutenir les positions de la gauche.» Mais les familles sont encore brouillées : entre centre et gauche se rejoue le drame des Montaigu et des Capulets, Roméo et Juliette sont séparés par un balcon ! Si proche et si loin en même temps Harlem Désir le soulignait lui-même : «comme nous, il dénonce les atteintes aux libertés publiques» ou bien la politique économique et sociale de Sarkozy. «Il a voté la mention de censure, rappelle le socialiste avant de pondérer le cœur lourd. Pendant la campagne présidentielle, sa seule priorité, c'était la baisse de la dette.» Le PS, lui, défend la relance par le pouvoir d'achat. Leur amour en est-il rendu impossible ? L'hypothèse est de moins en moins certaine : hier, la ligne du parti consistait à maintenir François Bayrou à droite, à rappeler son appartenance à des gouvernements RPR et son fond démocrate-chrétien-libéral. Mais de même que Ségolène Royal est devenue trop populaire pour être totalement écartée par les socialistes, qui ont récupéré son escapade à Dakar, François Bayrou trône aujourd'hui dans le top 5 des meilleurs opposants à Sarkozy. Et, même à trois ans de la présidentielle, il serait risqué d'insulter l'avenir. Si Hollande tend peut-être la main à Bayrou pour mettre en difficulté Martine Aubry, Harlem Désir lance des œillades pour avoir cet opposant avec lui plutôt que contre. «Il faut aujourd'hui que François Bayrou fasse un choix», répétait-il. Décrédibilisé par ses luttes internes, le Parti socialiste ne peut guère proposer lui-même la valse au Modem sans avoir l'air aux abois. Mais il n'en trépigne pas moins sur sa chaise, pendant ce quart d'heure américain des européennes, de voir le centriste lui proposer une danse, histoire de ne pas avoir juste l'air de garder le sac à sa copine Ségolène Royal...
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