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Barroso en fossoyeur de l'Europe et de la gauche

Mercredi 16 Septembre 2009 à 11:01 | Lu 10515 fois I 69 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Le pourtant très controversé président de la Commission européenne devrait être reconduit dans ses fonctions. Un retour gagnant qui marque la défaite de l’Europe et, avec elle, celle des socialistes européens.


Affligeant, désespérant, rageant même... La défaite de l’Europe a un goût amer. Car il s’agit bien d’une défaite : José Manuel Barroso devrait être reconduit aujourd’hui à la présidence de la Commission européenne. L’ancien Premier ministre portugais n’est certes pas celui par qui tous les malheurs de l’Union européenne sont arrivés, mais il a mis si peu d’ardeur à les empêcher. Et il a mis parfois tellement d’enthousiasme à les provoquer…

Pourtant, pour les conservateurs, on ne change pas un chef d’équipe qui perd et désespère : ils lui apporteront leur soutien. Un soutien aveugle et déconcertant à l’image du discours tenu par Alain Juppé, ce matin même sur Europe 1. Pour le nouveau consultant ès « grand emprunt », si le président de la commission européenne a fait preuve d’une incompétence crasse face à la crise, c’est que Nicolas Sarkozy est grand, beau et fort, et a occupé tout le terrain pendant la présidence de l’Union européenne : « On peut comprendre que José Manuel Barroso ait eu un peu de mal à trouver son espace » !
C’est déjà faire beaucoup d’honneur à notre chef d’Etat. Mais avant les six mois qu’a duré la présidence française de l’Union européenne ? Depuis 2004 ? Et après ? Non, on ne peut pas « comprendre que José Manuel Barroso ait un peu de mal à trouver son espace ». Non, on ne peut pas comprendre qu’il soit reconduit malgré un « discours 2.0 » mâtiné de lutte contre le dumping social et favorable à la taxe Tobin.

Comme on a du mal à admettre que le chef des libéraux, le Belge Guy Verhofstadt, un des candidats de François Bayrou pendant la campagne, lui ait apporté son soutien, fut-il « conditionnel ». Comme on a encore plus de mal à admettre que les socialistes européens ne votent pas contre Barroso. Vous ne rêvez pas : c’est l’abstention qui a été décidée par le groupe des socialistes et démocrates (S&D) face au candidat unique Barroso. On peut reconnaître — une fois n’est coutume — du mérite aux socialistes français : eux qui ont mené campagne sur le thème « Stop à Barroso »  , devraient voter contre. Sans trop tortiller.
Mais leurs autres congénères socialistes ? Ils s’abstiendront ! Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles, explique très bien cette aberration  : ils suivent un Martin Schulz  à la manœuvre. Car le président du groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates espère arracher des miettes au grand banquet de la réélection de Barroso. Ces miettes ? Des postes pour ses petits camarades : « Un calcul pour le moins curieux, note le journaliste de Libération, les gouvernements socialistes se comptant aujourd’hui sur les doigts d’une seule main et les commissaires de droite à satisfaire étant particulièrement nombreux… » Affligeants, désespérants, rageants, ces petits calculs qui marquent en plus de la défaite de l’Europe, celle, aussi, des socialistes européens…










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