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Baroin, porte-parole du gouvernement ou du candidat Sarkozy?

Lundi 15 Novembre 2010 à 12:30 | Lu 8806 fois I 22 commentaire(s)

Pauline Baron - Marianne

Après six longs mois d’attente, le remaniement a enfin eu lieu. Le gouvernement apparaît comme une véritable équipe de campagne, guidée par un seul objectif : la victoire de Nicolas Sarkozy en 2012. Ce matin sur Europe1, François Baroin navigue entre son rôle de porte-parole du gouvernement et de promoteur du candidat Sarkozy.


L’ex-protégé de Jacques Chirac, François Baroin avait commencé à retourner sa veste en acceptant un poste dans le précédent gouvernement. Il achève sa mue pour se mettre au service du candidat Sarkozy, à l’approche de la présidentielle de 2012. Lui, le disciple chiraquien, promu porte-parole du gouvernement Fillon 3, n’a en effet pas hésité, ce matin au micro de Jean-Pierre Elkabbach, à endosser le costume de porte-parole de la campagne du président de la République. « C’est le porte-parole du gouvernement, de l’exécutif sous l’impulsion de l’autorité du président », a-t-il détaillé, défendant à la fois les ministres et les mesures qui seront mises en œuvre pour conditionner « les 18 mois derniers mois utiles pour le pays et pour gagner les élections ».

François Baroin a donc fait preuve d’une allégeance quasi-totale à l’égard de son nouveau mentor et de son second, François Fillon. « Le patron, c’est Nicolas Sarkozy », a-t-il affirmé, reconnaissant tout de même quelques talents au Premier ministre : « il a fait indiscutablement ses preuves en tant que Premier ministre. Celui-ci doit (…) avoir une autorité naturelle sur les ministres, il doit être un chef de gouvernement, un animateur d’équipe et aussi le chef de la majorité. Sur ces trois critères (…), Fillon avait une longueur d’avance ».
 

Et pour marquer sa fidélité, le ministre du Budget, qui a obtenu en plus le portefeuille des comptes publics, a multiplié les preuves d’amour au point de perdre la mémoire aux dépens de son ancien maître. « C’est important de le rappeler, on vit le premier quinquennat… », s’est-il emporté. François Baroin aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. C’est en effet Jacques Chirac qui en 2002 a inauguré le premier quinquennat de l’Histoire politique française. François Baroin aurait pu s'en souvenir, lui qui avait endossé à l’époque le rôle de ministre de l’Outre-mer, puis de l’Intérieur. Seul bémol et signe de différenciation du nouveau porte-parole, il loue à demi-mot la disparition du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale qu'il n'appérciait que peu.

Un gouvernement à l’assaut de la présidentielle de 2012

Au-delà des louanges adressées à Nicolas Sarkozy, le porte-parole du gouvernement a également jeté les bases de sa campagne politique, défendant ainsi les personnalités composant le nouveau gouvernement. « C’est une équipe de gens qui ont l’expérience de l’Etat », selon lui, réfutant l’idée d’un gouvernement mettant à l’honneur l’ex-RPR : « c’est faux. Vous avez des Gaullistes, et le gaullisme est un courant de pensée important et il est précieux qu’il soit présent au sein du gouvernement. Vous avez aussi des centristes à l’intérieur de l’UMP, Michel Mercier a été trésorier de François Bayrou et aujourd’hui il est ministre de la Justice ». Se transformant au fil de l'interview en porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, le ministre du Budget s’est donc permis de dresser la feuille de route de ses collègues : « C’est un gouvernement (…) qui est au service de l’action du président de la République, pour créer les conditions de sa victoire en 2012 (…), pour empêcher le retour de la gauche », a-t-il revendiqué. Après le tout-sauf-Sarkozy, voici donc venu le temps du tout-sauf-la-gauche.

François Baroin ne s’est pourtant pas arrêté là, détaillant également diverses mesures sans doute destinées à rallier de nouveaux électeurs, le tout sans augmenter les impôts : « La ligne droite est claire, on ne touchera pas à l’impôt ». « La réforme de la fiscalité » sera également à l’ordre du jour de ces 18 derniers mois, à condition qu’elle « soit vécue comme juste par tout le monde ».  Pour gagner le cœur des Français, le volet social ne finira pas dans les cartons malgré le départ de Borloo, François Baroin estimant que « dans un pays qui a 56% de dépenses publiques par rapport à sa richesse nationale, on a bien sûr de quoi faire » pour ces chantiers.









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