Barbier se fâche tout rouge, comme son écharpe. Encore!
Jeudi 11 Février 2010 à 05:01 | Lu 43830 fois I 167 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
L'éditorialiste clame sa révolte contre les marchés financiers, la Commission européenne et la Banque centrale européenne. Mieux vaut tard que jamais!
Une fois n’est pas coutume, nous avons beaucoup apprécié le dernier éditorial de Christophe Barbier sur la crise européenne. Le patron de la rédaction de l’Express a trempé sa plume dans un précipité acide pour assaisonner les marchés financiers. « Coût d’Etat ou coup d’Etat », écrit-il pour dire que la soi-disant opération vérité pour l’assainissement des comptes des états européens cache à grand peine les itnérêts des spéculateurs qui l’ont organisée.
« La vérité c'est que les banquiers, après la manne publique a renfloué leurs boutiques, se retournent contre les Etats et spéculent avec les hedge funds contre ceux-là mêmes qui les ont sauvés. »
Christophe Barbier n'est pas moins sévère avec les agences de notation, « arrogantes officines qui distribuent ou retirent des triples A aux entreprises et aux nations comme s'il s'agissait d'andouillettes ».
L'éditorialiste à l'écharpe rouge s'en prend aussi au couple Chinamérique : « La vérité, c'est que les Etats-Unis et la Chine, pour mieux asseoir leur condominium, accusent l'Europe de freiner le redémarrage de l'économie européenne. »
Barbier pourfend aussi Jean-Claude Trichet et sa Banque centrale trop passive, accrochée aux règles plus qu'aux réalités. Sur sa lancée, il dénonce « la Commission Barroso II aussi frileuse que Barroso I », et même « le tandem des ectoplasmes Herman Van Rompuy et Catherine Ashton ».
N'en jetez plus ! Christophe Barbier, inquiet de l'inquiétude de son actionnaire, veut-il faire acte de candidature à Marianne ? Car il faut bien reconnaître que cet incroyable éditorial est plus en phase avec la ligne éditoriale défendue par notre journal qu'avec les analyses défendues par l'Express ces derniers mois. Ainsi l'Express et Christophe Barbier n'ont-ils pas défendu becs et ongles l'imposition, après les référendums irlandais, hollandais et français, du Traité constitutionnel européen dont est issu le couple d'ectoplasmes Van Rompuy-Ashton ?
N'est-ce pas, à l'inverse, Marianne et Marianne2 - et non l'Express - qui, dès août 2009, ont alerté leurs lecteurs sur les risques de voir apparaître des produits financiers spéculateurs autour des dettes des Etats ?
A-t-on jamais lu dans l'Express une critique de la politique monétaire de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE ?
Mais trêve de polémique. L'important est de bien comprendre la signification de la prise de position de l'éditorialiste de l'Express. Christophe Barbier est, n'en doutons pas, sincère. Mais la violence de son éditorial traduit la colère des lecteurs de l'hebdomadaire, cadres et de professions libérales, qui sont de plus en plus inquiets et en colère contre un système qui donne chaque jour des preuves supplémentaires de son inefficience et de sa dangerosité.
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