Banques en forme, salaires rognés. Cherchez l'erreur!
Mercredi 4 Novembre 2009 à 11:51 | Lu 7707 fois I 28 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Invité ce matin de Jean-Pierre Elkabbach, le directeur général du Crédit Agricole a effectué un mea culpa a minima sur la responsabilité des banques dans la crise financière et la nécessité de changer certaines pratiques avant d'annoncer le retour aux profits du Crédit Agricole et d'avouer à demi-mots que la banque profitera des multiples opérations de fusions acquisitions qui s'annoncent dans le secteur...
« La crise est en train de se finir » a déclaré ce matin le directeur général du Crédit Agricole au micro de Jean-Pierre Elkabbach. « Nous avons remboursé notre prêt à l’état d’un montant de trois milliards ainsi que 230 millions d’intérêts qui sont venus en recette pour l’Etat». Heureux les banquiers français qui voient déjà poindre le bout du tunnel quand Gordon Brown, le premier ministre britannique en est encore à renflouer des banques au bord de l’asphyxie. L'Etat a dû annoncer l'injection d'au moins 31 milliards de livres supplémentaires dans les deux banques auxquels pourraient s'ajouter 8 milliards de livres pour protéger RBS au cas où la réduction de sa participation au programme d'assurances de ses actifs toxiques (APS) s'avérait impossible à tenir.
Rien de tout ça au Royaume de France, la Société générale a déjà annoncé des bénéfices de 426 millions d’euros, et le Crédit Agricole devrait annoncer des chiffres positifs la même semaine. Tentant un mea culpa de bonne foi, Georges Pauget n’a toutefois pas relevé la remarque de Jean-Pierre Elkabbach : « les gens ont le sentiment que les profits vont aux actionnaires et les pertes aux contribuables ».
Si l’invité d’Europe 1 a plaidé pour un changement significatif dans l’organisation des établissements bancaires : « elles vont devoir se simplifier, faire leur révolution ». Une révolution en douceur. Car sur le fond rien n’a changé : « quand on voit l’état de la Bourse, on se dit que les banques vont se régaler ?» demande Elkabbach.
- « Bruxelles pousse une partie des banques qui ont des difficultés à vendre leurs activités. C’est sûr que les établissements qui sont en meilleure santé vont en profiter » a répondu Georges Pauget. On ne saurait mieux résumer le cynisme et l’étonnante capacité d’amnésie du système.
Rien de tout ça au Royaume de France, la Société générale a déjà annoncé des bénéfices de 426 millions d’euros, et le Crédit Agricole devrait annoncer des chiffres positifs la même semaine. Tentant un mea culpa de bonne foi, Georges Pauget n’a toutefois pas relevé la remarque de Jean-Pierre Elkabbach : « les gens ont le sentiment que les profits vont aux actionnaires et les pertes aux contribuables ».
Si l’invité d’Europe 1 a plaidé pour un changement significatif dans l’organisation des établissements bancaires : « elles vont devoir se simplifier, faire leur révolution ». Une révolution en douceur. Car sur le fond rien n’a changé : « quand on voit l’état de la Bourse, on se dit que les banques vont se régaler ?» demande Elkabbach.
- « Bruxelles pousse une partie des banques qui ont des difficultés à vendre leurs activités. C’est sûr que les établissements qui sont en meilleure santé vont en profiter » a répondu Georges Pauget. On ne saurait mieux résumer le cynisme et l’étonnante capacité d’amnésie du système.
Les banques renouent avec les profits, les salaires se détériorent
Dans un tout autre registre, alors que ces banquiers préparent déjà l’après-crise, le Bureau International du Travail constatait hier dans une étude que « la croissance mondiale des salaires réels s’est considérablement ralentie en 2008 en raison de la crise économique et devrait chuter encore cette année malgré des signes d’éventuelle reprise économique ».
«La détérioration continue des salaires réels à l’échelle mondiale soulève de fortes interrogations quant à la véritable étendue du redressement économique, notamment si les gouvernements abandonnent trop tôt leurs plans de relance. La déflation des salaires prive les économies nationales de la demande dont elles ont tant besoin et nuit gravement à la confiance», affirmait Manuela Tomei, Directrice du Programme du BIT sur les conditions d’emploi et de travail, et principal auteur de cette étude.
Un ralentissement de la hausse des salaires que le BIT attribue à la crise financière tout en considérant que « les années de stagnation des salaires par rapport aux gains de productivité – parallèlement à des inégalités croissantes – ont contribué à la crise en limitant la capacité de nombreux ménages à augmenter leur consommation sans recourir à l’endettement ». CQFD.
«La détérioration continue des salaires réels à l’échelle mondiale soulève de fortes interrogations quant à la véritable étendue du redressement économique, notamment si les gouvernements abandonnent trop tôt leurs plans de relance. La déflation des salaires prive les économies nationales de la demande dont elles ont tant besoin et nuit gravement à la confiance», affirmait Manuela Tomei, Directrice du Programme du BIT sur les conditions d’emploi et de travail, et principal auteur de cette étude.
Un ralentissement de la hausse des salaires que le BIT attribue à la crise financière tout en considérant que « les années de stagnation des salaires par rapport aux gains de productivité – parallèlement à des inégalités croissantes – ont contribué à la crise en limitant la capacité de nombreux ménages à augmenter leur consommation sans recourir à l’endettement ». CQFD.
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