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Balkany, l'homme le plus honnête de la terre, épinglé par un rapport

Mardi 30 Juin 2009 à 07:01 | Lu 10246 fois I 70 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, s'est aussi auto-décerné le titre d'homme le plus honnête de la terre. Si l'ambition à long terme est louable. La Chambre régionale des comptes d'ïle de France émet encore quelques réserves...


Patrick Balkany dans le bureau de sa mairie de Levallois Perret
Patrick Balkany dans le bureau de sa mairie de Levallois Perret

Déjà en 1995, il avait lâché « je suis l’homme le plus honnête de la terre », ce pourquoi il aurait au moins mérité le prix de l’humour politique. Depuis, Patrick Balkany, c’est de lui qu’il s’agit, s’est expliqué sur ses déboires avec la justice, notamment récemment chez Thierry Ardisson : « Vous savez, c'était l'époque où je faisais venir tous les chefs d'entreprise, j'ai transformé la ville et au lieu de bouffer à la mairie, je les emmenais bouffer chez moi. Maintenant, ils bouffent à la mairie et plus chez moi. Point. Et moi je suis au contraire quelqu'un qui n'a jamais eu une note de frais, qui ne se fait jamais rien rembourser. Je suis très soucieux de cela ». Bref, rien de très grave, tout juste quelques négligences. Juré craché, on ne l’y reprendrait plus.

Patatras ! Dans un rapport sévère auquel l’AFP a eu accès, la chambre régionale des comptes d’Ile de France pointe la gestion de la ville de Levallois-Perret, dont le maire est Patrick Balkany (UMP) et la première adjointe sa femme Isabelle : explosion des dépenses, cérémonies coûteuses, utilisations abusives des véhicules de fonction…

Une vision comptable de la Mairie


La CRC note, par exemple, que l’endettement a progressé de 51% entre 2000 et 2006 passant de 156 à 236 millions d’euros.  En outre, la CRC précise que la ville a émis des billets de trésorerie pour plus de 200 millions d’euros non intégrés dans le calcul de la dette, ce qui pose « un problème de sincérité du niveau d'endettement (...) ».
Au chapitre des dépenses, le rapport souligne le coût des « fêtes et cérémonies », passé de 239.951 euros à 484.052 euros entre 2000 et 2005, voire « même à plus d'un million d'euros, en tenant compte des 525.000 euros de dépenses réalisés par l'association Levallois Communication », subventionnée par la ville. On sait vivre à Levallois-Perret.

Le rapport se penche enfin sur la société d'économie mixte d'aménagement de la ville, la Semarelp. Selon la CRC, « La constitution d'un groupe de sociétés autour de cette structure a conduit la commune à détenir de fait, sur une période du plus de 20 ans, 80% de trois sociétés à responsabilité limitée (SARL) et 15 à 80% d'une quarantaine de sociétés civiles et commerciale ».

Isabelle Balkany, qui conteste point par point ce rapport, «qui se limite à une vision comptable des choses», estime en outre que la ville possède des «spécificités, injustement ignorées » par l'analyse de la CRC, comme « son dynamisme économique, sa qualité de vie et les services publics diversifiés proposés à la population (...)».

Sans compter le fait d’être dirigée par l’homme le plus honnête de la terre.








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