Marianne2 2012

BHL, Dray, Lang: le PS est malade? Tuons-le!

Mardi 21 Juillet 2009 à 17:33 | Lu 11486 fois I 125 commentaire(s)

Sylvain Lapoix - Marianne

Dans leurs sorties contre le PS archaîque et sa cheftaine, Lang, BHL et Julien Dray encensent DSK, Manuel Valls et autres chantres d'une social-démocratie qui, par un blanc-seing au libéralisme, défendent un système dont la crise a démontré la dangerosité.


photo: DSK, affiche pour les primaires socialistes 2007/ Valls, émission On n'est pas couchés, 22/09/07
photo: DSK, affiche pour les primaires socialistes 2007/ Valls, émission On n'est pas couchés, 22/09/07
Propulsés derniers espoirs du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn et Manuel Valls réservent jalousement leurs paroles théoriques aux sommets de la finance. Le premier ne sort de la tour d'ivoire du FMI que pour prodiguer quelques conseils à un G8 où il n'apparaît qu'entre deux portes. Le second livre la formule de son programme à ressusciter le PS dans le Financial Times, le quotidien des traders, boursicoteurs et décideurs financiers qui fait pulser le cœur de la City.

Pas de hasard dans ce choix : comme DSK, Valls s'accommode parfaitement du capitalisme financier dont le quotidien londonien est la gazette. Dans sa tribune, il encourage le PS à se faire une bonne fois pour toute à la mondialisation de l'économie et à l'individualisation de la société. Malgré ces prises de positions dignes d'un porte-parole des libéraux démocrates européens, la liste des zélateurs de Valls ne cesse de s'allonger.

Lang, Montebourg, Peillon, Filipetti... et BHL !

Mardi 21 juillet au matin sur RTL, Jack Lang s'ajoutait lui-même à la liste des soutiens du maire d'Evry jugeant que le PS avait besoin du concours de «tous les talents, en particulier, l'homme dont on a beaucoup parlé récemment, Manuel Valls, qui est un des personnages prometteurs du Parti socialiste.» Le jeune ambitieux n'en demandait pas tant, lui qui énumérait une semaine plus tôt sur Europe 1, avec gourmandise, la liste de ceux qui le soutenaient dans son face à face avec Martine Aubry : il y comptait Arnaud Montebourg, également favorable à l'abandon du nom Parti socialiste, Vincent Peillon et Aurélie Filipetti, qui saluait la démarche de Manuel Valls et le courage dont il faisait preuve en affichant ses ambitions.

Absent de cette liste, Bernard Henri-Lévy l'avait pourtant porté aux nues dans le Journal du Dimanche du 19 juillet aux côtés de DSK... et de Ségolène Royal ! Pour l'outsider, seuls ces trois là pourraient être à l'origine du «big bang» nécessaire au PS, qu'il préconise de détruire.

Et avec les idées que Valls propose, aucun doute que le PS risque d'exploser : «Dès lors qu'il n'y a pas d'alternative au système capitaliste et à l'économie de marché, il y a d'innombrables méthodes qui nous permettront d'augmenter les choix disponibles pour chaque individus», conclut-t-il dans la tribune publiée dans le FT, insistant sur le fait qu'il s'agit selon lui «de la meilleur et de la seule façon de réinjecter du sens dans les vieilles luttes de la gauche.» Si on peut comprendre le désir de s'opposer à Martine Aubry, les socialistes n'ont-ils d'autre choix que de rallier des propos pareils ?

Même équation pour Dominique Strauss-Kahn : si Gérard Colomb l'attend comme un sauveur, armé de sa social-démocratie «moderne sans tabou», beaucoup se contentent de lorgner sur le baromètre Paris Match qui fait du patron du FMI l'homme le plus populaire auprès des Français. Qu'importe s'il ramène avec lui des idées de régulation «modérée» de l'économie, au moment précis où les banques recommencent à spéculer, la recherche d'une nouvelle tête au PS, au lieu d'être l'occasion d'une nécessaire remise en cause est plutôt un concours de beauté médiatique. Et, malgré le coup de vieux de leurs idées après la chute de Lehmann Brothers, DSK et Valls brillent au milieu des ternes éléphants.








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez