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Avec la réforme des retraites, le NPA veut se refaire la cerise

Mardi 7 Septembre 2010 à 05:01 | Lu 5105 fois I 13 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Le Nouveau parti anticapitaliste voit dans la rentrée sociale un tremplin pour enfin se relancer. Mais que la mobilisation soit au rendez-vous ou pas, il reste encore beaucoup de questions à régler en interne…


Avec la manifestation contre les retraites de ce mardi, le NPA se sent pousser des ailes, lui qui depuis des mois maintenant fait du rase-mottes, passant même à plusieurs reprises à deux doigts du crash fatal. Pierre-François Grond, « numéro 2 » de la formation anticapitaliste, le reconnaît très volontiers : « Après notre congrès, nous avons connu un trou d’air. Nous étions divisés sur les questions de tactique électorale. Il y a eu aussi l’affaire du voile aux régionales. Et nous avons manqué de carburant avec un mouvement social atone. »

Le « carburant » du mécontentement ferait donc son retour et l’automne à venir serait pour ainsi dire... le printemps du NPA. Du moins, Pierre-François Grond l’espère-t-il : « Une grande partie du rapport de force se joue maintenant. À la réforme des retraites, vient s’ajouter l’affaire Woerth qui nous éclaire sur la nature du sarkozysme : une oligarchie financière, une justice aux ordres et un rapport très particulier aux médias… » Et le NPA dans sa version « rentrée 2010 » veut apparaître plus « unitaire » qu’il ne l’a jamais été : « Nous sommes disponibles pour mener des actions communes avec les autres formations, explique Grond, Nous sommes prêts à participer à des meetings unitaires. C’est le sens, par exemple, de la présence d’Olivier Besancenot à l’université d’été du courant de Benoît Hamon (à partir du 17 septembre au Vieux Boucau, ndlr). »

Avant même que n’éclate l’once du début d’une polémique, Pierre François Grond prend les devants et fait profil bas vis-à-vis des syndicats : « Nous ne cherchons pas à nous substituer à eux », affirme-t-il. Mais le numéro deux de feu la LCR ne peut s’empêcher de noter chez les représentants des salariés des « options stratégiques très différentes ». À commencer par la CFDT avec un « Chérèque qui avance, un Chérèque qui recule » au gré du temps. Qu’importe. On est loin de l’ambiance à couteaux tirés qui pouvait régner entre NPA et syndicats à la rentrée dernière…

Mais pour certains, ce nouveau visage qu’offre le parti anticapitaliste n’est pas encore suffisant. « Nous sommes unitaires, c’est vrai. Pour deux. Pour trois. Mais seulement sur le terrain social », regrette par exemple Yann Cochin, un des représentants de l'aile du NPA la « moins hostile » au Front de gauche. Car à l’en croire, sur le terrain politique, son parti n’a pas vraiment évolué. La stratégie du « cavalier solitaire » aux dernières élections ne s’est pourtant pas révélée payante. Loin s’en faut. Besancenot a coutume de dire que « le NPA apprend en marchant ». Selon Cochin, il n’apprendrait pas en tombant…

Mais la question de la stratégie politique du NPA reviendra inévitablement sur le tapis lors de son prochain congrès. Que le mouvement social de cette rentrée soit massif ou pas. Tout comme le cas de la candidate voilée du NPA, en Vaucluse, lors des élections régionales. Yann Cochin le prédit. Et notre homme reconnaît qu’il sera difficile, sur ce dernier sujet, de trouver une position commune : « C’est une question compliquée. Au NPA, les pratiques sont très différentes d’une région à une autre. Et les positions aussi : entre les laïques, les féministes et certains jeunes adhérents qui veulent mener un travail de fond dans les quartiers populaires et sont parfois prêts à mettre un mouchoir sur leurs convictions… »

Reste une autre question de taille : celle de la succession d’Olivier Besancenot. L’éternel jeune premier du NPA semble décidé à se mettre en retrait. Depuis des mois, il n’a de cesse d’expliquer vouloir voir naître une nouvelle génération de porte-paroles. Des noms commencent d’ailleurs à circuler pour prendre sa suite, comme celui de Myriam Martin notamment. Mais vingt mois d’ici la présidentielle, c’est un peu court pour faire émerger une nouvelle personnalité. Que le mouvement social soit massif ou pas…








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