Avec Kouchner, La Palice est au quai d'Orsay
Mercredi 2 Juin 2010 à 12:13 | Lu 12508 fois I 25 commentaire(s)
Bénédicte Charles - Marianne
Ce matin sur RTL, le ministre français des Affaires étrangères réagissait à l'opération de l'armée israélienne contre la flottille de militants pro-palestiniens. Un discours plein de bons sentiments pour un ministre plus transparent que jamais, et dont on annonce le remplacement par Alain Juppé.
(capture : Dailymotion.com / RTL.fr)
Il aurait été intéressant de savoir ce que le promoteur du droit d’ingérence humanitaire pensait vraiment de la « mission » Free Gaza et de l’accueil que lui a réservé l’armée israélienne. Las. Interrogé ce matin sur RTL, Bernard Kouchner s’est montré plus transparent encore qu’à l’habitude, méritant parfaitement l’appellation de « locataire du quai d’Orsay » généralement dévolue aux ministres des Affaires étrangères dont on sait qu’ils ne marqueront pas la diplomatie française. Ledit locataire semble même en fin de bail, selon le Figaro du 1° juin, Alain Juppé étant donné favori pour lui succéder....
Au micro de Jean-Michel Apathie en tout cas, il s’est contenté d’aligner les considérations molles, se retranchant derrière la déclaration du conseil de sécurité de l’ONU qui a appelé lundi, à l’unanimité, à « lancer sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente, conforme aux critères internationaux ». « La France souhaite que la déclaration du Conseil de sécurité soit complètement appliquée », a ainsi déclaré le ministre.
Si Bernard Kouchner s’est quand même aventuré à qualifier l’attitude d’Israël de « très grave erreur, sinon une faute », « extrêmement dommageable pour l'image d'Israël », il a cependant refusé catégoriquement de répondre aux (nombreuses) questions d’Aphatie sur d’éventuelles sanctions contre l’Etat hébreu : « Quelles sanctions ? et pourquoi ? il faut d'abord que l'on connaisse les faits ». Une prudence qui est tout à l’honneur du ministre. On ne peut d’ailleurs que regretter qu’il n’ait pas toujours les mêmes préventions, notamment en ce qui concerne les opposants au régime rwandais réfugiés en France, et que les autorités nationales n’hésitent pas, avec la bénédiction du quai d’Orsay, à arrêter et livrer au régime du président Kagamé. Sans que leur participation au génocide rwandais soit établie. Et ce alors que l’enquête sur la responsabilité de Kagamé dans ledit génocide n’est toujours pas close.
Bref, dans les affaires qu’elle est seule à gérer, la diplomatie française ne fait pas toujours la part belle à la présomption d’innocence. C’est sans doute plus facile de la proclamer dans les dossiers où nous sommes totalement impuissants, ce que Kouchner résume par cette litote : « nous n'avons pas inventé encore les moyens d'être plus actifs que nous ne le sommes ». Néanmoins, Bernard Kouchner se veut optimiste sur le processus de paix et continue à croire que « nous y parviendrons ». « Cinq minutes avant de mourir, il vivait encore », disait Monsieur de la Palice.
Cette semaine, Marianne a consascré sa une à Bernard Kouchner.
Retrouvez l'enquête de Denis Jeambar en achetant ce numéro en kiosque ou en version numérique.
Au micro de Jean-Michel Apathie en tout cas, il s’est contenté d’aligner les considérations molles, se retranchant derrière la déclaration du conseil de sécurité de l’ONU qui a appelé lundi, à l’unanimité, à « lancer sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente, conforme aux critères internationaux ». « La France souhaite que la déclaration du Conseil de sécurité soit complètement appliquée », a ainsi déclaré le ministre.
Si Bernard Kouchner s’est quand même aventuré à qualifier l’attitude d’Israël de « très grave erreur, sinon une faute », « extrêmement dommageable pour l'image d'Israël », il a cependant refusé catégoriquement de répondre aux (nombreuses) questions d’Aphatie sur d’éventuelles sanctions contre l’Etat hébreu : « Quelles sanctions ? et pourquoi ? il faut d'abord que l'on connaisse les faits ». Une prudence qui est tout à l’honneur du ministre. On ne peut d’ailleurs que regretter qu’il n’ait pas toujours les mêmes préventions, notamment en ce qui concerne les opposants au régime rwandais réfugiés en France, et que les autorités nationales n’hésitent pas, avec la bénédiction du quai d’Orsay, à arrêter et livrer au régime du président Kagamé. Sans que leur participation au génocide rwandais soit établie. Et ce alors que l’enquête sur la responsabilité de Kagamé dans ledit génocide n’est toujours pas close.
Bref, dans les affaires qu’elle est seule à gérer, la diplomatie française ne fait pas toujours la part belle à la présomption d’innocence. C’est sans doute plus facile de la proclamer dans les dossiers où nous sommes totalement impuissants, ce que Kouchner résume par cette litote : « nous n'avons pas inventé encore les moyens d'être plus actifs que nous ne le sommes ». Néanmoins, Bernard Kouchner se veut optimiste sur le processus de paix et continue à croire que « nous y parviendrons ». « Cinq minutes avant de mourir, il vivait encore », disait Monsieur de la Palice.
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