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Avant même la crise, les subprimes avaient déjà coûté un max

Mercredi 6 Mai 2009 à 12:09 | Lu 6214 fois I 6 commentaire(s)

Hervé Nathan

Les établissements de crédit américains avaient dépensé 370 millions de dollars pour obtenir que les pouvoirs publics assouplissent la réglementation du marché des subprimes.


(SliceofNYC-flickr-cc)
(SliceofNYC-flickr-cc)
La crise des subprimes n’est pas tombée du ciel : les banques avaient dépensé beaucoup d’argent en lobbying pour obtenir la dérégulation la plus profonde possible du marché du crédit hypothécaire. C’est ce que révèle le think tank libéral (au sens américain du terme, c’est-à-dire plutôt à gauche) Centre for Public Integrity (CPI). Dans une étude à paraître, révélée ce matin par le Financial Times, le CPI a fait les comptes des dépenses de lobbying des 25 plus grands établissements de crédit hypothécaire auprès des pouvoirs publics : dans les 10 dernières années ils auraient claqué 370 millions de dollars !  La plupart de ces établissements sont aujourd’hui en faillite. Quant aux banques qui leur avaient prêté l’argent et se retrouvent aujourd’hui avec 700 milliards de dollars de créances hypothécaires irrécouvrables, elles avaient aussi participé au lobbying !

Les politiciens et l’Etat complices des établissements de crédit

Les politiciens américains ne sont pas épargnés par ces révélations : ils ont fini par accepter de les déréguler, ces prêts hypothécaires… C’est ainsi qu’on  a vu des courtiers véreux sillonner les villes de Californie en proposant des emprunts à des ménages absolument incapables de payer les intérêts. Avec le résultat final que l’on sait.

Mais l’administration américaine elle-même a poussé ce mécanisme des subprimes. Les gouvernements Clinton et Bush ont donné l’ordre aux deux agences semi publiques (Fanny Mae et Freddy Mac) d’accepter de plus en plus de créances sur les ménages pauvres, voire pauvres et minoritaires (noirs, hispaniques). Jusqu’à 50% de leurs encours de prêts* ! Cela permettait de ne pas se poser la question de l’intervention de l’Etat dans la question du logement des travailleurs pauvres, ou de donner l’illusion que le marché allait s’occuper des discriminations raciales.

Le plus cocasse, c’est que Nicolas Sarkozy, était revenu enthousiasmé d’un voyage aux Etats-Unis effectué en 2005 alors qu’il était ministre des Finances. Au point qu’il avait voulu adapter les prêts hypothécaires à la France. Quelle prescience !


* Lire : « Les Bobards économiques » par Hervé Nathan et Nicolas Prissette, Hachette Littérature.








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