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Aubry lance une campagne européenne à l'économie

Gérald Andrieu | Samedi 25 Avril 2009 à 16:58 | Lu 8867 fois

Le meeting de lancement de la campagne européenne du PS à Toulouse a offert l'image d'un parti rassemblé derrière Martine Aubry. Mais l'unité n'est qu'une façade: en coulisses, on continue à aiguiser les couteaux...



(photo : Pierre Morel pour Marianne)
(photo : Pierre Morel pour Marianne)


Le visage de l’unité retrouvée, c’est ce que Martine Aubry a voulu à tout prix offrir à Toulouse. Unité des membres du Parti socialiste européen autour d’un texte, le Manifesto, censé conduire à une « Europe nouvelle un peu moins sauvage que ce capitalisme qui nous amène au mur ». Un texte ratifié par « vingt-sept partis qui ont décidé, par-delà leurs différences, leurs sensibilités, de se réunir sur l'essentiel » et de dire : « Les citoyens d'abord. People first ! »


Unité aussi des socialistes français clairement engagés dans un combat les opposant à un ennemi commun : Nicolas Sarkozy. Un Nicolas Sarkozy qui « ne veut pas réduire les inégalités » et qui, pire, « souvent les provoque ». Un Nicolas Sarkozy qui « n’entend rien », incapable qu’il est de « supprimer le bouclier fiscal » et de proposer « un plan de relance digne de ce nom ».




Mais le PS n’a encore que le visage de l’unité. Pour l’union sacrée, il faudra repasser. Car si Martine Aubry n’a pas retenu ses coups contre le chef de l’Etat, elle a soigneusement évité de trop s’attaquer à José Manuel Barroso. Comment faire autrement ? Les socialistes français ont décidé de faire campagne contre lui alors même que certains de leurs partenaires du PSE, présents dans la Halle aux grains toulousaine, ont déjà apporté leur soutien à l’actuel Président de la commission...


Unité de façade aussi sur le « cas Bayrou ». A la force du « nous », Martine Aubry a tenté de montrer que Solférino avait une ligne claire sur le sujet et a essayé de renvoyer dans les cordes ceux qui, comme François Hollande récemment,  engageraient volontiers un dialogue avec le patron du MoDem : « Non, non, non, on ne le siffle pas ! Il vaut mieux savoir où il en est aujourd'hui et lui demander où il sera demain. Mais pour l’instant, nous savons où il se trouve. Sa voix n’a pas souvent manqué à la droite européenne pour voter les directives que nous avons tous combattues. Et puis il fait partie de ce groupe, le parti libéral. (...) Nous, nous le savons. Il faut le savoir. Il faut le faire savoir. »


Et ce vernis de l’unité peut se craqueler au soir même du 7 juin. Jean-Christophe Cambadélis le sait bien. Le directeur de campagne prépare le terrain en expliquant que le PS fera nécessairement moins bien qu’en 2004 (près de 29%),  que la dynamique n’est pas la même, que le nombre d’eurodéputés auquel a droit la France a baissé et qu’à partir de 20% la satisfaction des socialistes sera de mise. Pour l’instant, les sondages donnent les troupes de Martine Aubry entre 23%  et 25%.


Mais n’en déplaise à Cambadélis, si le PS se rapproche plus des 20% que des 25%, la satisfaction ne sera pas de mise : le vernis de l’unité volera en éclats et les plaies du parti se révèleront à nouveau au grand jour. Ils sont nombreux, à l’intérieur même de la maison socialiste, à attendre, des sacs de gros sel à portée de main, pour les raviver...




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