Aubry a trouvé le PS… mais le PS ne l'a pas trouvée
Mercredi 25 Novembre 2009 à 07:01 | Lu 6280 fois I 88 commentaire(s)
Luc Mandret - Blogueur associé
Martine Aubry a de bonnes idées, un bon sens politique; pour Luc Mandret, elle a donc la carrure politique pour préparer l'avenir du PS. Mais le PS ne l'a pas compris, et continue de s'épuiser en vaines disputes.
La communication politique de la Première Secrétaire du Parti Socialiste est bien mystérieuse. Peut-être devrait-elle s’entourer d’un spindoctor. Et si en réalité elle n’était une adepte de la gestion du désir, la méthode chère à feu Jacques Pilhan : se cacher, réapparaitre pour exister mieux.
Nicolas écrit sur son blog : « J’étais scié en écoutant le journal de France Info, ce matin. Une des principales informations était le discours de Martine Aubry devant le congrès des jeunes socialistes en peau de lapin. C’est rare qu’elle fasse l’actualité ! » Car en effet, Aubry a pris très peu la parole, subissant les actualités de son parti, notamment lors des bisbilles entre Ségolène Royal et Vincent Peillon. Une stratégie qui énerve, notamment Elmone : « le bottage en touche sur France 2 de Martine Aubry (relevé par Pujadas) dans le match Peillon Ségolène m’a agacé ».
Le discours de Martine Aubry à Grenoble est intéressant, tant sur le fond que sur la forme. Même Le Point relate les positions de la patronne du PS : Aubry attaque Sarkozy sur l’identité nationale et plaide pour l’adoption homosexuelle. Une Aubry forte et combattive, en chef de file d’un parti de l’opposition, fière combattante de la politique du gouvernement actuel. Une posture que l’on attend de sa part, une posture rare (et c’est bien dommage) pour une personnalité de premier plan au Parti Socialiste. Ou pour être plus honnête : une prise de position rare tant les problèmes internes ne sont nullement évoqués. Car l’opposition existe, l’alternative existe, mais ces deux sont totalement brouillés par les déchirements socialistes, bien plus vendeurs.
Et Martine Aubry créa l’agenda politique et médiatique. Les médias en font leurs premiers titres, l’UMP se voit obligée de répondre, de commenter, de contre-attaquer. Dans cette posture, celui qui lance le débat est toujours déclaré vainqueur. Voilà qui devrait réjouir Martine Aubry. Martine Aubry qui a réussi son coup grâce à sa stratégie du désir, stratégie du manque. Un poste de premier plan, la leader du parti d’opposition, qui fait d’elle un pion indispensable de l’échiquier politique, dont les paroles sont analysées et disséquées.
Face à Nicolas Sarkozy, perpétuellement sur le devant de la scène, entrainant chaque jour les médias et les politiques à traiter les histoires qu’il raconte, face à ses camarades socialistes (Ségolène Royal en premier) qui ne cessent d’occuper le territoire médiatique accordé à l’opposition, Martine Aubry aurait donc choisi la gestion du désir comme stratégie de communication politique. Prendre peu la parole, mais la prendre bien.
Une stratégie inattendue et courageuse (certains diraient suicidaire) pour cette époque de l’éphémère et de l’instant, où chaque actualité en chasse une autre. Le pari d’Aubry en choisissant cette communication politique pourrait réussir grâce à deux facteurs. Être seule sur un créneau, personne n’agit comme elle, et si les Français se lassent de l’omniprésence - qu’ils pourraient juger inefficace et contreproductive - des autres leaders politiques, elle se démarquerait sur un terrain inoccupé. Se positionner dans l’inconscient des Français : en ne parlant que rarement, Martine Aubry pourrait séduire les socialistes dans un premier temps, les électeurs dans un second, qui pourraient voir en elle une posture digne d’un Chef d’Etat.
Martine Aubry : des propos rares mais fédérateurs et efficaces. Au-dessus de la mêlée, pour diriger la mêlée. Car c’est bien là tout l’enjeu, encore et toujours : les présidentielles de 2012. Alors, Martine Aubry candidate du PS en 2012 ?
Mais Martine Aubry est faible : pas de troupes, pas de porte-flingue. Une légitimité contestée lors de son élection. Des conseillers en communication jeunes et inexpérimentés, un positionnement concernant les alliances avec le MoDem totalement flou (je vous conseille les articles du Chafouin sur ces deux points ). Et surtout un manque de soutien flagrant. Les répercussions du discours de Martine Aubry le prouvent incontestablement : où sont les cadres du PS pour lui emboiter le pas et marteler les propositions de la chef du PS ? Où sont les blogueurs qui relayent les propos et de Martine Aubry ? Où sont les porte-flingues qui devraient descendre toutes les attaques de l’UMP ?
Martine Aubry a probablement défini sa stratégie. Ne lui reste plus qu’à la faire admettre, et à mobiliser les troupes autour d’elle. Autrement dit, le plus difficile reste à faire, au regard de l’état du Parti Socialiste.
Retrouvez les articles de Luc Mandret sur son blog
Nicolas écrit sur son blog : « J’étais scié en écoutant le journal de France Info, ce matin. Une des principales informations était le discours de Martine Aubry devant le congrès des jeunes socialistes en peau de lapin. C’est rare qu’elle fasse l’actualité ! » Car en effet, Aubry a pris très peu la parole, subissant les actualités de son parti, notamment lors des bisbilles entre Ségolène Royal et Vincent Peillon. Une stratégie qui énerve, notamment Elmone : « le bottage en touche sur France 2 de Martine Aubry (relevé par Pujadas) dans le match Peillon Ségolène m’a agacé ».
Le discours de Martine Aubry à Grenoble est intéressant, tant sur le fond que sur la forme. Même Le Point relate les positions de la patronne du PS : Aubry attaque Sarkozy sur l’identité nationale et plaide pour l’adoption homosexuelle. Une Aubry forte et combattive, en chef de file d’un parti de l’opposition, fière combattante de la politique du gouvernement actuel. Une posture que l’on attend de sa part, une posture rare (et c’est bien dommage) pour une personnalité de premier plan au Parti Socialiste. Ou pour être plus honnête : une prise de position rare tant les problèmes internes ne sont nullement évoqués. Car l’opposition existe, l’alternative existe, mais ces deux sont totalement brouillés par les déchirements socialistes, bien plus vendeurs.
Et Martine Aubry créa l’agenda politique et médiatique. Les médias en font leurs premiers titres, l’UMP se voit obligée de répondre, de commenter, de contre-attaquer. Dans cette posture, celui qui lance le débat est toujours déclaré vainqueur. Voilà qui devrait réjouir Martine Aubry. Martine Aubry qui a réussi son coup grâce à sa stratégie du désir, stratégie du manque. Un poste de premier plan, la leader du parti d’opposition, qui fait d’elle un pion indispensable de l’échiquier politique, dont les paroles sont analysées et disséquées.
Face à Nicolas Sarkozy, perpétuellement sur le devant de la scène, entrainant chaque jour les médias et les politiques à traiter les histoires qu’il raconte, face à ses camarades socialistes (Ségolène Royal en premier) qui ne cessent d’occuper le territoire médiatique accordé à l’opposition, Martine Aubry aurait donc choisi la gestion du désir comme stratégie de communication politique. Prendre peu la parole, mais la prendre bien.
Une stratégie inattendue et courageuse (certains diraient suicidaire) pour cette époque de l’éphémère et de l’instant, où chaque actualité en chasse une autre. Le pari d’Aubry en choisissant cette communication politique pourrait réussir grâce à deux facteurs. Être seule sur un créneau, personne n’agit comme elle, et si les Français se lassent de l’omniprésence - qu’ils pourraient juger inefficace et contreproductive - des autres leaders politiques, elle se démarquerait sur un terrain inoccupé. Se positionner dans l’inconscient des Français : en ne parlant que rarement, Martine Aubry pourrait séduire les socialistes dans un premier temps, les électeurs dans un second, qui pourraient voir en elle une posture digne d’un Chef d’Etat.
Martine Aubry : des propos rares mais fédérateurs et efficaces. Au-dessus de la mêlée, pour diriger la mêlée. Car c’est bien là tout l’enjeu, encore et toujours : les présidentielles de 2012. Alors, Martine Aubry candidate du PS en 2012 ?
Mais Martine Aubry est faible : pas de troupes, pas de porte-flingue. Une légitimité contestée lors de son élection. Des conseillers en communication jeunes et inexpérimentés, un positionnement concernant les alliances avec le MoDem totalement flou (je vous conseille les articles du Chafouin sur ces deux points ). Et surtout un manque de soutien flagrant. Les répercussions du discours de Martine Aubry le prouvent incontestablement : où sont les cadres du PS pour lui emboiter le pas et marteler les propositions de la chef du PS ? Où sont les blogueurs qui relayent les propos et de Martine Aubry ? Où sont les porte-flingues qui devraient descendre toutes les attaques de l’UMP ?
Martine Aubry a probablement défini sa stratégie. Ne lui reste plus qu’à la faire admettre, et à mobiliser les troupes autour d’elle. Autrement dit, le plus difficile reste à faire, au regard de l’état du Parti Socialiste.
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