Aubry/Hollande: les mélenchonistes choisiront-ils?
Jeudi 13 Octobre 2011 à 18:01 | Lu 11492 fois I 74 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
Dimanche dernier, certains militants du Front de gauche ont contribué à faire de Montebourg le troisième homme des primaires socialistes. Mais qu’en sera-t-il au second tour ? Iront-ils voter pour l’un des « socialistes austères » ou s’en laveront-ils les mains ? Les plus cavaliers pourraient bien voter Aubry, « la moins pire ». Pas sûr pourtant que cela arrange les affaires de Jean-Luc Mélenchon….
Ce n’est pas un secret, en dépit de la ligne officielle, certains militants du Front de gauche ont glissé un bulletin en faveur de Montebourg dans les urnes des primaires socialistes. Ceux-là – qui critiquent pourtant les allures de « casting » prises par ce processus de désignation – disent avoir « voté au nom de leurs idées ». Cet acte - ils l’espéraient - obligerait les deux têtes d’affiches à regarder vers leur gauche. Pari en partie réussi : le score arraché par Montebourg (plus de 17% alors que les sondages le plaçaient autour de 10%) et son aplomb face aux deux « impétrants » les a visiblement contraint à muscler enfin leur discours, au moins sur les banques. Mais surtout, le plébiscite reçu par le troisième homme, celui de la démondialisation, donne des raisons aux électeurs de regarder plus attentivement dans la direction de Jean-Luc Mélenchon. Un candidat qui rêve aussi de faire mentir les estimations de vote en 2012.
La mobilisation de ces militants du Front de gauche s’arrêtera-t-elle là ou voteront-ils au second tour des primaires ? Et pour qui ? Comment choisir entre les deux « socialistes austères » tant décriés par Jean-Luc Mélenchon ? Trois scénarios sont envisageables...
La mobilisation de ces militants du Front de gauche s’arrêtera-t-elle là ou voteront-ils au second tour des primaires ? Et pour qui ? Comment choisir entre les deux « socialistes austères » tant décriés par Jean-Luc Mélenchon ? Trois scénarios sont envisageables...
Un vote « one shot »
Pour les « montebouristes » du Front de gauche, le vote de dimanche dernier n’était qu’un «one shot». Hors de question d’aller voter au second tour. Ni pour le « pire » (Hollande) ni pour la « moins pire » (Aubry)… Ou vice versa. Parce qu'au Parti de gauche(PG), l’avis n’est curieusement pas unanime. Choix cornélien – tout comme pour Montebourg – entre un Hollande plus « proche du centre » que de la gauche et une Aubry « faiblarde sur le cumul des mandats » et sur l’affaire Guérini.
L'objection selon laquelle ils auraient ainsi l'opportunité de choisir à qui ils donneront leur voix au second tour en 2012 n'a pas voix au chapitre. La rengaine est toujours la même : les militants du Front de gauche clament voter uniquement en fonction de leurs idées, sans concessions. Et dénoncent la « culpabilisation » par le « vote utile ». Ils imaginent déjà surfer sur la vague Montebourg – ce que n’a pas manqué de faire Mélenchon en répondant à sa lettre – pour espérer capter une partie de son électorat au premier tour de la présidentielle. « Vous avez aimé Montebourg ? Vous adorerez le Front de gauche !», résume sur son blog Alexis Corbière, secrétaire national du PG.
L'objection selon laquelle ils auraient ainsi l'opportunité de choisir à qui ils donneront leur voix au second tour en 2012 n'a pas voix au chapitre. La rengaine est toujours la même : les militants du Front de gauche clament voter uniquement en fonction de leurs idées, sans concessions. Et dénoncent la « culpabilisation » par le « vote utile ». Ils imaginent déjà surfer sur la vague Montebourg – ce que n’a pas manqué de faire Mélenchon en répondant à sa lettre – pour espérer capter une partie de son électorat au premier tour de la présidentielle. « Vous avez aimé Montebourg ? Vous adorerez le Front de gauche !», résume sur son blog Alexis Corbière, secrétaire national du PG.
Aubry, la « moins pire »
Toujours est-il que ceux qui n’ont pas fait le deuil du 21 avril - ou tout simplement qui veulent choisir leur candidat PS face à la droite - pourraient bien être chatouillés par l’envie d’aller se prononcer à nouveau au second tour des primaires. Pour autant, précisément « au nom de leur idées », certains seraient révulsés par l'enventualité d’un vote Hollande - même s'il est considéré comme le plus apte à battre Nicolas Sarkozy. Pour ces militants-là, le bulletin glissé dans l’urne devra porter le nom de Martine Aubry. Au diable tous les petits défauts de l’ancienne secrétaire du PS, ils ne sont rien comparés à la figure austère endossée par François Hollande depuis le début de la campagne.
Le corrézien est l’un des seuls a ne pas avoir daigné se montrer à la Fête de l’Humanité alors que Mélenchon recevait en fanfare Martine Aubry, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. Dès lors, ces trois-là avaient reçu l’onction « mélenchoniste » et s’étaient attirés la bienveillance de certains militants. Ceux qui ont voté Montebourg voyaient déjà se dessiner un ticket derrière Aubry.
Certes, cet axe « gauche dure » commence à prendre du plomb dans l'aile : Ségolène Royal s’est ralliée à François Hollande et - crime de lèse-majesté – Montebourg y songerait « à titre personnel ». Et alors ? Raison de plus, non ? Puisque tous se rallient à Hollande (Valls et Baylet l’ont rejoint naturellement), Martine Aubry, seule contre tous, pourrait bien mobiliser quelques votes mélenchonistes « de barrage ».
Le corrézien est l’un des seuls a ne pas avoir daigné se montrer à la Fête de l’Humanité alors que Mélenchon recevait en fanfare Martine Aubry, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. Dès lors, ces trois-là avaient reçu l’onction « mélenchoniste » et s’étaient attirés la bienveillance de certains militants. Ceux qui ont voté Montebourg voyaient déjà se dessiner un ticket derrière Aubry.
Certes, cet axe « gauche dure » commence à prendre du plomb dans l'aile : Ségolène Royal s’est ralliée à François Hollande et - crime de lèse-majesté – Montebourg y songerait « à titre personnel ». Et alors ? Raison de plus, non ? Puisque tous se rallient à Hollande (Valls et Baylet l’ont rejoint naturellement), Martine Aubry, seule contre tous, pourrait bien mobiliser quelques votes mélenchonistes « de barrage ».
Un vote Hollande ?
Pas sûr pourtant que Jean-Luc Mélenchon veuille voir Martine Aubry remporter les primaires. Même si l’ancien sénateur de l’Essonne crie haut et fort depuis des mois qu’il refuse « cette mariolade qui consiste à choisir quel socialiste austère je préfère », il a bien sa petite idée sur le sujet. La maire de Lille, elle, ne permettrait pas un clivage assez clair et empiéterait sur ses plate-bandes. A l’inverse, il a tout intérêt à ce que François Hollande soit le candidat du PS, un candidat du « triple A » contre lequel il ne retiendra pas ses coups et face auquel il pourra se targuer d'être « plus-à-gauche-que-moi-tu-meurs ».
Voir les 74 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter