Marianne2 2012

Aubry, Bertrand, Le Pen, la campagne du vide

Vendredi 19 Mars 2010 à 11:27 | Lu 10483 fois I 77 commentaire(s)

Emmanuel Lévy- Marianne

A 48 heures du second tour, les trois principaux dirigeants des formations en lice étaient invités sur les matinales des grandes radios : Martine Aubry sur RTL, Xavier Bertrand sur Europe1, et enfin Le Pen chez Inter. Face à la question principale soulevée au premier tour, l’abstention, tous furent un peu courts…


photos : MEDEF - Flickr - cc   ,  staffpresi_esj - Flickr - cc
photos : MEDEF - Flickr - cc , staffpresi_esj - Flickr - cc
C’étaient leurs ultimes paroles, leurs dernières cartouches avant  que le rideau médiatique ne se baisse. Et on ne peut pas dire que les invités de ce matin aient trouvé les mots justes pour convaincre les 53,5% de citoyens qui ont boudé les urnes au premier tour de se déplacer dimanche prochain. Il faut dire que l‘exercice n’était pas aisé.
A droite d’abord. Le « debriefing » de Nicolas Sarkozy à l’issue du premier tour niant la défaite de son camp n’a pas facilité les choses pour le secrétaire général de l’UMP. Xavier Bertrand au micro d'Europe1, s'est contenté d'invectiver les adversaires de gauche et renouer avec le discours, traditionnel sur l'inécurité comme si celle-ci n'était pas en charge de Sarkozy depuis maintenant huit ans. Des arguments usés jusqu'à la corde et peu susceptibles de ramener les abstentionnistes de droit aux urnes.

A gauche, on ne s'est pas davantage cassé ma tête. Martine Aubry sur RTL, ce fut 10% d'idées - notamment celle sur la continuité de CDI pour les ouvriers de PME en crise - et 90% de grosse caisse.
Certes, Martine Aubry a répondu sur la sécurité, s’étonnant de ce que « la droite fait campagne sur son propre échec en matière de sécurité ». Pour le reste, tout se passe comme si le PS se satisfaisait du résultat positif annoncé. Le leader du PS s'est contenté d'une phrase de contrition, « l'abstention nous intéresse tous », expliquant le phénomène par « les promesses non tenues de Niclas Sarkozy. » Ce n’est pourtant pas en félicitant le patron de la gauche grecque au pouvoir pour son «  plan courageux , en fait un plan d’austérité, qu’elle risque de convaincre le petit peuple de gauche de se mobiliser dimanche prochain.

Dernier invité, enfin, Jean-Marie Le Pen qui était au micro de Nicolas Demorand. Le vieux lion, ainsi que le journaliste l’a traité tout au long des 10 minutes  de l’interview, ne s’est pas non plus décarcassé pour convaincre les abstentionnistes de se déplacer. Il lui a fallu d’avantage s’expliquer sur le phénomène dynastique a l’œuvre au sein du parti d’extrême droite, astucieusement abordé par un Nicolas Demorand  calme et efficace. L'entrée en lice de la petite fille  Marion Maréchal Le Pen, après la percée de Marine, accentue le côté PME familiale de l'entreprise FN. La réponse de Le Pen fut risible : Marine Le Pen n'aurait pas, a-t-il déclaré en substance, encore gagné ses galons de chef suprême, le Congrès du Front national devant se prononcer en novembre.



A ce jeu là, on comprend que l’abstention anticipée par les instituts de sondage s’annonce à la hausse pour le second tour. Trois points de plus, ce ne serait pourtant pas cher payé...








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