Au secours, on vend l'OM - enfin son stade - à Bouygues !
Mardi 26 Octobre 2010 à 11:01 | Lu 7166 fois I 12 commentaire(s)
Cédric Matthews - Tribune
Le projet de couvrir le stade Vélodrome est en suspend depuis plusieurs années. Aujourd'hui que le chantier va être lancé, des voix discordantes se font entendre notamment concernant les coûts pharaoniques consentis par les collectivités locales et répercutées sur les contribuables. Cédric Matthews, Mouvement Républicain et Citoyen, s'indigne de faire porter ce poids aux marseillais qui n'en profiteront pas et se verront, à terme, dépossédés de leur stade.
Le projet de couverture du stade Vélodrome et la construction d’un ensemble immobilier d’habitations et de services vont coûter cher au contribuable marseillais sur le court et le long terme. La mairie de Marseille, n’ayant pas de ressources suffisantes pour se lancer seule dans l’aventure, va réaliser l’opération dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), avec un grand nom du BTP. En plus des 273 millions du coût que les collectivités (173 millions pour la ville de Marseille, 30 millions pour le conseil général, 20 millions Marseille Provence Métropole et 28 millions de l’Etat ) vont prendre à leur charge, une contre partie consentie dans le PPP est la cession de l’exploitation du stade. Rappelons qu’actuellement, la Mairie est le bailleur de l’OM et la location du stade fait rentrer de l’argent dans les caisses de la Mairie.
A terme, la Mairie laissera l’exploitation du stade au détenteur du marché durant 30 ans, sans qu’il y ait un retour sur investissement pour les collectivités locales. La question se pose donc de savoir si nous avons réellement besoin à Marseille de ce projet pharaonique. Une simple jouvence de cet équipement permettant de le mettre aux normes nécessaires pour l’Euro 2016 n’aurait-elle pas été plus raisonnable ? Doit-on encore endetter la ville, engager l’argent du Conseil Général et du Conseil Régional pour un projet dont la pertinence n’est pas patente ?
Après trente années d’exploitation d’un tel gros ouvrage, il faudra à nouveau moderniser cet équipement. Les collectivités pourront-elles le faire et avec quels moyens ? Pour un coût qui sera sûrement encore plus onéreux. Ne seront-elles pas obligées de vendre à terme ce lieu symbolique de l’histoire du football phocéen et national, que nous aimons tant ?
Les supporters ont-ils pensé qu’ils allaient être dépossédés d’un bien qui était le leur, un bien public. Le stade Vélodrome de la ville de Marseille va devenir le stade Bouygues ! Les supporters ont-ils pensé que le prix des places allait mécaniquement augmenter pour rendre l’affaire rentable comme le font actuellement les tarifs de l’eau de l’électricité et du Gaz. Tout cela pour quel gain ? Six mille places supplémentaires pour des VIP avec 1000 places souterraines de parking pour leurs véhicules et une couverture contestable, d’une part quant aux conditions climatiques rencontrées dans notre région et d’autre part quant au renforcement affiché de l’effet chaudron du public.
Parlons-en de ces conditions climatiques, elles n’ont pas empêché l’OM d’avoir jusqu’à ce jour le palmarès que chacun connait, le meilleur de France !
Parlons en de l’ambiance, depuis les transformations des années 1990, le stade est plus ouvert, il ne ressemble plus à cet entonnoir qu'était l'ancien vélodrome, et il a de fait perdu une certaine part de sa magie, de son atmosphère volcanique, malgré les chants des supporters. Et pourtant les virages nord donnent toujours l’écho aux virages sud, la ola est toujours lancée et nous restons toujours assourdis quand un but est marqué !
Je ne voudrais pas avoir à connaitre le jour, où les collectivités territoriales seront amenées à subventionner les prix des places !
L’illusion est trop belle, le coup de projecteur porté sur le stade Vélodrome est fait aussi pour revaloriser un quartier et lancer des projets immobiliers qui devraient attirer des classes aisées autour de ce pôle d’attraction dont les acteurs inconscients et manipulés sont les supporters de l’OM. Cela pourrait rappeler quelque peu, ce qui s’est passé sur l’avenue de la République. Les collectivités territoriales se sont endettées pour y faire passer le tramway afin de requalifier, revaloriser le quartier. In fine, ce sont les fonds de pensions internationaux qui ont fait une marge bénéficiaire en revendant à la découpe une bonne partie des immeubles de l’avenue de la République.
Que reste-t-il des Marseillais de l’avenue de la République ?
Que reste-t-il des petits artisans locaux ? Rien ! Il y a eu un grand nettoyage. Ce qui s’est passé avenue de la République se passera de la même façon autour du stade vélodrome. Les patentes seront tellement chères que les camions pizza, les kebabs et autres vendeurs forains vont disparaitre pour laisser la place à des grandes enseignes de la distribution. Le coût du sandwich augmentera comme le reste.
On aura laissé faire cela, sans une réelle opposition, sans une réelle mise en perspective, sans se dire que l’esprit populaire qui nous rassemble autour de l’OM était tout simplement menacé par un projet qui est fait pour d’autres mais avec notre argent !
A terme, la Mairie laissera l’exploitation du stade au détenteur du marché durant 30 ans, sans qu’il y ait un retour sur investissement pour les collectivités locales. La question se pose donc de savoir si nous avons réellement besoin à Marseille de ce projet pharaonique. Une simple jouvence de cet équipement permettant de le mettre aux normes nécessaires pour l’Euro 2016 n’aurait-elle pas été plus raisonnable ? Doit-on encore endetter la ville, engager l’argent du Conseil Général et du Conseil Régional pour un projet dont la pertinence n’est pas patente ?
Après trente années d’exploitation d’un tel gros ouvrage, il faudra à nouveau moderniser cet équipement. Les collectivités pourront-elles le faire et avec quels moyens ? Pour un coût qui sera sûrement encore plus onéreux. Ne seront-elles pas obligées de vendre à terme ce lieu symbolique de l’histoire du football phocéen et national, que nous aimons tant ?
Les supporters ont-ils pensé qu’ils allaient être dépossédés d’un bien qui était le leur, un bien public. Le stade Vélodrome de la ville de Marseille va devenir le stade Bouygues ! Les supporters ont-ils pensé que le prix des places allait mécaniquement augmenter pour rendre l’affaire rentable comme le font actuellement les tarifs de l’eau de l’électricité et du Gaz. Tout cela pour quel gain ? Six mille places supplémentaires pour des VIP avec 1000 places souterraines de parking pour leurs véhicules et une couverture contestable, d’une part quant aux conditions climatiques rencontrées dans notre région et d’autre part quant au renforcement affiché de l’effet chaudron du public.
Parlons-en de ces conditions climatiques, elles n’ont pas empêché l’OM d’avoir jusqu’à ce jour le palmarès que chacun connait, le meilleur de France !
Parlons en de l’ambiance, depuis les transformations des années 1990, le stade est plus ouvert, il ne ressemble plus à cet entonnoir qu'était l'ancien vélodrome, et il a de fait perdu une certaine part de sa magie, de son atmosphère volcanique, malgré les chants des supporters. Et pourtant les virages nord donnent toujours l’écho aux virages sud, la ola est toujours lancée et nous restons toujours assourdis quand un but est marqué !
Je ne voudrais pas avoir à connaitre le jour, où les collectivités territoriales seront amenées à subventionner les prix des places !
L’illusion est trop belle, le coup de projecteur porté sur le stade Vélodrome est fait aussi pour revaloriser un quartier et lancer des projets immobiliers qui devraient attirer des classes aisées autour de ce pôle d’attraction dont les acteurs inconscients et manipulés sont les supporters de l’OM. Cela pourrait rappeler quelque peu, ce qui s’est passé sur l’avenue de la République. Les collectivités territoriales se sont endettées pour y faire passer le tramway afin de requalifier, revaloriser le quartier. In fine, ce sont les fonds de pensions internationaux qui ont fait une marge bénéficiaire en revendant à la découpe une bonne partie des immeubles de l’avenue de la République.
Que reste-t-il des Marseillais de l’avenue de la République ?
Que reste-t-il des petits artisans locaux ? Rien ! Il y a eu un grand nettoyage. Ce qui s’est passé avenue de la République se passera de la même façon autour du stade vélodrome. Les patentes seront tellement chères que les camions pizza, les kebabs et autres vendeurs forains vont disparaitre pour laisser la place à des grandes enseignes de la distribution. Le coût du sandwich augmentera comme le reste.
On aura laissé faire cela, sans une réelle opposition, sans une réelle mise en perspective, sans se dire que l’esprit populaire qui nous rassemble autour de l’OM était tout simplement menacé par un projet qui est fait pour d’autres mais avec notre argent !
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