Au delà des retraites, quel avenir pour notre système de protection sociale ?
Mercredi 20 Octobre 2010 à 05:01 | Lu 15180 fois I 135 commentaire(s)
Laurent Pinsolle - Blogueur Associé
Depuis plusieurs années c'est la même ritournelle: combler les déficits de notre système de protection sociale. Pourtant avec des prestations qui se font de plus en plus rares, un taux de remboursement qui s'amenuise sans cesse et les mutuelles qui explosent leur tarifs, le blogueur Laurent Pinsolle s'interroge sur les solutions possibles.
Après ce nouveau jour de grève contre la réforme des retraites du gouvernement, une prise de recul s’impose. N’y-a-t-il pas une forme de logique derrière toutes les réformes successives de notre système de protection sociale ?
Toujours moins de prestations
Bien sûr, les déficits des comptes sociaux imposent de prendre des mesures. A première vue, le choix est binaire : soit une augmentation des cotisations pour financer les prestations qui ne le sont plus, soit une réduction des dépenses, à travers une réduction des remboursements ou des pensions. Etant donné le poids relativement élevé des prélèvements en France et de l’impact de la hausse des cotisations sociales sur l’emploi, la deuxième solution est privilégiée.
Mais, assez naturellement, cette baisse continue des prestations a de lourdes conséquences pour les Français, qui se retrouvent alors contraints d’avoir recours à des mutuelles (dont les tarifs explosent) pour obtenir une couverture suffisante de leurs dépenses de santé ou d’épargner davantage pour leurs vieux jours. En effet, avec la persistance d’un chômage de masse, le principal effet de la réforme actuelle sera de réduire des pensions pourtant déjà pas forcément élevées…
Mais, assez naturellement, cette baisse continue des prestations a de lourdes conséquences pour les Français, qui se retrouvent alors contraints d’avoir recours à des mutuelles (dont les tarifs explosent) pour obtenir une couverture suffisante de leurs dépenses de santé ou d’épargner davantage pour leurs vieux jours. En effet, avec la persistance d’un chômage de masse, le principal effet de la réforme actuelle sera de réduire des pensions pourtant déjà pas forcément élevées…
Vers une lente privatisation et un système à deux vitesses ?
Le processus en cours depuis au moins vingt-cinq ans est assez pervers. Nous assistons lentement mais sûrement à une privatisation de notre système de protection sociale avec une réduction progressive des risques mutualisés au niveau de la collectivité et une croissance inexorable de la couverture par un secteur privé, dont on voit tous les travers aux Etats-Unis (explosion des coûts pour une efficacité discutable et exclusion des plus pauvres).
Le pire est que tant la majorité actuelle que les socialistes ou les syndicats ont contribué à ce progressif et insidieux démantèlement de notre Sécurité Sociale. La persistance des déficits représente en elle-même le plus gros danger pour notre système. En effet, elle impose sans cesse des coupes dans les prestations qui finissent inévitablement par ouvrir des boulevards pour les systèmes d’assurance privés ravis de combler les défaillances de notre Sécu, comme Malakoff Médéric.
Le pire est que tant la majorité actuelle que les socialistes ou les syndicats ont contribué à ce progressif et insidieux démantèlement de notre Sécurité Sociale. La persistance des déficits représente en elle-même le plus gros danger pour notre système. En effet, elle impose sans cesse des coupes dans les prestations qui finissent inévitablement par ouvrir des boulevards pour les systèmes d’assurance privés ravis de combler les défaillances de notre Sécu, comme Malakoff Médéric.
L’alternative républicaine
Mais que faire dans la situation actuelle ? Il est évident que si l’on reste dans la logique qui a présidé au dernier quart de siècle, l’équation semble insoluble et nous allons assister à une lente mais certaine dérive vers un système comparable à celui des Etats-Unis. C’est pourquoi il est essentiel d’assurer un financement solide pour notre système de protection sociale et qui ne finisse pas par couper la branche sur laquelle il est assis (pénaliser l’emploi en le rendant trop cher).
C’est pourquoi je crois que la solution d’une Cotisation Sociale sur la Valeur Ajoutée est la bonne voie pour l’avenir, surtout en période de chômage de masse. L’ensemble de la collectivité contribuerait alors à notre système de protection sociale, de même que tous les produits, locaux comme importés. Nous supprimerions ainsi cette paradoxale prime aux produits importées et cette taxe sur nos exportations, qui étouffent nos entreprises et pénalisent également l’emploi.
Depuis un quart de siècle, la seule réponse des hommes politiques au déséquilibre financier de la Sécurité Sociale est un rabotage progressif des droits qui provoque une lente privatisation de notre système de protection sociale. Il serait temps de réfléchir de manière différente.
Retrouvez tous les articles de Laurent Pinsolle sur son blog
C’est pourquoi je crois que la solution d’une Cotisation Sociale sur la Valeur Ajoutée est la bonne voie pour l’avenir, surtout en période de chômage de masse. L’ensemble de la collectivité contribuerait alors à notre système de protection sociale, de même que tous les produits, locaux comme importés. Nous supprimerions ainsi cette paradoxale prime aux produits importées et cette taxe sur nos exportations, qui étouffent nos entreprises et pénalisent également l’emploi.
Depuis un quart de siècle, la seule réponse des hommes politiques au déséquilibre financier de la Sécurité Sociale est un rabotage progressif des droits qui provoque une lente privatisation de notre système de protection sociale. Il serait temps de réfléchir de manière différente.
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