Attention, Trichet n'est pas jouer: € = 14 millions d'emplois ou 2,5 millions de chômeurs?
Pour faire la pub de l'euro, Jean-Claude Trichet prétend que, depuis la création de la monnaie unique, la zone euro, dans sa configuration originelle (11 pays) a créé 14 millions d'emplois. Sauf que sur la même période, la population active s'est accrue de 16,5 millions. Conclusion: grâce à l'euro, il y a donc 2,5 millions de chômeurs supplémentaires ?
« Depuis la création de l’euro, en zone euro, 14 millions d’emplois ont été créés (...) sur la même période, seuls 7,8 millions d'emplois ont été créés aux Etats-unis », expliquait Jean-Claude Trichet, encore dimanche 20 février sur Europe1.
L’argument choc du gouverneur de la Banque centrale européenne vise à paralyser ceux qui mettent en cause les vertus de la monnaie unique, dont il est le fidèle gardien. Bref : l’Euro, ca crée des emplois, donc c’est bon. Outre que la création de l’emploi ne figure –malheureusement- pas dans les missions de la BCE, et qu’à ce titre, l’institut d’émission ne considère l’évolution de l’emploi que comme un produit et pas un objectif de sa politique monétaire, l’argument est-il recevable ? La réponse est: non.
Jean-Claude Trichet compare le niveau d’emploi de la Zone à celui des Etats-Unis, une économie de taille équivalente. Ces deux chiffres sont vrais, cette appréciation pour autant qu’elle ait un sens, n’est cependant pas la bonne. Car chaque zone a sa propre dynamique.
Alors, à quelle aune apprécier les 14 millions d’emplois créés dans la zone euro (l’historique, celle à 11 pays), sinon à celle de l’évolution de sa population active. Voilà qui donne un tout autre tableau. Entre 1999 et 2010, la population active de l’UEM à 11 pays a progressé de…16,5 millions de personnes. Autrement dit, parodiant Jean-Claude Trichet, il serait tout aussi juste de dire, que l’euro a produit 2,5 millions de chômeurs de plus depuis sa création.
Durant les 11 ans d’existence de l’euros, quels ont été ces fameux emplois créés ? Notre deuxième graphique donne une première indication. En 1999 un employé sur 6,5 était à temps partiel, dix ans plus tard cette part passe à 1 sur 5, soit 8,5 millions de salariés supplémentaires. Résultat : sur les 14 millions de nouveaux jobs, 60 % d’entre eux étaient à temps partiel…
Sans doute, une bonne manière d’éviter d’augmenter les salaires « la dernière bêtise à faire », selon le gouverneur de la Banque centrale européenne.
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