Attentat de Karachi: qu’ils parlent enfin !
Jeudi 29 Avril 2010 à 17:01 | Lu 9313 fois I 25 commentaire(s)
Frédéric Ploquin - Marianne
De nombreux proches d'Edouard Balladur ont en main des éléments complémentaires qui pourraient être utiles à la mission d'information parlementaire chargée de faire la lumière sur l'attentat de Karachi. Mais pour l'instant ils brillent par leur silence. Au risque d'alimenter tous les fantasmes.
Capture d'écran
Comment ? Qu’entend-t-on ? Que les ventes d’armes donneraient lieu à des dessous de table ? C’est le contraire qui serait surprenant, mais il ne faut pas compter sur Edouard Balladur, du haut de sa suffisance pour le reconnaître un jour. Le mieux serait d’obtenir les confidences de deux hommes identifiés comme les intermédiaires entre la France et le Pakistan lors de la vente de trois sous-marins, à la veille de l’élection présidentielle de 1995, alors que Balladur rêvait de chasser Jacques Chirac de la route de l’Elysée : Ziad Takieddinne et Abdulrahlmane el-Assir. Pas causants pour le moment, malheureusement pour la vérité, ce sont ces deux routiers des contrats français qui auraient organisé la ventilation des commissions au Pakistan… et en France. Au conditionnel, car rien ne prouve jusqu’à présent ces versements.
D’ailleurs, on n’en aurait plus entendu parler si onze représentants de la DCN (direction de la construction navale) n’avaient pas trouvé la mort au cours du mitraillage de leur bus à Karachi, le 8 mai 2002. Les familles veulent savoir, et ce sont leurs avocats, particulièrement accrocheurs, qui ont reçu sous pli anonyme des éléments permettant d’imaginer un lien entre l’attentat et le non-versement des commissions aux généraux pakistanais : à en croire ces pièces, révélées par Libération et Médiapart, Balladur aurait encaissé 1,5 millions d’euros en espèces lors de sa campagne.
Une somme prélevée sur les fonds secrets de Matignon ? Un petit pourcentage perçu sur la vente de sous-marins ? L’ancien Premier ministre balaye toutes les accusations, mais le juge d’instruction chargé de l’enquête, Marc Trévidic, pourrait lui poser la question sur un autre ton que le font les journalistes, lui qui défend ardemment le maintien du… juge d’instruction.
D’autres hauts personnages en poste à l’époque seraient en mesure (on peut toujours rêver) de nous éclairer sur ce sombre épisode du financement de la vie politique française : l’ancien ministre de la Défense François Léotard, aujourd’hui confortablement retraité de la politique, Renaud Donnedieu de Vabres, alors très proche de Balladur, ou encore Nicolas Sarkozy, qui eut à en connaître en temps que ministre du Budget.
En gardant le silence, ces hommes d’Etat courent le risque de laisser libre court à tous les fantasmes, avec à la clef une série d’articles et de livres explosifs à la veille de la prochaine élections présidentielle. Autant l’éviter, non ? Ils n’ont pas besoin de passer par la presse pour briser l’omerta : il leur suffirait de prendre au sérieux la mission d’information parlementaire chargée de faire la lumière sur l’attentat de Karachi, laquelle ne risque pas de récolter la moindre information au Pakistan.
D’ailleurs, on n’en aurait plus entendu parler si onze représentants de la DCN (direction de la construction navale) n’avaient pas trouvé la mort au cours du mitraillage de leur bus à Karachi, le 8 mai 2002. Les familles veulent savoir, et ce sont leurs avocats, particulièrement accrocheurs, qui ont reçu sous pli anonyme des éléments permettant d’imaginer un lien entre l’attentat et le non-versement des commissions aux généraux pakistanais : à en croire ces pièces, révélées par Libération et Médiapart, Balladur aurait encaissé 1,5 millions d’euros en espèces lors de sa campagne.
Une somme prélevée sur les fonds secrets de Matignon ? Un petit pourcentage perçu sur la vente de sous-marins ? L’ancien Premier ministre balaye toutes les accusations, mais le juge d’instruction chargé de l’enquête, Marc Trévidic, pourrait lui poser la question sur un autre ton que le font les journalistes, lui qui défend ardemment le maintien du… juge d’instruction.
D’autres hauts personnages en poste à l’époque seraient en mesure (on peut toujours rêver) de nous éclairer sur ce sombre épisode du financement de la vie politique française : l’ancien ministre de la Défense François Léotard, aujourd’hui confortablement retraité de la politique, Renaud Donnedieu de Vabres, alors très proche de Balladur, ou encore Nicolas Sarkozy, qui eut à en connaître en temps que ministre du Budget.
En gardant le silence, ces hommes d’Etat courent le risque de laisser libre court à tous les fantasmes, avec à la clef une série d’articles et de livres explosifs à la veille de la prochaine élections présidentielle. Autant l’éviter, non ? Ils n’ont pas besoin de passer par la presse pour briser l’omerta : il leur suffirait de prendre au sérieux la mission d’information parlementaire chargée de faire la lumière sur l’attentat de Karachi, laquelle ne risque pas de récolter la moindre information au Pakistan.
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