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Attali, symbole de la dérive néolibérale du PSLaurent Pinsolle - Blogueur Associé | Samedi 29 Mai 2010 à 18:01 | Lu 10501 fois
Laurent Pinsolle réagit à l'intervention récente de Jacques Attali à la télévision. Selon le blogueur, il incarne le néolibéralisme compassionnel qui est celui des socialistes, et son statut lui permet de s'exprimer plus librement.
Mercredi soir, Jacques Attali était l’invité du Grand Journal de Canal Plus. Il a affirmé qu’il avait voté à gauche toute sa vie et que c’était sa famille politique. Mais il représente sans doute mieux que personne la dérive néolibérale du Parti Socialiste.
« Un plan de rigueur insuffisant »
L’ancien sherpa de François Mitterrand vient de sortir un livre sur la dette publique, sujet de prédilection de Jean-Michel Apathie. Il se demande si nous sommes ruinés et ne répond pas par la positive tout en disant que pour éviter cela, il faut absolument agir dans les prochains mois et que si les deux années qui viennent ne sont pas utilisées pour radicalement redresser nos finances publiques, alors nous pourrions bien l’être. Pour lui, les annonces du gouvernement sont beaucoup trop timides.
Il appelle à un plan beaucoup plus radical, mais sans rentrer dans le détail des mesures, ce qui est une position beaucoup plus confortable. Pourtant, Jacques Attali sait pondre de nombreuses mesures précises, comme il l’avait fait dans son « plan pour la libération de la croissance de la France », où il proposait des dizaines de mesures de déréglementation, où il proposait entre autre de laisser beaucoup plus de liberté aux institutions financières (nous étions encore avant le gros de la crise…). Bref, il est absolument hallucinant de constater à quel point certaines figures du « socialisme » font une allégeance absolument totale et sans mesure aux idées néolibérales de déréglementation financière, de démantèlement des barrières douanières et de rigueur budgétaire. Pire, pas une fois il n’a évoqué le sort des millions de Français qui sont au chômage et qui seraient sans doute les premières victimes du plan d’austérité sévère qu’il appelle de ses vœux. Du respect du secret médical
Plus tard, un médecin est intervenu pour dénoncer le non respect du secret médical concernant Johnny Hallyday. Il a dénoncé l’attitude de Christophe Barbier en soulignant que si l’on suit la logique du patron de l’Express, alors une personne qui obtiendrait son dossier médical serait également en droit de le publier. Mais il est allé plus loin en soulignant que tous ceux qui avaient suivi étaient d’une grande hypocrisie puisque dès qu’un confrère cassait un interdit, ils suivaient sans état d’âme.
Même si Jean-Michel Apathie a commencé timidement par défendre la profession, en affirmant qu’il n’était pas possible de taire cette « information » ce matin, il a fini par se ranger plus ou moins à la thèse selon laquelle les journalistes auraient dû taire cette violation du secret médical et se faisaient complice en relayant sans la moindre hésitation des choses qui devraient rester privées. Jacques Attali, décidément adepte du laisser-faire, n’y a vu rien à redire. Certains pourraient croire que Jacques Attali n’est qu’une exception au sein de la famille socialiste. Mais est-ce qu’au contraire sa liberté ne lui permet pas de dire tout haut ce que pensent vraiment la majorité du parti ? Et si les socialistes n’étaient que des néolibéraux vaguement compassionnels ?
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