Attali s'inquiète trop pour les jeunes
Jeudi 21 Octobre 2010 à 05:01 | Lu 8759 fois I 46 commentaire(s)
Philippe Cohen - Marianne
Avec son rapport, Jacques Attali et les coauteurs de son rapport une ambition pour la France voulaient voler au secours d'une jeunesse, confrontée à un chômage important. Loupé! La cause est juste, mais les chiffres sont faux.
Mardi 19 octobre, Jacques Attali a dédié son rapport aux générations futures devant les députés. Il a défini l’emploi des jeunes comme une priorité absolue proposant de rémunérer par un contrat d’évolution le parcours de l’insertion professionnelle des jeunes.
Cette réforme, affirment les auteurs, se justifie par l’énorme taux de chômage des jeunes : le rapport cite les chiffres de 18,1% (2008, p 15) et 25% (en 2009, p 23), ce qui montre qu’il ne faut pas confondre expertise et précision. Le prophète regarde la société de haut, les détails l’importunent…
Ben les gars, les bras nous en tombent : Monsieur Attali a réuni une cinquantaine de têtes d’œuf, la fine fleur de l’expertocratie française, des dizaines de grands patrons, et même quelques syndicalistes, et il ne s’en est pas trouvé un seul pour rectifier cette donnée élémentaire : le chiffre, il est vrai de 20 ou 25% de taux de chômage des jeunes est faux, même s’il est cité un peu partout et permet à nos hommes politiques de prendre une posture avantageuse en proclamant leur inébranlable volonté de combattre ce « drame ».
Et pourquoi est-il faux ce chiffre, demanderait Nicolas Sarkozy ? Parce que les jeunes ne s’inscrivent pas toujours, loin de là, à l’ANPE dont ils ne peuvent espérer d'indemnité. Parce que du coup, la statistique sur le chômage des moins de 25 ans est une estimation. Parce que notre estimable administration considère les étudiants non salariés – les deux tiers d’une classe d’âge – comme des chômeurs. Eurostadt, de son côté, évalue le chômage des jeunes français à 7,3% en 2007, probablement un peu plus aujourd’hui. Quand on cite des taux de chômage de 25%, on rapporte le nombre de chômeurs à la population active (chômeurs + étudiants), c'est à dire qu'on oublie les étudiants.
Le vrai problème des jeunes est donc moins le chômage que le déclassement (des centaines de milliers de jeunes sont employés en dessous de leur qualification et de leur diplôme), la précarité et la recherche de logement. Mais pour le savoir, il aurait fallu que les commissaires attaliens commencent par en écouter quelques-uns. Ou par lire Marianne2.fr. :
Chômage des jeunes : le réel on s'en fout !
Les jeunes chômeurs moins nombreux qu'on ne le dit !
Cette réforme, affirment les auteurs, se justifie par l’énorme taux de chômage des jeunes : le rapport cite les chiffres de 18,1% (2008, p 15) et 25% (en 2009, p 23), ce qui montre qu’il ne faut pas confondre expertise et précision. Le prophète regarde la société de haut, les détails l’importunent…
Ben les gars, les bras nous en tombent : Monsieur Attali a réuni une cinquantaine de têtes d’œuf, la fine fleur de l’expertocratie française, des dizaines de grands patrons, et même quelques syndicalistes, et il ne s’en est pas trouvé un seul pour rectifier cette donnée élémentaire : le chiffre, il est vrai de 20 ou 25% de taux de chômage des jeunes est faux, même s’il est cité un peu partout et permet à nos hommes politiques de prendre une posture avantageuse en proclamant leur inébranlable volonté de combattre ce « drame ».
Et pourquoi est-il faux ce chiffre, demanderait Nicolas Sarkozy ? Parce que les jeunes ne s’inscrivent pas toujours, loin de là, à l’ANPE dont ils ne peuvent espérer d'indemnité. Parce que du coup, la statistique sur le chômage des moins de 25 ans est une estimation. Parce que notre estimable administration considère les étudiants non salariés – les deux tiers d’une classe d’âge – comme des chômeurs. Eurostadt, de son côté, évalue le chômage des jeunes français à 7,3% en 2007, probablement un peu plus aujourd’hui. Quand on cite des taux de chômage de 25%, on rapporte le nombre de chômeurs à la population active (chômeurs + étudiants), c'est à dire qu'on oublie les étudiants.
Le vrai problème des jeunes est donc moins le chômage que le déclassement (des centaines de milliers de jeunes sont employés en dessous de leur qualification et de leur diplôme), la précarité et la recherche de logement. Mais pour le savoir, il aurait fallu que les commissaires attaliens commencent par en écouter quelques-uns. Ou par lire Marianne2.fr. :
Chômage des jeunes : le réel on s'en fout !
Les jeunes chômeurs moins nombreux qu'on ne le dit !
Voir les 46 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter