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Après les subprimes, la bulle des matières premières

Lundi 14 Avril 2008 à 07:34 | Lu 13225 fois I 36 commentaire(s)

Bernard Maris

Notre économiste favori analyse le mécanisme de rebond de la crise qui passe du secteur de l'immobilier à celui des matières premières.


Après les subprimes, la bulle des matières premières
Aux Etats-Unis, on commence à bien analyser les racines de la crise financière. Au départ, il y a l’éclatement de la bulle Internet et les attaques terroristes du 11 septembre. Comment faire pour que l’économie n’entre pas en récession ? Alan Greenspan, le patron de la Fed a la réponse : relâcher tous les freins monétaires ; créer de la monnaie.
La Fed injecte donc d’énormes quantités d’argent et écrase ses taux directeurs : ils passent de 3,5% en 2001 à 1% en 2003. Résultat : une inflation de crédit. Le crédit devient extrêmement facile, mais comme on se méfie de la Bourse et des nouvelles technologies, on se tourne vers l’immobilier, avec ô miracle, une réponse favorable du secteur : du fait de la forte demande, les prix augmentent… Et comme les prix augmentent, on fait de plus en plus de crédits à des personnes de moins en moins solvables, et pour diminuer le risque, on mélange ces nouveaux crédits risqués à d’autres, plus sûrs : c’est la fameuse titrisation des créances, innovation financière majeure qui accompagne la nouvelle bulle en train de se former. Quand les prix cessent de monter, c’est… l’effondrement du château de cartes.
La faute à qui ? Aux banques évidemment, incapable d’assouvir leur appétit de profit. C’est du moins ce que dit Luqman Arnold, ancien directeur général d’UBS, la banque Suisse, qui a perdu 37 milliards de dollars depuis le début de la crise ! La faute aux autorités monétaires trop laxistes, réplique The Economist, le porte parole des milieux d’affaires anglo-saxons,. Et puis, la crise, après tout, est le prix de l’innovation ! Surtout pas de régulation, sinon vous allez brider la sacro-sainte croissance…
Et aujourd’hui une nouvelle bulle est en train de se former… Comme on se méfie de l’immobilier, on va désormais vers les matières premières et les devises. Le pétrole, les céréales, la nourriture, le prix de l’or commencent à battre des records. Le risque c’est évidemment l’inflation qui vient se conjuguer avec la récession américaine. Le FMI vient d’annoncer une croissance mondiale à la baisse. C’est la planète qui sera contente.


La phrase du jour : Mieux vaut être le pigeon que la statue qui le porte.


Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.







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