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Après le champagne, les oligarques russes boivent la tasseDaria Krayushkina | Samedi 21 Mars 2009 à 07:00 | Lu 12493 fois
Ils ont profité du démantèlement de l'industrie russe post-perestroïka. Ils ont amassé des fortunes considérables en quelques années seulement. Aujourd'hui, ils doivent revoir leur train de vie à la baisse : les milliardaires russes sont en train de perdre leur argent, encore plus vite qu'ils l'ont gagné (c'est dire).
260 milliards de dollars : c’est le montant des pertes subies par les milliardaires russes en janvier dernier. Soit presque autant en quatre semaines qu’au cours des cinq derniers mois de l’année 2008. Vite faites, les fortunes des nouveaux riches se défont tout aussi promptement depuis le début de la crise. Ainsi, le club des milliardaires russes a-t-il perdu 55 membres. Ceux qui restent peinent à se maintenir dans la liste de Forbes. Les oligarques russes sont-ils une espèce en voie d’extinction ? Les exemples de débâcle ne manquent pas.
Même Mikhail Prokhorov, le roi du nickel russe, a finalement renoncé à l’achat (500 millions d’euros !) de la splendide Villa Léopolda à Villefranche-sur-Mer. Il cherche même à récupérer les 38 millions d’euros versés au propriétaire actuel lors de la signature de la promesse de vente, c’est dire. Mikhail Prokhorov, ancien patron de « Norilski Nickel», est considéré comme un rescapé de la crise : en revendant ses actions à temps, il a perdu « seulement » 10 milliards de dollars en 2008, soit 51% de sa fortune. Résultat : s’il était la 24e homme le plus riche du monde l’an dernier, il n’est plus aujourd’hui que 40e de la liste de Forbes. Il lui reste tout de même 9,5 milliards de dollars, ce qui fait de lui la plus grande fortune de Russie. Son ancien collègue et ex-ami Vladimir Potanine — qui a lui aussi fait fortune grâce à Norilski Nickel — a eu le malheur de racheter ses parts. Résultat : il a perdu 75% de sa fortune, estimée aujourd’hui à 3,5 milliards d’euros contre près de 14 milliards l’an dernier. Les mauvaises langues s’amusent à raconter qu’il aurait mieux fait de baptiser son nouveau yacht — appelé « Anastassiia » en l’honneur de sa fille — « Après nous le déluge ». De fait, Oleg Deripaska, lui aussi acquéreur d’une partie des actions de «Norilski Nikel » cédées par Prokhorov, a bu la tasse : neuvième en 2008, il a fait un chute vertigineuse à la 164ème place du classement. Estimée à 28 milliards de dollars en 2007, puis près de 40 milliards en 2008, sa fortune n’est plus que de 3,5 milliards de dollars. Ce qui ne l’a pas empêché de se porter acquéreur de « Russneft », une entreprise pétrolière. Les malheurs des oligarques ont inspiré les humoristes. Ainsi de l’une des blagues les plus populaires sur le Net russe. Un fils demande a son père : « Papa, c’est vrai que la crise va toucher les nouveaux riches ? – Oui, elle va seulement les toucher. Quant à nous, nous allons simplement crever ».
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