Marianne2 2012

Après la catastrophe naturelle, la catastrophe électorale

Jeudi 4 Mars 2010 à 11:01 | Lu 13909 fois I 57 commentaire(s)

Lucie Soullier - Marianne

En allumant la radio, difficile de croire que nous sommes à dix jours du scrutin. Et malgré un Président concerné, comme l'a rappelé Brice Hortefeux au micro d'Europe1, les Français risquent de délaisser les bureaux de vote.


Visiblement, le sujet « régionales » ne mord pas sur la sphère médiatique. Ce matin, il y avait des politiques presque partout mais tout est bon pour éviter le sujet des élections régionales. Deux ministres sur RTL et Europe 1 : Michelle Alliot-Marie, à la Justice, et le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. Radio France a même totalement zappé la politique électorale. France Inter a ainsi reçu Louis Schweitzer, Président de la Halde, alors que Bernard Spitz, le président de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances, s’est installé sur France Info. Et ce n'est pas nouveau. Nous avons recensés le nombre d'hommes politiques parmi les quinze derniers invités des trois premières radios : 13 sur RTL, 9 sur Europe1 comme sur France Info et 7 sur France Inter. Les occasions d'aborder le scrutin régional ne manquent donc pas.

Mais si les ministres et les hommes politiques se succèdent devant les micros depuis deux semaines, les régionales sont à peine évoquées. L’un défend les réformes nationales en cours, l’autre s’insurge contre les petites phrases assassines d’une campagne au ras du bitume. Mais peu, très peu de fond sur le plan régional. Les programmes, les compétences réelles des régions, les alliances possibles au second tour : tout cela est superflu lorsqu’on peut se contenter d’évoquer les manœuvres scandaleuses de l’UMP dans l’affaire Soumaré ou l’intolérable violence dans les stades de foot.

Hors caniveau, la campagne des régionales n’est donc pas très présente sur les ondes matinales. Ce qui ne dispense pas les hommes politiques invités de mener campagne de façon implicite :  Brice Hortefeux nous a rejoué le coup de l’insécurité, thème de campagne si cher aux yeux du parti au gouvernement (bien que L'Express de cette semaine ait titré « Insécurité, l'échec de Sarkozy »).

En bon ministre, Brice Hortefeux s’est également fait avocat de son Président. Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’il ne s’impliquerait pas dans la campagne, que ce n’était pas son rôle. Pourtant, il reçoit la liste francilienne UMP en son palais « Est-ce que vous l'avez entendu participer à des réunions publiques ou diffuser des messages à la radio ? » s'agace le ministre de l'Intérieur, « simplement, comme tout citoyen, il est concerné par un scrutin ». Comme tout citoyen, vraiment ? Sur ce point, le Ministre s'est un peu avancé. Les programmes des radio comme les intentions d'abstentions, en témoignent.









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