Marianne2 2012

Après Wall Street et Londres, voici Shangkong!

Vendredi 22 Mai 2009 à 07:55 | Lu 7334 fois I 15 commentaire(s)

Cédric Omet - Marianne

Elle s'appelle Shangkong et remet en cause les rapports de force sur l'échiquier international de la Finance. Symbole d'une passation de témoin ou incarnation d'une prise de pouvoir ? Le centre de gravité de l'économie mondiale s'est indéniablement déplacé en Asie avec la Crise.


(Capture d'écran -  France 2 - Bourse de Shanghai)
(Capture d'écran - France 2 - Bourse de Shanghai)

Fini Wall Street et son New York Stock Exchange ! Aux oubliettes la City de Londres. Faîtes vos bagages, traders ou autres fous furieux de la spéculation financière. L'avenir est à Shangkong ! Shanghaï et Hong Kong pour les néophytes. Et pourquoi pas Bombay, en Inde ?


Dans un article du journal  Le Monde daté du 20 mai 2009, on apprend ainsi que « la capitalisation des sociétés côtées sur la place de Shanghaï, en Chine, a dépassé celle de Londres ». 1949 milliards pour la place chinoise contre seulement 1946 pour Londres. L'écart est faible mais c'est une première historique ! On apprend aussi que « 72% des entrées en bourse, au premier trimestre, se sont concentrées entre Shanghai et Hong Kong », le voilà, « l'axe Shangkong ». Un véritable bouleversement des rapports de force dont le point de bascule s'est clairement dessiné avec la crise. 


Un an plus tôt, le London Stock Exchange pesait près de 400 milliards de plus que la place d'Hongkong. Une inversion aussi rapide des équilibres aurait été impensable. Mais voilà, entre temps, la crise s'est installée, fauchant les trésors de la vieille capitale britannique.


L'écroulement de la city-delle de Londres

Journal Le Monde du 20 mai 2009
Journal Le Monde du 20 mai 2009

Une attaque en bonne et due forme contre l'édifice pluriséculaire. La City imprenable a succombé aux assauts chinois. Et la livre Sterling ?  Le pire du pire se profilerait presque à l'horizon pour nos voisins insulaires d'outre manche : l'entrée du Royaume-Uni dans l'euro, d'autant que Gordon Brown y est nettement moins défavorable que Tony Blair. Si la question n'est pas encore posée formellement, elle n'est assurément plus tabou. Et davantage que l'anéantissement d'une fierté mal placée, ce serait surtout la fin d'une époque que viendrait clore l'abandon de la Livre Sterling. Une monnaie devenue secondaire d'une puissance devenue marginale. 


Pour preuve, les Chinois ne cachent plus leur ambition d'affermir la position du Yuan, leur monnaie, dont la convertibilité avec les autres monnaies ne saurait tarder, tant les Chinois multiplient leurs échanges en Yuan avec les pays étrangers


Le déclin de l'empire américain ?

Maintes fois annoncés, jamais constaté. Il serait bien présomptueux de s'avancer sur une telle théorie. Mais qui n'a pas observé la position tellement attentiste des Etats-Unis pendant la Grande dégringolade ? Spectateurs d'une crise dont ils sont pourtant à l'origine. Et ce n'est pas la piètre prestation des Obama, Sarkozy et Brown au G20 qui auront changé la donne. Tout au mieux, ils auront exceller à faire la com' d'un système à peine retouché, parce qu'ils savent qu'une renégociation globale des équilibres engage nécessairement une redistribution des cartes, et que la main a tourné. 

« Nous avons une fenêtre de tir historique : il ne faut pas la rater ! ». Non. Ce ne sont pas les mots du responsable de la Bourse de Bombay, qui est devenue la plus importante place en nombre d'entreprise cotées. L'auteur est Gérard Mestrallet, alias le monsieur communication de la Bourse de Paris. Il dit ça parce qu'il croit qu'il y a une marche à gravir avec la déconfiture de Londres. C'est drôle, non ? La solidarité européenne... Il nous avait pourtant semblé que la France partageait le même parlement que l'Angleterre. D'ailleurs, il paraîtrait même qu'on organise ensemble des élections le 7 juin prochain... Un parlement pour protéger des intérêts communs. Qui se dévoue pour le mettre au courant, le Mestrallet ?

L'alternative capitaliste chinoise

(Capture d'écran -  France 2 - Bourse de Shanghai)
(Capture d'écran - France 2 - Bourse de Shanghai)
Shangkong n'est pas seulement le symbole du renouveau chinois. Cette place financière hybride incarne aussi le capitalisme triomphant des nouvelles économies asiatiques, la synthèse inespérée pour l'Empire du Milieu - qui se définit lui-même comme tel - entre le capital économique occidental et l'avènement du pays le plus peuplé du monde. 

Car si on ne prend pas les mêmes - exit les occidentaux trop occupés à se tirer dans les pattes - une chose sûre, du côté de Pékin, on recommence !








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