Marianne2 2012

Après DSK ?

Lundi 16 Mai 2011 à 12:25 | Lu 20697 fois I -1 commentaire(s)

Maurice Szafran - Marianne

Les attitudes sont diverses face au scandale DSK : pendant que certains se déchaînent, d'autres appellent à la retenue. Dans le camp des socialistes, on hésite encore sur l'attitude à adopter... Maurice Szafran expose les différentes options possibles rue de Solférino.


Après DSK ?
Anne Sinclair, l'épouse de Dominique Strauss-Kahn, en appelle à la « décence et à la retenue ». Comment pourrait-il en aller autrement? Jean-Luc Mélenchon, le numéro 1 du Parti de Gauche, contradicteur politique et idéologique de DSK, en appelle lui aussi à la « retenue ». François Hollande a utilisé le même mot, retenue. On apprécie ces comportements, ainsi que la retenue du porte-parole du gouvernement, François Baroin, - et il est regrettable que le très vulgaire député de Paris, l'UMP Bernard Debré, ne se soit pas tenu a cette règle de civilité.

Ceci précisé, les conséquences politiques du scandale DSK - et quelles qu'en soient les suites - sont déjà innombrables. Tenons nous-en aux principales.

1. SARKOZY NORMALISE. Depuis le premier jour de son élection en 2007, Nicolas est considéré par une majorité de Français comme un président a-normal. Président des riches. Président des gros mots. Président qui squeeze systématiquement son Premier ministre et ses ministres. Président qui jure de faire la peau des banquiers et qui ne met rien en route, etc, etc. Le scandale DSK, quelles qu'en soient les suites et les conclusions, re-normalise en quelque sorte le chef de l'Etat. Ce peut être à l'évidence un tournant décisif une année avant l'élection présidentielle.

Dans la déconfiture politique de Nicolas Sarkozy, notamment parmi l'électorat de droite, le psychologique a pris une part essentielle. Les difficultés de DSK pourraient jouer en quelque sorte un rôle décontaminateur. Rien de tel n'était prévu parmi les stratèges sarkozystes. Aujourd’hui, ils soupirent en d'aise en respectant à la lettre la consigne du président : silence, surtout pas un mot, une allusion, un commentaire sur Dominique Strauss-Kahn. Ce serait retomber dans les errements coutumiers.

2. PANIQUE OU UNITE CHEZ LES SOCIALISTES. L'émotion, parmi les socialistes, est réelle, y compris parmi les adversaires politiques de DSK. Mais les hiérarques de la rue de Solferino sont contraints de revenir sur le champ à la... politique. Car ils savent tous, y compris les strauss-kahniens, que le directeur général du FMI est quasiment empêché de se présenter aux primaires socialistes, et donc a l'élection présidentielle de 2012. Alors que faire? Les socialistes peuvent-ils se contenter de poursuivre comme si de rien n'était le processus des primaires et de se lancer dans un affrontement Aubry-Hollande avec l'ombre tutélaire de Ségolène Royal ? Les électeurs de gauche supporteront-ils cette indifférence à l'histoire? Sans doute pas. Et pourtant...

Martine Aubry et François Hollande se détestent trop pour ne serait-ce qu'envisager une sortie par le haut au drame DSK.

Pendant ce temps, Marine Le Pen engrange...







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