Après Bachelot, Bertrand doit cajoler les toubibs
Lundi 22 Novembre 2010 à 15:01 | Lu 8314 fois I 10 commentaire(s)
Clothilde Cadu - Marianne
La nomination de Xavier Bertrand au ministère du Travail et de la Santé sonne comme un geste de réconciliation de Nicolas Sarkozy envers les médecins libéraux, très fâchés avec la droite depuis l’ère Bachelot.
Tout ce qu’ils voulaient, c’était un changement. En finir avec Roselyne Bachelot, ministre de la Santé de 2007 à 2010, et qui avait réussi le tour de force de se mettre à dos l’ensemble des professions de santé. A 18 mois des prochaines échéances présidentielles, il était donc grand temps pour le gouvernement de se réconcilier avec le corps médical, en particulier les médecins libéraux, électorat chéri de la droite. En plaçant Xavier Bertrand à la tête du grand ministère regroupant Santé et Travail, Nicolas Sarkozy amorce un geste de réconciliation. « Il était temps de recoller les morceaux», explique Michel Chassang, président du syndicat de médecins CSMF. « Xavier Bertrand nous avait fait une bonne impression, lors de son passage au ministère de la Santé ». « Xavier Bertrand a été le premier à renouer avec les médecins », se souvient Michel Combier, président de l’UNOF, l’Union nationale des omnipraticiens de France. « Le prix des consultations avait augmenté, les généralistes ont pu accéder au statut de spécialistes… Ca montre que le gouvernement fait un pas vers les libéraux. Bertrand est un des seuls à pouvoir renouer avec les médecins. Ce n’est pas une mission facile car les dégâts sont très importants ».
La gestion catastrophique de la grippe A/H1N1, la mise en place de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) : les trois années de Roselyne Bachelot au ministère de la Santé laissent un goût amer aux toubibs. En signe de mécontentement, la CSMF avait d’ailleurs snobé la ministre lors de son dernier congrès, à l’été 2010. Roselyne Bachelot n’était pas sur la liste des invités, mais Xavier Bertrand oui ! « A l’époque, on l’avait invité en tant que responsable de l’UMP », précise Michel Chassang. « Nous ne savions pas qu’il deviendrait ministre de la Santé. Nous saurons lui rappeler ce qu’il nous a dit ! », poursuit le syndicaliste.
La gestion catastrophique de la grippe A/H1N1, la mise en place de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) : les trois années de Roselyne Bachelot au ministère de la Santé laissent un goût amer aux toubibs. En signe de mécontentement, la CSMF avait d’ailleurs snobé la ministre lors de son dernier congrès, à l’été 2010. Roselyne Bachelot n’était pas sur la liste des invités, mais Xavier Bertrand oui ! « A l’époque, on l’avait invité en tant que responsable de l’UMP », précise Michel Chassang. « Nous ne savions pas qu’il deviendrait ministre de la Santé. Nous saurons lui rappeler ce qu’il nous a dit ! », poursuit le syndicaliste.
Première erreur, Servier
Une des principales revendications des libéraux est la remise à plat du volet de la loi HPST qui concerne la médecine de ville et qui impose des contraintes – pourtant utiles à l’intérêt général – aux libéraux. Chez les hospitaliers aussi, on espère que Xavier Bertrand saura aménager la loi Bachelot. « HPST, c’est l’antithèse de tout ce qu’il fallait faire en santé », lâche Patrick Pelloux, président de l’AMUF, l’association des médecins urgentistes de France. « Il va falloir repenser cette loi pour sauver l’hôpital public ». S’il garde un souvenir plutôt positif du passage de Xavier Bertrand à la Santé, il n’en oublie pas moins qu’il reste un homme politique avant tout. Et de s’interroger plutôt sur la création d’un secrétariat d’Etat pour la Santé, où a été nommée la déjà contestée Nora Berra. « Nicolas Sarkozy a attribué à la santé un secrétariat d’Etat car il se dit qu’en santé, tout est réglé, il a déjà tout fait. Quant à la secrétaire d’Etat, c’est une erreur de casting. Sa première intervention, ça a été de porter le communiqué de presse de Servier (le laboratoire français qui produit le Mediator, soupçonné d’avoir fait 500 morts, nldr). Il serait peut-être temps de faire une grosse réforme sur les conflits d’intérêts ». A bon entendeur…
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