Après 12 jours d'absence, Sarkozy revient à la télévision
Mardi 17 Février 2009 à 18:12 | Lu 23437 fois I 172 commentaire(s)
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Après le relatif échec de sa dernière émission, Nicolas Sarkozy a déjà proposé, en pro de la télé, un nouveau concept aux diffuseurs. Demain soir, le président ne sera plus entouré de ses chroniqueurs habituels, mais animera seul son talk-show. L'émission vise un large public et le présentateur a promis des annonces concrètes. Reste à voir si les téléspectateurs seront au rendez-vous.
Avec sa nouvelle émission, le président espère toucher un vaste public (photo : lucamascaro - Flickr - cc)
Douze jours. Douze jours à peine (ou déjà ?) que Nicolas Sarkozy avait déserté les écrans après sa très peu convaincante émission sobrement intitulée « Face à la crise ». Le président a donc décidé de prendre son temps avant de revenir devant les français avec un nouveau concept d'émission, plus abouti que la dernière fois.
Sa dernière prestation remontait, donc, au 5 février. 2009 s’entend…
Le concept s'était révélé peut-être un peu complexe, voire brouillon. Le Président avait alors convoqué pas moins de quatre journalistes, dont au moins la moitié se sont révélés inutiles. Par ailleurs, il n'a eu de cesse d'être interrompu par des mini-reportages donnant la parole à des « vrais gens ».
Et qu’a-t-on retenu de cette heure et demie de show présidentiel : une promesse de suppression de la taxe professionnelle dont l’annonce a fait frémir les députés UMP qui s’inquiètent déjà des conséquences pour les finances de leurs collectivités locales, et une très vague « piste » de répartition en trois tiers (investissements, dividendes, rémunérations) des bénéfices des entreprises.
Sarkozy recalé par ses ministres
Laurence Parisot s’y est déjà opposée. La présidente du Medef a expliqué, que ces derniers se divisaient en deux, entre « les dividendes et l'auto-financement », et non en trois. Ajoutant que les entreprises françaises « n'ont pas à rougir de la part de valeur ajoutée consacrée à la rémunération du travail ».
Même Christine Lagarde, la ministre de l’économie et des finances déclarait, hier soir, dans l’émission de Benoit Duquesne « Complément d’Enquête » que cette règle des trois tiers était une « piste et qu’il faudrait voir par la suite, si cette solution était envisageable ou non ». Bref une chimère, à peine prononcée, déjà enterrée. Sans doute échappée du cerveau foisonnant d’un Alain Minc de service, cinq minutes avant le début de l’émission. Sarkozy est un habitué de ces tours de passe-passe, comme la réforme de l’audiovisuel.
Mais les temps ont changé, Sarkozy le flamboyant se fait désormais rabrouer par ses affidés ministres. D’ailleurs, selon Les Echos, dans son entourage personne n’ose croire que le président a envisagé sérieusement l’automaticité d’une telle réforme.
Bref, Sarkozy, est vraiment un homme de son temps : simple producteur de contenus. Tout juste bon à occuper l’espace.
Sarkozy bientôt en access prime-time sur France Télévisions?
Il remettra donc le couvert cathodique mercredi. Sans doute frustré de n’avoir pu aborder tous les sujets d’actualité et apeuré par la férocité des journalistes, Sarkozy a préféré se passer de ses « Ken et Barbie » de service.
Derrière son pupitre, il s’adressera seul aux Français cette fois-ci. Non pas pour ne pas être contredit, il ne l'avait nullement été la dernière fois. Mais quitte à donner dans le cours magistral, autant le faire jusqu'au bout. Cela fera toujours une polémique de moins à gérer : le débat sur l’indigence des prestations de ses contradicteurs a, en effet, tendance à brouiller le message présidentiel. Un comble !
Et comme le note très justement Le Figaro « Comme toujours, Nicolas Sarkozy entend garder la maîtrise de la communication ». Noble ambition. Au point que plus personne ne s'étonne des usages de ce président qui programme ses interventions télévisées avant même de recevoir ses interlocuteurs...
Sa dernière prestation remontait, donc, au 5 février. 2009 s’entend…
Le concept s'était révélé peut-être un peu complexe, voire brouillon. Le Président avait alors convoqué pas moins de quatre journalistes, dont au moins la moitié se sont révélés inutiles. Par ailleurs, il n'a eu de cesse d'être interrompu par des mini-reportages donnant la parole à des « vrais gens ».
Et qu’a-t-on retenu de cette heure et demie de show présidentiel : une promesse de suppression de la taxe professionnelle dont l’annonce a fait frémir les députés UMP qui s’inquiètent déjà des conséquences pour les finances de leurs collectivités locales, et une très vague « piste » de répartition en trois tiers (investissements, dividendes, rémunérations) des bénéfices des entreprises.
Sarkozy recalé par ses ministres
Laurence Parisot s’y est déjà opposée. La présidente du Medef a expliqué, que ces derniers se divisaient en deux, entre « les dividendes et l'auto-financement », et non en trois. Ajoutant que les entreprises françaises « n'ont pas à rougir de la part de valeur ajoutée consacrée à la rémunération du travail ».
Même Christine Lagarde, la ministre de l’économie et des finances déclarait, hier soir, dans l’émission de Benoit Duquesne « Complément d’Enquête » que cette règle des trois tiers était une « piste et qu’il faudrait voir par la suite, si cette solution était envisageable ou non ». Bref une chimère, à peine prononcée, déjà enterrée. Sans doute échappée du cerveau foisonnant d’un Alain Minc de service, cinq minutes avant le début de l’émission. Sarkozy est un habitué de ces tours de passe-passe, comme la réforme de l’audiovisuel.
Mais les temps ont changé, Sarkozy le flamboyant se fait désormais rabrouer par ses affidés ministres. D’ailleurs, selon Les Echos, dans son entourage personne n’ose croire que le président a envisagé sérieusement l’automaticité d’une telle réforme.
Bref, Sarkozy, est vraiment un homme de son temps : simple producteur de contenus. Tout juste bon à occuper l’espace.
Sarkozy bientôt en access prime-time sur France Télévisions?
Il remettra donc le couvert cathodique mercredi. Sans doute frustré de n’avoir pu aborder tous les sujets d’actualité et apeuré par la férocité des journalistes, Sarkozy a préféré se passer de ses « Ken et Barbie » de service.
Derrière son pupitre, il s’adressera seul aux Français cette fois-ci. Non pas pour ne pas être contredit, il ne l'avait nullement été la dernière fois. Mais quitte à donner dans le cours magistral, autant le faire jusqu'au bout. Cela fera toujours une polémique de moins à gérer : le débat sur l’indigence des prestations de ses contradicteurs a, en effet, tendance à brouiller le message présidentiel. Un comble !
Et comme le note très justement Le Figaro « Comme toujours, Nicolas Sarkozy entend garder la maîtrise de la communication ». Noble ambition. Au point que plus personne ne s'étonne des usages de ce président qui programme ses interventions télévisées avant même de recevoir ses interlocuteurs...
Voir les 172 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72


Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter