Angela Merkel révèle les vices cachés de l'euro…
Mardi 14 Décembre 2010 à 12:01 | Lu 11843 fois I 20 commentaire(s)
Laurent Pinsolle - Blogueur associé
Si le soi-disant modèle allemand n'est pas à copier, la chancelière allemande pourrait elle montrer la voie à suivre aux pays européens. Selon Laurent Pinsolle, Angela Merkel serait en effet la seule dirigeante à protéger aussi bien les intérêts de ses concitoyens, refusant de défendre les créanciers et les plans d'austérité. Merci Angela!
L’Allemagne a une position compliquée aujourd’hui. D’une part, certains évoquent le modèle économique que notre voisin d’outre-Rhin représenterait et qu’il faudrait copier. De l’autre, d’autres dénoncent ses excédents commerciaux et sa réticence à prêter aux pays de la zone euro en difficulté.
Un modèle en partie dicté par l’Europe
Tout d’abord, il faut relativiser le « modèle allemand ». Sa croissance annuelle n’a été que de 0,8% pendant les années 2000, contre 1,5% en France. Seule l’Italie a fait moins bien. Car si le pays accumule les excédents commerciaux vis-à-vis de ses partenaires de la zone euro, la compression des salaires pèse sur le pouvoir d’achat, ce qui limite grandement la croissance globale du pays. En outre, sa désindustrialisation n’est pas moins rapide que celle de la France…
Bien sûr, le modèle allemand est non coopératif dans la mesure où il s’appuie sur les exportations. Ce n’est donc pas un modèle réplicable à l’échelle du continent dans la mesure où tous les pays ne peuvent pas afficher un excédent. Mais ce modèle ressemble aux modèles asiatiques. Malheureusement, nous laissons également le Japon, la Corée du Sud ou la Chine accumuler les excédents en exportant comme bon leur semble en Europe alors qu’ils ferment souvent leurs marchés.
Et puis, l’euro a joué un grand rôle dans l’accentuation du modèle allemand. C’est aussi parce que Berlin est entré dans la monnaie unique avec des coûts salariaux 25% supérieurs à la moyenne que l’Allemagne a mis en place cette politique de compression des coûts salariaux qui est passée par une stagnation des salaires et une réforme fiscale introduisant une part de TVA sociale. Dans les années 80, l’Allemagne se souciait moins de sa compétitivité-coût qui fluctuait avec le cours des monnaies.
Bien sûr, le modèle allemand est non coopératif dans la mesure où il s’appuie sur les exportations. Ce n’est donc pas un modèle réplicable à l’échelle du continent dans la mesure où tous les pays ne peuvent pas afficher un excédent. Mais ce modèle ressemble aux modèles asiatiques. Malheureusement, nous laissons également le Japon, la Corée du Sud ou la Chine accumuler les excédents en exportant comme bon leur semble en Europe alors qu’ils ferment souvent leurs marchés.
Et puis, l’euro a joué un grand rôle dans l’accentuation du modèle allemand. C’est aussi parce que Berlin est entré dans la monnaie unique avec des coûts salariaux 25% supérieurs à la moyenne que l’Allemagne a mis en place cette politique de compression des coûts salariaux qui est passée par une stagnation des salaires et une réforme fiscale introduisant une part de TVA sociale. Dans les années 80, l’Allemagne se souciait moins de sa compétitivité-coût qui fluctuait avec le cours des monnaies.
Vérités d’outre-Rhin
Même si je crois que l’Allemagne est davantage un contre-modèle qu’un exemple et que sa politique n’est pas soutenable si tout le monde l’imite, en revanche, on peut reconnaître qu’en règle générale, Angela Merkel défend bien mieux les intérêts allemands que nos dirigeants ne le font avec les intérêts de la France et des Français. C’est simple, l’Allemagne se comporte de plus en plus comme la Grande-Bretagne, défendant bec et ongle ses positions.
C’est ainsi qu’Angela Merkel refuse l’émission d’euro-obligations, nouvelle idée farfelue de Jean-Claude Juncker, le Premier ministre d’un paradis fiscal qu’il faudrait remettre à sa place. Et la chancelière allemande a bien raison car au final, ce serait son pays qui assumerait la responsabilité de ces emprunts étant donnée sa situation financière meilleure que les autres. Elle a parfaitement raison de refuser de signer un chèque en blanc à une Europe qui place les banques au-dessus des peuples.
Angela Merkel a également raison de dire que les créanciers devraient prendre leur part dans les efforts d’assainissement des finances publiques. Il n’est pas juste que seuls les peuples paient les pots cassés de la crise financière. Les institutions européennes protègent les créanciers sans se soucier des conséquences des plans d’austérité pour les peuples. La chancelière allemande est la seule dirigeante politique à avoir osé casser ce tabou et il faut l’en remercier.
Si l’Allemagne accentue la crise par son modèle et son refus de faire un chèque en blanc pour sauver les créanciers des autres États, elle montre l’exemple d’un État qui défend l’intérêt de ses citoyens. Ainsi, elle démontre tous les vices de cette construction monétaire artificielle. Pour cela, merci Angela !
Retrouvez les articles de Laurent Pinsolle sur son blog
C’est ainsi qu’Angela Merkel refuse l’émission d’euro-obligations, nouvelle idée farfelue de Jean-Claude Juncker, le Premier ministre d’un paradis fiscal qu’il faudrait remettre à sa place. Et la chancelière allemande a bien raison car au final, ce serait son pays qui assumerait la responsabilité de ces emprunts étant donnée sa situation financière meilleure que les autres. Elle a parfaitement raison de refuser de signer un chèque en blanc à une Europe qui place les banques au-dessus des peuples.
Angela Merkel a également raison de dire que les créanciers devraient prendre leur part dans les efforts d’assainissement des finances publiques. Il n’est pas juste que seuls les peuples paient les pots cassés de la crise financière. Les institutions européennes protègent les créanciers sans se soucier des conséquences des plans d’austérité pour les peuples. La chancelière allemande est la seule dirigeante politique à avoir osé casser ce tabou et il faut l’en remercier.
Si l’Allemagne accentue la crise par son modèle et son refus de faire un chèque en blanc pour sauver les créanciers des autres États, elle montre l’exemple d’un État qui défend l’intérêt de ses citoyens. Ainsi, elle démontre tous les vices de cette construction monétaire artificielle. Pour cela, merci Angela !
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