Alliance de la fausse gauche: le sarkozysme ne craint rien
Mardi 25 Août 2009 à 17:01 | Lu 10184 fois I 78 commentaire(s)
SuperNo - Blogueur associé
Vaincre le sarkozysme: voilà l'ambition affichée par tous les partis d'opposition. Et ce week-end, une idée a fait parler d'elle: l'alliance du MoDem au PC. Mais qui participe à cette alliance? Selon SuperNo, de faux socialistes et de faux écologistes, qui prônent la croissance même si elle est peinte en vert. Et pour lui, cette fausse gauche n'a aucune chance de l'emporter contre Sarkozy.
Pas de doute, nous sommes déjà au démarrage de la campagne présidentielle de 2012 ! Et face au roc monolithique Sarko-UMP, tout ce qui peut ressembler à une opposition tente de s’organiser dans un joyeux bordel pour avoir une hypothétique chance de bouter le Nain de son trône.
J’ai déjà écrit ce que j’en pensais : en étant totalement cynique, le seul qui semble avoir une chance, c’est DSK. Qu’est ce que je n’avais pas dit là ! Je me suis fait traiter de tous les noms sur Marianne2 ! Pourtant, je l’ai écrit, il est évident que DSK représente à peu près tout ce que je déteste, sa revendication de « Gauche » est une farce, mais c’est ainsi : c’est Sarkozy meilleur (ou pire) que Sarkozy, voilà tout.
Seulement voilà, l’enjeu excite les ambitions démesurées, la masturbation égotique désinhibe, et la perte du plus élémentaire sens des réalités qui en découle conduit à des situations totalement loufoques.
Pour preuve cette réunion de dirigeants de la Gauche, de l’opposition, (baptisée « Espoir À Gauche », je suppose que c’est de l’ironie) parmi lesquels Marielle de Sarnez, ex giscardo-lecanuestiste bon teint (mais après la débâcle des européennes, les stratèges du Modem ont dû estimer nécessaire un changement de cap !), ou Robert Hue, ex-stalinien que l’on croyait relégué aux oubliettes de la politique, le traître parachutiste Benhamias (passé des Verts parisiens au Modem marseillais !), Christiane Taubira du PRG (dont le Canard se gaussait naguère des congrès dans une cabine téléphonique, et dont j’ignorais totalement, après les Trafalgar de Tapie ou des présidentielles de 2002 qu’il pût avoir encore aujourd’hui une existence quelconque !), trois « socialistes » de droite rénovateurs du P« S », Peillon, Rebsamen et l’inénarrable ® Valls (dont aucun n’est connu pour sa haine de Marie-Ségolène Royal) aux côtés du trublion chouchou des médias Cohn-Bendit, encore tout auréolé de son succès aux européennes (succès d’ailleurs tout relatif, car la vérité arithmétique oblige à dire que c’est Sarkozy et l’UMP qui ont gagné ces élections !).
Je ne résiste pas à publier cette photo (vue dans Libé), qui fera date dans le bêtisier de la politique française !
J’ai déjà écrit ce que j’en pensais : en étant totalement cynique, le seul qui semble avoir une chance, c’est DSK. Qu’est ce que je n’avais pas dit là ! Je me suis fait traiter de tous les noms sur Marianne2 ! Pourtant, je l’ai écrit, il est évident que DSK représente à peu près tout ce que je déteste, sa revendication de « Gauche » est une farce, mais c’est ainsi : c’est Sarkozy meilleur (ou pire) que Sarkozy, voilà tout.
Seulement voilà, l’enjeu excite les ambitions démesurées, la masturbation égotique désinhibe, et la perte du plus élémentaire sens des réalités qui en découle conduit à des situations totalement loufoques.
Pour preuve cette réunion de dirigeants de la Gauche, de l’opposition, (baptisée « Espoir À Gauche », je suppose que c’est de l’ironie) parmi lesquels Marielle de Sarnez, ex giscardo-lecanuestiste bon teint (mais après la débâcle des européennes, les stratèges du Modem ont dû estimer nécessaire un changement de cap !), ou Robert Hue, ex-stalinien que l’on croyait relégué aux oubliettes de la politique, le traître parachutiste Benhamias (passé des Verts parisiens au Modem marseillais !), Christiane Taubira du PRG (dont le Canard se gaussait naguère des congrès dans une cabine téléphonique, et dont j’ignorais totalement, après les Trafalgar de Tapie ou des présidentielles de 2002 qu’il pût avoir encore aujourd’hui une existence quelconque !), trois « socialistes » de droite rénovateurs du P« S », Peillon, Rebsamen et l’inénarrable ® Valls (dont aucun n’est connu pour sa haine de Marie-Ségolène Royal) aux côtés du trublion chouchou des médias Cohn-Bendit, encore tout auréolé de son succès aux européennes (succès d’ailleurs tout relatif, car la vérité arithmétique oblige à dire que c’est Sarkozy et l’UMP qui ont gagné ces élections !).
Je ne résiste pas à publier cette photo (vue dans Libé), qui fera date dans le bêtisier de la politique française !
Qu’est-ce que c’est que cet attelage bancal ? Comment peut-on croire une seconde que c’est de là que peut venir la fin du sarkozysme ? Que peut-il y avoir de commun entre Marielle de Sarnez et Robert Hue ? Ah oui, l’opposition à Sarkozy ! Il est vrai que dans la logique de ces gens-là, le pouvoir justifie tout, les idées ne comptent pour rien, et puis si elles ne plaisent pas, on peut toujours en changer… J’aime bien une phrase de Cohn-Bendit prononcée à cette occasion : « Notre risque c’est Berlusconi en France ».
Ah bon ? Il n’a pas remarqué que ça fait plus de deux ans que nous avons notre Berlusconi en France ? Il n’a pas compris que le scandaleux Berlusconi ne doit sa position qu’à la « gauche » molle et frelatée de Prodi, totalement dénaturée et discréditée ? Pourquoi importer les mêmes conneries en France, alors ?
L’absence de personnalités de la « Vraie Gauche » est révélatrice : bien aidée par le sectarisme de certains (au NPA notamment), les « socialistes » ont décidé de traiter la Gauche Antilibérale par le mépris et de la considérer comme quantité mathématiquement négligeable, négligeant pareillement l’initiative de Mélenchon, qui fut assez lucide pour quitter le navire et lancer une aventure alliant (du moins en théorie) le rouge et le vert…
Le jour du second tour, ils les imploreront pourtant de « faire barrage au Sarkozysme », en votant pour une Royal, un DSK, un Bayrou, une Sarnez ou une Taubira. Pas sûr que la « Vraie Gauche » soit alors disposée à tomber dans le panneau… En ce qui me concerne, il n’en est même plus question !
De la même manière, les interventions du bateleur Montebourg, hier dans son « fief » (car ces gens, comme les seigneurs moyenâgeux, ont un « fief », en gros une circonscription électorale où ils n’habitent pas, mais où ils pointent le museau et serrent les louches avant chaque élection et qui leur assure les juteux mandats dont ils vivent) et ce matin sur France Inter, portent plus à soupirer qu’autre chose. Ils en sont à un point au P« S », de débattre sur la composition du corps électoral des « primaires » qui vont devoir désigner leur candidat pour 2012. Ceux, comme Montebourg, qui souhaitent l’électorat le plus large possible (plusieurs millions de personnes) savent que c’est la seule manière d’avoir une chance d’évincer les vieux éléphants et de donner sa chance à un « jeune ». Tiens, pourquoi pas lui au fait ? Ah oui, tiens, mais il n’y avait pas pensé, évidemment…
Quelle hauteur de vue ! Ces « socialistes » ne changeront donc jamais !
Ah bon ? Il n’a pas remarqué que ça fait plus de deux ans que nous avons notre Berlusconi en France ? Il n’a pas compris que le scandaleux Berlusconi ne doit sa position qu’à la « gauche » molle et frelatée de Prodi, totalement dénaturée et discréditée ? Pourquoi importer les mêmes conneries en France, alors ?
L’absence de personnalités de la « Vraie Gauche » est révélatrice : bien aidée par le sectarisme de certains (au NPA notamment), les « socialistes » ont décidé de traiter la Gauche Antilibérale par le mépris et de la considérer comme quantité mathématiquement négligeable, négligeant pareillement l’initiative de Mélenchon, qui fut assez lucide pour quitter le navire et lancer une aventure alliant (du moins en théorie) le rouge et le vert…
Le jour du second tour, ils les imploreront pourtant de « faire barrage au Sarkozysme », en votant pour une Royal, un DSK, un Bayrou, une Sarnez ou une Taubira. Pas sûr que la « Vraie Gauche » soit alors disposée à tomber dans le panneau… En ce qui me concerne, il n’en est même plus question !
De la même manière, les interventions du bateleur Montebourg, hier dans son « fief » (car ces gens, comme les seigneurs moyenâgeux, ont un « fief », en gros une circonscription électorale où ils n’habitent pas, mais où ils pointent le museau et serrent les louches avant chaque élection et qui leur assure les juteux mandats dont ils vivent) et ce matin sur France Inter, portent plus à soupirer qu’autre chose. Ils en sont à un point au P« S », de débattre sur la composition du corps électoral des « primaires » qui vont devoir désigner leur candidat pour 2012. Ceux, comme Montebourg, qui souhaitent l’électorat le plus large possible (plusieurs millions de personnes) savent que c’est la seule manière d’avoir une chance d’évincer les vieux éléphants et de donner sa chance à un « jeune ». Tiens, pourquoi pas lui au fait ? Ah oui, tiens, mais il n’y avait pas pensé, évidemment…
Quelle hauteur de vue ! Ces « socialistes » ne changeront donc jamais !
Et les idées, bordel?
Les idées, chacun sait que ce sont les grandes absentes au P« S », et ce depuis 27 ans. Même si des idées il y en a, mais ce sont désormais globalement les mêmes que celles de Sarkozy, mais tempérées à la marge par une touche « de gauche », même caviar.
Dans son prêche de ce matin, Montebourg a même déclaré s’inspirer de celles d’Olivier Ferrand et de sa fondation « Terra Nova » ! Le social-libéralisme DSKien dans toute son horreur et sa splendeur ! Pour ceux qui l’ignoreraient, « Terra Nova » est un « think tank », (une « machine-à-donner-des-idées ») dont la liste des membres fait frémir quand on la rapproche du mot « socialisme ». Parmi une escouade de commerciaux, de financiers, de juristes, de journalistes du PPA, de sondeurs grotesques ou de publicitaires (c’est sans doute ce qu’au P« S » on considère comme un « échantillon représentatif »), on y trouve Denis Olivennes, le lobbyiste des éditeurs de musique et de cinéma, l’architecte de la Loi Hadopi, Mathieu Pigasse (le richissime banquier de chez Lazard qui vient de racheter les Inrocks, le fils spirituel d’Alain Minc !), des « téléconomistes de la Terre Plate », ces parasites qui viennent saturer les ondes de leurs déclarations péremptoires d’où il ressort avant tout que c’est la « croissance » qui sauvera le monde, ceux qui n’ont jamais vu venir la crise, n’y ont rien compris, mais continuent à pérorer à l’infini sur le sujet, ou encore (là on nage dans le délire total) Geoffroy Roux de Bézieux, défenseur jovial de Sarko sur tous les plateaux télé, ex-président de l’association patronale « Croissance Plus » et de l’Assedic. Que vient donc faire la philosophe Dominique Meda dans cette galère ?
Tous ces délires (qui seront bientôt suivis par la fameuse « université d’été » du P« S » à La Rochelle) provoquent un écran de fumée qui nous masque toujours plus l’essentiel :
- Qu’est-ce qu’être « Socialiste » (ou « De Gauche » si vous préférez) ?
- Qu’est-ce qu’être « Ecologiste » ?
Les « socialistes » sont en train de répondre : être « socialiste », c’est être pour le capitalisme, pour le libéralisme (mais attention, hein : social !) et s’allier avec le Modem (mais ça on le savait déjà depuis l’entre deux tours des présidentielles).
De la même manière, les « écologistes » d’Europe Ecologie, enivrés par leur succès électoral sus-évoqué, courtisés un peu par tout le monde, sont en train de perdre les pédales et de préparer leur retour au pouvoir. Il s’agit de redevenir sérieux, de laisser tomber les idées folles, et d’emprunter les bottes de la « Croissance Verte » !
Dans son prêche de ce matin, Montebourg a même déclaré s’inspirer de celles d’Olivier Ferrand et de sa fondation « Terra Nova » ! Le social-libéralisme DSKien dans toute son horreur et sa splendeur ! Pour ceux qui l’ignoreraient, « Terra Nova » est un « think tank », (une « machine-à-donner-des-idées ») dont la liste des membres fait frémir quand on la rapproche du mot « socialisme ». Parmi une escouade de commerciaux, de financiers, de juristes, de journalistes du PPA, de sondeurs grotesques ou de publicitaires (c’est sans doute ce qu’au P« S » on considère comme un « échantillon représentatif »), on y trouve Denis Olivennes, le lobbyiste des éditeurs de musique et de cinéma, l’architecte de la Loi Hadopi, Mathieu Pigasse (le richissime banquier de chez Lazard qui vient de racheter les Inrocks, le fils spirituel d’Alain Minc !), des « téléconomistes de la Terre Plate », ces parasites qui viennent saturer les ondes de leurs déclarations péremptoires d’où il ressort avant tout que c’est la « croissance » qui sauvera le monde, ceux qui n’ont jamais vu venir la crise, n’y ont rien compris, mais continuent à pérorer à l’infini sur le sujet, ou encore (là on nage dans le délire total) Geoffroy Roux de Bézieux, défenseur jovial de Sarko sur tous les plateaux télé, ex-président de l’association patronale « Croissance Plus » et de l’Assedic. Que vient donc faire la philosophe Dominique Meda dans cette galère ?
Tous ces délires (qui seront bientôt suivis par la fameuse « université d’été » du P« S » à La Rochelle) provoquent un écran de fumée qui nous masque toujours plus l’essentiel :
- Qu’est-ce qu’être « Socialiste » (ou « De Gauche » si vous préférez) ?
- Qu’est-ce qu’être « Ecologiste » ?
Les « socialistes » sont en train de répondre : être « socialiste », c’est être pour le capitalisme, pour le libéralisme (mais attention, hein : social !) et s’allier avec le Modem (mais ça on le savait déjà depuis l’entre deux tours des présidentielles).
De la même manière, les « écologistes » d’Europe Ecologie, enivrés par leur succès électoral sus-évoqué, courtisés un peu par tout le monde, sont en train de perdre les pédales et de préparer leur retour au pouvoir. Il s’agit de redevenir sérieux, de laisser tomber les idées folles, et d’emprunter les bottes de la « Croissance Verte » !
La Croissance Verte, ça n'existe pas
J’ai déjà souligné ici « l’intégrisme » du journal La Décroissance et je regrette vraiment que ces idées ne soient pas promues par une communication digne de ce nom (au lieu de la morgue qui semble prévaloir, cf l’épisode entre d’une part Vincent Cheynet, Rédacteur en Chef de La Décroissance, et d’autre part Régis Soubrouillard puis Philippe Cohen de Marianne… Là et là ). Il faut donc certes regarder avec circonspection l’excellente interview de l’un des piliers de La Décroissance, Bruno Clémentin, par Sylvain Lapoix, autre journaliste à Marianne. Mais cela n’empêche pas de reconnaître que la plupart des critiques que ce « décroissant pur jus » adresse aux « écolos tartuffes » mettent dans le mille, et pointent parfaitement les incohérences de la stratégie d’Europe Ecologie.
En premier lieu, il semble qu’Yves Cochet, le premier et peut-être le seul parlementaire français à avoir pris conscience des enjeux de la fin du pétrole, soit marginalisé au sein d’un groupe tout à son euphorie. Un rabat-joie qu’il faut évincer, sans doute.
D’après Bruno Clémentin, l'« écologie » d’Europe Ecologie, c’est celle de la « Croissance Verte », celle qui n’impose surtout pas de changement drastique dans l’existence des gens, celle qui est forcément la plus payante électoralement parlant. Mais celle qui est à côté de la plaque, celle qui ne permettra en rien de résoudre les problèmes qui vont nous tomber sur le coin de la gueule, celle qui ne fait que repousser ces problèmes qui ne pourront que rejaillir plus tard avec plus de force. Celle des« écolos tartuffes » .
Cela évite naturellement de devoir faire comprendre à l’électeur de base, drogué à la croissance depuis son enfance, saoulé par la pub, goinfré de con-sommation et obnubilé par son sacro-saint « pouvoir d’achat », que le monde a changé et que ses repères ne veulent plus rien dire. Il est infiniment plus confortable de faire croire que l’écologie, c’est remplacer son 4x4 diesel par un 4x4 hybride ou électrique, brûler du colza au lieu de brûler du pétrole, plutôt que de faire admettre que la voiture individuelle, les voyages à l’autre bout du monde, ou les habitations chauffées à 25 degrés, c’est fini. Comme le dit Clémentin « au lieu de prôner la sobriété, ils font de la substitution : à la place du pétrole, du colza et à la place du nucléaire, de l’éolien ». C’est vrai que la sobriété est très mauvaise pour la croissance, même verte ! Quant à l’éolien pour remplacer le nucléaire, il faut avoir un sérieux problème d’évaluation des ordres de grandeur pour l’envisager ! Surtout dans un contexte de « croissance » !
Bruno Clémentin conclut cette interview ainsi : « dans la pratique, les personnes élues par Europe Ecologie ne sont pas plus écologistes que ceux élus par le PS ne sont réellement socialistes ! ». Je n’ai pas un mot à changer, cela définit parfaitement le problème !
Ignorer que c’est le système capitaliste, libéral, financier, productiviste, qui a mené le monde au bord du gouffre, c’est faire un peu comme Fillon qui propose des « solutions » au problème des algues vertes en Bretagne sans même évoquer la responsabilité des producteurs de cochons ! Et c’est aux partisans les plus zélés de ce système que le P« S », ceux de « Terra Nova », par exemple, s’en remet pour « trouver des idées », quelle ironie !
Ignorer que c’est l’idéologie de la Croissance qui a salopé la planète, que la repeindre en vert ne change rien à l’affaire, c’est ne rien comprendre à l’écologie. Mais il est vrai que la plupart de ceux qui ont voté Europe Ecologie sont davantage « environnementalistes » que véritablement « écologistes ». C’est-à-dire qu’ils aiment les fleurs et les petits oiseaux (qui ne les aimerait pas ?), sans avoir la moindre conscience des relations entre le système économique, le con-sumérisme et le triste résultat environnemental.
On se prépare donc à une alliance de façade entre de « faux socialistes » et de « faux écologistes », sur fond de minables ambitions personnelles. Impossible d’entrevoir le moindre espoir dans cette mascarade. Vous allez voir qu’en cas de nouvelle (et très hypothétique) poussée écologique aux régionales, les « socialistes » vont à leur tour se repeindre à la hâte en vert. Verra-t-on un Jean-Marc Ayrault (et son fameux autant que scandaleux Ayraultport ) proclamer la main sur le cœur qu’il a toujours été écolo ? Manuel Valls promouvoir le « Taser vert » ? Tout est possible, l’ambition n’a pas de limite.
Pour vaincre Sarkozy tout en anticipant les catastrophes qui nous guettent, il faudra pourtant être à la fois Ecologiste et Socialiste. Et pas seulement s’autoproclamer tel, mais en avoir les idées, fussent-elle impopulaires, et tenter de les imposer petit à petit au plus grand nombre. Comme on le voit, c’est tout sauf gagné !
Retrouvez les articles de SuperNo sur son blog
En premier lieu, il semble qu’Yves Cochet, le premier et peut-être le seul parlementaire français à avoir pris conscience des enjeux de la fin du pétrole, soit marginalisé au sein d’un groupe tout à son euphorie. Un rabat-joie qu’il faut évincer, sans doute.
D’après Bruno Clémentin, l'« écologie » d’Europe Ecologie, c’est celle de la « Croissance Verte », celle qui n’impose surtout pas de changement drastique dans l’existence des gens, celle qui est forcément la plus payante électoralement parlant. Mais celle qui est à côté de la plaque, celle qui ne permettra en rien de résoudre les problèmes qui vont nous tomber sur le coin de la gueule, celle qui ne fait que repousser ces problèmes qui ne pourront que rejaillir plus tard avec plus de force. Celle des« écolos tartuffes » .
Cela évite naturellement de devoir faire comprendre à l’électeur de base, drogué à la croissance depuis son enfance, saoulé par la pub, goinfré de con-sommation et obnubilé par son sacro-saint « pouvoir d’achat », que le monde a changé et que ses repères ne veulent plus rien dire. Il est infiniment plus confortable de faire croire que l’écologie, c’est remplacer son 4x4 diesel par un 4x4 hybride ou électrique, brûler du colza au lieu de brûler du pétrole, plutôt que de faire admettre que la voiture individuelle, les voyages à l’autre bout du monde, ou les habitations chauffées à 25 degrés, c’est fini. Comme le dit Clémentin « au lieu de prôner la sobriété, ils font de la substitution : à la place du pétrole, du colza et à la place du nucléaire, de l’éolien ». C’est vrai que la sobriété est très mauvaise pour la croissance, même verte ! Quant à l’éolien pour remplacer le nucléaire, il faut avoir un sérieux problème d’évaluation des ordres de grandeur pour l’envisager ! Surtout dans un contexte de « croissance » !
Bruno Clémentin conclut cette interview ainsi : « dans la pratique, les personnes élues par Europe Ecologie ne sont pas plus écologistes que ceux élus par le PS ne sont réellement socialistes ! ». Je n’ai pas un mot à changer, cela définit parfaitement le problème !
Ignorer que c’est le système capitaliste, libéral, financier, productiviste, qui a mené le monde au bord du gouffre, c’est faire un peu comme Fillon qui propose des « solutions » au problème des algues vertes en Bretagne sans même évoquer la responsabilité des producteurs de cochons ! Et c’est aux partisans les plus zélés de ce système que le P« S », ceux de « Terra Nova », par exemple, s’en remet pour « trouver des idées », quelle ironie !
Ignorer que c’est l’idéologie de la Croissance qui a salopé la planète, que la repeindre en vert ne change rien à l’affaire, c’est ne rien comprendre à l’écologie. Mais il est vrai que la plupart de ceux qui ont voté Europe Ecologie sont davantage « environnementalistes » que véritablement « écologistes ». C’est-à-dire qu’ils aiment les fleurs et les petits oiseaux (qui ne les aimerait pas ?), sans avoir la moindre conscience des relations entre le système économique, le con-sumérisme et le triste résultat environnemental.
On se prépare donc à une alliance de façade entre de « faux socialistes » et de « faux écologistes », sur fond de minables ambitions personnelles. Impossible d’entrevoir le moindre espoir dans cette mascarade. Vous allez voir qu’en cas de nouvelle (et très hypothétique) poussée écologique aux régionales, les « socialistes » vont à leur tour se repeindre à la hâte en vert. Verra-t-on un Jean-Marc Ayrault (et son fameux autant que scandaleux Ayraultport ) proclamer la main sur le cœur qu’il a toujours été écolo ? Manuel Valls promouvoir le « Taser vert » ? Tout est possible, l’ambition n’a pas de limite.
Pour vaincre Sarkozy tout en anticipant les catastrophes qui nous guettent, il faudra pourtant être à la fois Ecologiste et Socialiste. Et pas seulement s’autoproclamer tel, mais en avoir les idées, fussent-elle impopulaires, et tenter de les imposer petit à petit au plus grand nombre. Comme on le voit, c’est tout sauf gagné !
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