Marianne2 2012

Allègre premier au concours de carpettes sarkozystes

Samedi 13 Novembre 2010 à 12:01 | Lu 39006 fois I 96 commentaire(s)

Nicolas Domenach - Marianne

Le tout proche remaniement a relancé les assauts d'affection envers le Président. Nicolas Domenach vous restitue les plus belles perles de ce concours de flagorneries.


Allègre premier au concours de carpettes sarkozystes
Claude Allègre décrochera-t-il la médaille d’or au concours des carpettes ? L’ancien ministre et ami de Lionel Jospin fait tout ce qu’il peut pour se distinguer dans cette ultime phase de pré-remaniement qui n’en finit plus. Il est vrai que la concurrence est rude tant nombre de ministres redoutant de perdre leurs maroquins en rajoutent dans la flagornerie ou la surenchère critique à l’encontre des ennemis du Président, toujours afin de lui complaire. Mais, sans oublier les autres compétiteurs, leur tour va venir, Allègre mérite une mention toute particulière tant son « plaidoyer pour Nicolas Sarkozy  » publié dans le Point enchâsse les flatteries à l’égard du Prince. Chapeau bas, très bas, puisqu’on en est là, pour tant de souplesse et de servilité d’échine…

Il est vrai qu’il ne s’agit pas d’un coup d’essai ; notre maître flagorneur s’était déjà essayé au compliment qui aurait du lui valoir promotion maroquin s’il ne s’était pas attiré tant d’ennemis chez les scientifiques pour sa négation obstinée du réchauffement climatique.
En Mai 2007, il vantait « le charisme du nouvel élu… »
En mai 2008, « son pragmatisme et son énergie… » .
En 2009, il se reposait, enfin il prenait de l’élan, avant de livrer ce bilan que cet « encore socialiste » ( ?) prétend « réaliste »  de l’action sarkozyste. Son réalisme consiste essentiellement à réaliser un copié-coupé-collé de tous les argumentaires de l’Elysée ce qui pour un professeur dit émérite n’est pas particulièrement…flatteur.
En revanche quels flots d’encens déversés sur sa Majesté dont « la détermination et le courage ont été décisifs pour faire face à la crise (….) au cours de laquelle « il a stoppé net la panique », avant de poursuivre une stratégie économique « équilibrée ». La preuve par les résultats…
La réforme des retraites ? « Il fallait la mener, et vite ». Mais le sentiment d’injustice ? Le président des riches ? Ah ça, Allègre n’en parle pas !
En revanche, la politique internationale lui semble aller tout à fait dans le bon sens, ainsi que le Grenelle de l’environnement, l’aménagement du territoire, la réforme des universités…n’en jetez plus (de fleurs), la cour de l’Elysée est pleine ! Avec quelques petites épines, sur « l’épisode des Roms, inutile et maladroit » et sur  le style présidentiel point assez monarchique…Mais ces quelques, faibles, critiques sont instillées pour mieux relever ses qualités  et défendre un président qui est impopulaire « à cause de la crise et des réformes ». Et de poser la question qui tue pour mieux étayer son plaidoyer : « dans les circonstances de cette terrible crise, qui aurait fait mieux ? Celle que les Français n’ont pas élue ? »

La passion, la détestation égare l’homme dit de science qui ne sait rien de ce qu’aurait fait Royal si elle avait été portée à l’Elysée par les suffrages du peuple. Et pour cause, elle ne l’a pas été. C’est ce qu’on appelle une spéculation vaine…et une comparaison qui n’a que pour seul objectif : rehausser la gloire du monarque républicain qui lui-même n’hésite pas à faire escabeau de ce faux vrai argument !

« Nicolas Sarkozy ne s’est jamais trompé depuis 25 ans »

Sans doute Claude Allègre a-t-il été contraint de faire fort parce que l’ouverture n’est plus de mise et qu’à la cour en ces temps de chamboulement gouvernemental il n’est pas facile de se faire une place. Les carpettes sont partout, à l’exception peut-être de quelques femmes qui ont évité de battre le tapis de la courtisanerie telles Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot ou Nathalie Kosciusko Morizet et ont choisi la stratégie de la discrétion. Ce qui ne les empêche pas d’activer leurs réseaux à fond les pistons. Mais pour le reste quelle bousculade pour décrocher le titre de carpette d’or ou un accessit de descente de lit !

Christian Estrosi, « l’ami » et ministre de l’Industrie fort menacé mérite très certainement une distinction particulière avec son fameux « Nicolas Sarkozy ne s’est jamais trompé depuis 25 ans que je le connais… » La dithyrambe d’Henri de Raincourt, ministre des relations avec le parlement qu’on dit en sursis vaut également de figurer au palmarès : « Nicolas Sarkozy est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l’Etat à l’appréciation de la Cour des Comptes » S’il avait dit depuis Charlemagne la comparaison aurait été plus forte encore.
Mais n’oublions pas tous ceux qui se sont jetés sur Dominique de Villepin en croyant faire plaisir à Nicolas Sarkozy. A commencer par ses « amis », tel le talentueux Bruno Le Maire, ci devant ministre de l’Agriculture et appelé à promotion qui a cru bon de qualifier « d’outrageants » les piques de Dominique de Villepin contre Nicolas Sarkozy considéré comme « un des problèmes de la France ». Remarque qui ne relève pas de l’offense au chef de l’Etat ni du crime de lèse majesté et plutôt du bon sens que d’une quelconque pathologie.
Mais comme le président avait souligné en réunion avec les leaders de l’UMP que « la vilainie villepinienne » relevait de « la folie », c’est à qui trouverait la meilleure illustration du diagnostic sublime puisque sarkozyste (diagnostic dont il se scandalise violement qu’on puisse le lui appliquer). Et c’est ainsi que François Fillon, le si sage, le si modéré censément mais qui aspire à être confirmé, à ressorti sa comparaison canine qui a fait s’esclaffer la cour de caniches : « Villepin me fait penser à mon setter irlandais. Il est grand. Il  beau. Mais il creuse des trous partout. Il est complètement fou… » Ca mérite une médaille, non ?








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