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Alain Duhamel, journaliste d'amalgame ?

Mercredi 22 Avril 2009 à 12:46 | Lu 8003 fois I 26 commentaire(s)

Antidote

Par Antidote. On peut ne pas être d'accord avec le protectionnisme pour endiguer la crise. Mais pourquoi tomber dans la caricature stérile avec des amalgames hasardeux ?


(Capture d'écran : Site de RTL)
(Capture d'écran : Site de RTL)


Mardi matin, lors de sa chronique  quotidienne, Alain Duhamel, dinosaure de l’éditorial, s’est permis de pratiquer l’amalgame indigne. On savait qu’il n’avait jamais partagé les analyses de ceux qu’on appela longtemps les tenants de l’autre politique. On savait qu’idéologiquement il était quelque part entre la tendance strauss-kahnienne du PS, peyrelevadienne du Modem et de ce qui reste de balladurienne à l’UMP.


Une comparaison douteuse

Ainsi ne faut-il pas s’étonner de sa défiance envers l’idée de protectionnisme européen développée par Emmanuel Todd et Jacques Sapir chez les intellectuels, ou Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélenchon chez les politiques. On n’a rien contre les éditos engagés, surtout lorsqu’on est blogueur soi-même. Mais assimiler le protectionnisme au nationalisme, à la xénophobie et au racisme, c’est effectivement indigne de M. Duhamel. Le faire, de surcroît, à l’occasion d’un papier sur la conférence de Genève et des déclarations antisémites du président iranien, c’est scandaleux.


Pascal Lamy, directeur de l’OMC, avait déjà osé traiter de xénophobes ceux qui osaient mettre en cause le bienfondé d’un libre-échange intégral. A la limite, lui, il protège (sic) son boulot. Mais Duhamel ! N’a t-il pas d’autres arguments à faire valoir ? A chaque fois, on nous remet sur le tapis les années 1930, le protectionnisme qui suivit la crise de 1929 et précéda la seconde guerre mondiale. Sauf que ce protectionnisme fut désordonné et resta au niveau des nations ; et que les personnalités citées plus haut le veulent organisé et étendu à des zones régionales, comme l’Europe. Si l’on veut jouer à l’amalgame, on peut s’y prêter à notre tour. Quel est le pays qui défend actuellement avec le plus de vigueur le maintien d’un libre-échange intégral ? Une grande démocratie ! Cherchez bien… la Chine ! Qui a souhaité créer des barrières douanières sur l’acier ? Un grand dictateur ! Cherchez bien ! Barack Obama.


Toujours les mêmes qui récidivent...

On est habitué aux amalgames. Déjà, lors des campagnes de Maëstricht et du TCE, on nous avait sorti de belles perles. Ainsi le directeur du Monde avait-il écrit qu’une victoire du non au référendum de 1992 serait la pire nouvelle depuis l’arrivée du chancelier Hitler au pouvoir. Même ceux qui doutaient de la politique de monnaie chère de Jean-Claude Trichet - déjà - furent l’objet de ce genre de méthode. Un pro-maëstricht dont j’ai oublié le nom avait ainsi interpellé Philippe Séguin : « Les pays où la monnaie est forte, ce sont les démocraties. » Le héraut du non, dans l’une de ses formules impitoyables, avait répondu : « Il est certain que le Portugal du bon docteur Salazar a eu la monnaie parmi les plus fortes, pour le plus grand bonheur… des Portugais. »


Si l’éditiorialiste d’une grande station de radio pouvait éviter de tomber dans le caniveau, l’image de la presse et le débat démocratique ne s’en porteraient sans doute pas plus mal.


Retrouvez les articles d'Antidote sur le site de Causeur 









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