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Aix-en-Provence, le labo du PS avant les régionales ?

Jean-Claude Bouildé - Marianne | Mercredi 15 Juillet 2009 à 17:08 | Lu 10270 fois

Le premier tour des municipales d'Aix en Provence la semaine passée à déjà mis sur la table nombre d'enseignements à prendre avec précaution : la résistance de l'UMP, le score en demi teinte de la gauche, l'explosion de la bulle verte et l'effondrement du Front de gauche. Explications.



En mars 2008, Maryse Joissains Masini (Maire sortante UMP) avait réussi à conserver sa ville avec avance de 747 voix au second tour dans une triangulaire que l’on peut désormais qualifier de fratricide qui avait vu s’opposer à la mairesse UMP, le PS et le Modem. Fratricide puisque les deux partis, PS et Modem, ont décidé de faire cause commune dimanche dernier. Un accord inédit obtenu avec fermeté par l’homme fort du PS des Bouches du Rhône, Jean-Noël Guerini, déjà habitué de la chose à Marseille.

Autrement dit, un vrai test avant les élections régionales de mars 2010. Un test d’autant plus idéal que le Front de Gauche se présentait lui aussi sous le signe de l’unité  avec une liste PG/PCF/NPA et que les Verts, dopés par les résultats d’Europe Ecologie en juin dernier, faisaient cavalier seul. En résumé, cette élection intermédiaire à Aix-en-Provence offrait cinq listes et un paysage plutôt clarifié : UMP, PS/Modem, Verts, PG/PCF/NPA, Divers droite. Les résultats du premier tour nous livrent déjà nombre d’enseignements intéressants.



La réussite en trompe l’œil de l’accord PS/Modem

La liste d’union des socialistes et des centristes a recueilli 34,08% des voix dimanche dernier contre 43,31% à liste UMP de Joissains Masini. Un score honorable en apparence. Les Verts, alliés du Parti Socialiste dans la municipalité aixoise, ont recueilli de leur côté 11,31% des voix. Au grand jeu de la calculette, la liste d’opposition socialo-centriste rejointe par les Verts a donc de grandes chances de l’emporter en s’appuyant sur un socle de 45,39% des suffrages face à l’UMP, 43,31%, qui ne semble pas disposer de réserves de voix.

Cependant, ce serait oublier qu’en mars 2008, les mêmes (PS/Verts d’un côté et Modem de l’autre) totalisaient près de 60% des suffrages au premier tour. Un score bien supérieur à celui de juillet 2009. Si les sondages locaux d’Opinion Way, comme le note l’Impératrice d’Aix-en-Provence sur son blog, se sont complètement plantés, c’est qu’ils ont, entre autres, sous estimés l’effet de vote utile qui semble s’être manifesté pour les deux poids lourds de cette élection. Un vote utile qui ne permet pourtant pas à la coalition de centre-gauche d’atteindre les sommets.



La bulle verte se dégonfle, le Front de gauche se ramasse

Forts de leur score aux européennes, les Verts se sont positionnés pour partir à l’assaut des régions. Une gourmandise qui ne laisse pas indifférent au Parti socialiste qui cherche de nouveaux alliés pour minimiser l’impact électoral des écolos. La solution trouvée à Aix et qui circule déjà depuis plusieurs mois dans les couloirs de la région PACA et dans l’entourage de son Président, c’est l’alliance au premier tour avec le Modem, une façon de tordre le coup aux concurrents direct (Verts et Front de gauche). Une solution aussi qui permettrait d’envisager de conserver les régions en ralliant l’électorat centriste qui faisait autrefois une force d’appoint pour la droite.

L’exemple d’Aix-en-Provence est sur ce point révélateur. En l’espace d’un mois, le score des Verts sur la ville d’Aix-en-Provence a été divisé par deux passant de 21,64% à 11,34%. De quoi rafraîchir les ardeurs des apôtres de la lutte contre le réchauffement climatique. Quant à la gauche alternative incarnée par le Front de Gauche, totalisant 8% aux dernières européennes sur la ville, pronostiqué à plus de 10% par Opinion Way toujours aussi bien inspiré, il tombe de haut : 4,21%. Un échec qui se passe de commentaires. Signalons enfin que la participation n’y est pas pour grand-chose dans cette redistribution des cartes, elle était de 40% aux européennes de juin 2009, elle est de 44% aux municipales de juillet.



La Droite en embuscade, le Reste aux aguets

Si le divers droite Stéphane Salord, farouchement opposé à Maryse Joissains Masini, a obtenu 7,08% des voix, c’est aussi lui qui est à l’origine du recours ayant fait annulé l’élection de mars 2008. Il a par ailleurs appelé à voter pour la liste PS/Verts/Modem au second tour, des signes qui ne laissent pas présager d’un report de voix pour l’UMP. Dimanche prochain, la mairesse sortante se présente donc en ballottage défavorable face à Alexandre Medvedowsky, leader socialiste d’une opposition qui a fait le choix de ne pas mettre les logos des partis sur ses professions de foi pour ne pas froisser partisans et rassembler le plus largement possible.

Ce qui est certain, c’est que le retour d’un Maire socialiste à Aix-en Provence grâce aux voix du Modem, après avoir écrasé l’autre gauche et remis à leur place les Verts, donnera assurément des idées au Président de la région PACA Michel Vauzelle. Une région cruciale qui pourrait sceller la victoire comme la défaite de la gauche aux régionales de 2010 selon que le PS en conserve sa direction ou pas. Lever de rideau dimanche 20 juillet, la surprise à Aix-en-Provence fait aussi partie de la donne électorale locale, pronostiqueurs s’abstenir.

Retrouvez le blog de Jc Bou sur les Régionales 2010 


Retrouvez les dessin de Louison





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